​Brésil : 62 détenus s'échappent lors d'une nouvelle mutinerie

Soixante-deux détenus étaient recherchés au Brésil après s'être échappés mardi lors d'une mutinerie.



​Brésil : 62 détenus s'échappent lors d'une nouvelle mutinerie
La situation dans les prisons brésiliennes continue d'être explosive. Mardi, lors d'une mutinerie, soixante-deux détenus sont ainsi parvenus à s'échapper d'un centre de détention de l'Etat de Sao Paulo, destiné aux prisonniers bénéficiant d'un régime de semi-liberté.
 
L'incident a éclaté dans la matinée, lorsqu'un surveillant a confisqué le portable d'un détenu lors d'une inspection de routine. S'en est suivi une mutinerie en guise de protestation au cours de laquelle les détenus ont «mis le feu au toit d'un pavillon, lequel a rapidement été contrôlé par les pompiers, explique une source de l'administration pénitentiaire (SAP).
 
Profitant de l'agitation, plus d'une centaine de prisonniers se sont échappés du centre, entouré d'une simple barrière et où les détenus peuvent entrer et sortir, sur autorisation, pour aller travailler ou étudier.
 
La SAP assure dans un communiqué que les forces de l'ordre avaient déjà capturé 90 des 152 détenus ayant pris la fuite. Ces derniers ne bénéficieront plus du régime de semi-liberté, ajoute la SAP. Ce centre de détention, situé à Bauru, à 330 km de Sao Paulo, compte 1.430 prisonniers pour une capacité de 1.124 personnes, selon les chiffres de l'administration pénitentiaire.
 
 
Comment sortir du labyrinthe de la violence ?
 
Les Brésiliens se demandent comment freiner la vague terrifiante de violence qui frappe le pays à l'intérieur et à l'extérieur des prisons. Le débat tourne autour de propositions allant de la dépénalisation de la marijuana au renforcement de l'arsenal répressif. Avec un taux d'assassinats par arme à feu de 21,2 pour 100.000 habitants, le Brésil compte parmi les 10 pays les plus dangereux au monde, selon la «Carte de la violence 2016», un rapport annuel publié par la Faculté latino-américaine des Sciences sociales (Flacso).

La guerre des gangs a ainsi déjà fait près de 140 morts depuis le début de l'année  entre détenus dans le nord déshérité du pays, voie d'entrée de la cocaïne du Pérou, de Colombie ou de Bolivie. Les récents massacres dans les prisons ont relancé le débat sur la dépénalisation de la marijuana ou d'autres drogues. Le système carcéral étant surpeuplé de petits dealers qui côtoient des criminels chevronnés dans cette «université du crime».

Le ministre de la Justice Alexandre de Moraes a admis que plus de la moitié des détenus au Brésil n'avaient pas commis d'infraction grave. Environ 60% sont en attente de jugement, un taux drastiquement plus élevé que dans les pays développés.  

 


Mercredi 25 Janvier 2017 - 10:32



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