1015 victimes se constituent partie civile contre Hissène Habré et expliquent leurs sévices

L’affaire Hissène Habré est en train de battre son plein. Les victimes s’organisent et se sont constituées partie civile le lundi 15 juillet dernier auprès des Chambres Africaines Extraordinaires chargées de juger l’ancien président Tchadien. 1015 victimes directses et indirectes ont décidé de poursuivre “le bourreau”. Le chiffre a été donné lors de la conférence de presse du Comité International pour le jugement Equitable de Hissène Habré (CPJEHH) tenue ce mercredi à Dakar.



1015 victimes se constituent partie civile contre Hissène Habré et expliquent leurs sévices
Lors du face à face avec les journalistes, cinq victimes ont parlé au nom de tout le reste. Avec l’assistance de Reed Brody, conseiller juridique de Human Rights Watch, Clément Abaïfouta, Ginette Ngarbeye, Hadjo Amina Moctar, Younous Mahadjir et Abdourahmane Gueye ont tour à tour parlé des sévices vécus lors de leurs arrestations et des tortures.

Clément Abaïfouta est le président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré. Il a expliqué avoir été prisonnier et a été forcé d’enterrer par centaines ses codétenus décédés. Ginette Ngarbaye a témoigné avoir été emprisonnée alors qu’elle était enceinte. “J’ai donné naissance à une fille en prison. J’ai été torturée à l’électricité”, a-t-elle signalé. Hadjo Amina Moctar a été elle aussi détenue enceinte dans la “cellule de la mort” et que finalement elle a perdu son enfant.

Younouss Mahadjir a été, selon lui, arrêté et torturé pour avoir simplement distribué des tracts dissidents contre Habré. “Il est vice-président de l’Union des syndicats du Tchad et toujours opposant. Il a été condamné en 2012 par le régime actuel à 18 mois de prison avec sursis”, a indiqué le texte liminaire.

Le sénégalais victime de Habré, Abdourahmane Gueye a expliqué avoir été détenu arbitrairement pendant 10 mois dans des conditions insupportables tandis que son ami sénégalais Demba Gaye n’a pas pu survivre face aux sévices.

Me Jacqueline Moudeina, avocate Tchadienne a rappelé que “les victimes ont souffert des exactions commises sous le régime de Hissène Habré. Elles s’attendent à ce que leurs droits soient respectés et que justice leur soit rendue”. Pour elle, “l’inculpation de Hissène Habré principal responsable pour crimes de guerre, crime de torture et crimes contre l’humanité leur donne enfin raison, à toutes les victimes qui n’ont jamais cessé de croire que la justice, un jour, sera à portée de main”.


Mercredi 17 Juillet 2013 - 15:34



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