​Maurice: démission du Premier ministre Anerood Jugnauth, son fils lui succède

Le Premier ministre mauricien, sir Anerood Jugnauth, a présenté lundi sa démission à la présidente Ameenah Gurib-Fakim, qui a aussitôt nommé son fils Pravind Jugnauth pour le remplacer, a constaté un journaliste de l'AFP.



​Maurice: démission du Premier ministre Anerood Jugnauth, son fils lui succède
M. Jugnauth, 86 ans, un cacique de la vie politique mauricienne, avait annoncé samedi son intention de ne pas aller au bout de son mandat, censé prendre fin en 2019.

"Le poste de Premier ministre est une fonction qui comprend de grandes responsabilités. C'est un grand fardeau. Je l'ai assumé, mais maintenant il est temps de céder la place aux jeunes", a-t-il déclaré après avoir présenté sa démission.
 
Quelques minutes après lui, son fils Pravind s'est présenté à la présidence pour se voir remettre sa lettre de nomination.
"Je suis très serein. C'est une grande responsabilité qui m'a été confiée. Il nous faudra nous mettre au travail dès maintenant", a déclaré celui-ci.
 
Pravind Jugnauth, 55 ans et actuel ministre des Finances, est le chef du Mouvement socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir. C'est à ce titre que la présidente lui a demandé de succéder à son père.
 
Mais sa désignation suscite un fort rejet de l'opposition, qui devait boycotter sa prestation de serment lundi après-midi et entendait se mobiliser pour réclamer de nouvelles élections.

"Le mieux aurait été que le Premier ministre dissolve l'Assemblée nationale avant sa démission et rende le vote à la population. Il ne l'a pas fait et c'est une honte qu'il termine plus de 50 ans de carrière politique de cette façon", a regretté un des dirigeants de l'opposition, Paul Bérenger.

"Nous comptons organiser une campagne politique à travers le pays pour réclamer la tenue d'élections générales", a ajouté l'ancien Premier ministre et chef du Mouvement militant mauricien (MMM).
 
Anerood Jugnauth était Premier ministre depuis décembre 2014, après avoir déjà occupé ce poste entre 1982 et 1995, puis entre 2000 et 2003. Il a aussi été président de la République entre 2003 et 2012.

Le dirigeant de centre-droit avait indiqué en septembre qu'il pourrait quitter son poste avant la fin de son mandat. Depuis, la question de sa succession donnait lieu à des débats passionnés dans cet archipel de 1,3 million d'habitants, qui a connu la stabilité démocratique depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968.

Aminata Diouf

Lundi 23 Janvier 2017 - 12:04



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