126E PELERINAGE: HOMELIE DE MONSEIGNEUR PAUL ABEL MAMBA



126E PELERINAGE: HOMELIE DE MONSEIGNEUR PAUL ABEL MAMBA
La foi qui nous rassemble ce matin autour de la vierge Marie, notre Mère est un chemin qui conduit vers Dieu avec des itinéraires variés. Chemin personnel, marqué par nos histoires de vie, chemin communautaire marqué par nos rencontres. Elle est un chemin de pèlerinage vers la Patrie céleste. Chemin tantôt lumineux, en raison de nos espérances et chemin tantôt obscur en raison de nos doutes.
Sur ce chemin qui nous est commun, nous ne sommes pas seuls : il y a tous ceux et celles qui nous ont précédés marqués du signe de la foi, les croyants d’hier et d’aujourd’hui, nos ainés et nos contemporains. Ils font route avec nous dans la communion de la foi, et comme une longue procession, les uns sont en tête de cortège les autres en fin de cortège. Ce sont tous les saints et saintes qui nous soutiennent dans la foi en priant et en intercédant pour nous. La Vierge Marie que Jésus du sommet de la croix nous a léguée comme Mère dans l’Eglise est de ceux-là. Elle est  la première.
Sur ce chemin de la foi, l’essentiel est d’avancer au rythme de Dieu comme Marie, de chercher Dieu, de s’interroger et de se laisser conduire et guider par Lui.
La foi est aussi un don,  une grâce venant de Dieu qu’il faut constamment demander et accueillir pour garder confiance en Dieu « Augmente en nous la foi » comme ont dit les apôtres.
La foi est également une réponse à donner à l’amour de Dieu et à son appel. Car Dieu nous a aimés le premier.  Par la foi, nous accueillons la révélation de cet amour pour lui apporter une réponse et nous abandonner à Lui.
Marie est la première des croyants par son fiat « je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » Marie est la première des  membres de l’Église, peuple de croyants à donner sa parole pour répondre à l’appel du Seigneur... « La première en chemin »comme nous aimons la chanter.
« Heureuse celle qui a cru ! » Luc 1,45 dit sa cousine Elisabeth.
Ayant résolu dans sa très grande bonté et sagesse de sauver l’humanité, Dieu " quand vint la plénitude du temps, envoya son Fils né d'une femme – Marie – ... pour faire de nous des fils adoptifs " (Gal. 4, 4-5). C'est ainsi que son Fils Jésus, " à cause de nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel et prit chair de la Vierge Marie par l'action du Saint-Esprit".
Ce divin mystère de salut se révèle pour nous et se continue dans l'Église, que le Seigneur a établie comme son Corps et dans laquelle tous les croyants, attachés au Christ et unis dans une même communion avec tous ses saints, se doivent de vénérer " en tout premier lieu la mémoire de la glorieuse Marie toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ.
La Vierge Marie en effet, qui, lors de l'Annonciation faite par l'ange, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur.
La piété populaire insiste sur ses nombreux privilèges accordés par le Seigneur. Il s’agit de sa conception sans le péché originel, de sa virginité perpétuelle et de sa maternité du Fils de Dieu… On dit d’elle sous des vocables variés : Médiatrice, Reine du ciel, étoile… Tout ceci est le fruit de sa foi en Dieu et l’admiration pour elle qui peut soutenir et alimenter notre propre foi pour lui ressembler.
Mais que nous disent d’elle les évangiles  pour qu’en la contemplant aujourd’hui encore en ce lieu, nous puissions nous laisser séduire et édifier par elle et rentrer chacun chez nous en emportant l’image de sa beauté.
Je voudrais avec vous  souligner cette pratique des catholiques qui consiste à invoquer et à honorer  les saints et saintes. Elle est parfois suspecte, et pourtant  très belle.
Le chemin de la foi est un chemin difficile pour tout chercheur de Dieu. Il doit progresser et rester fidèle au milieu de nombreux obstacles : toutes nos résistances intérieures, nos inconstances, nos refus, nos doutes ; sans compter toutes les menaces extérieures pour notre foi qui proviennent du monde sécularisé dans lequel nous évoluons. Le chemin de la foi est difficile et nous avons besoin d’amis  et de soutien pour le parcourir. Il y a souvent les amis croyants, mais plus sûrement encore les saints sont nos amis. Chacun de nous portent le nom d’un saint protecteur et modèle. Ils ont  achevé leur course sur la terre en remportant  avec le Christ la victoire de la foi et ils voudraient que nous puissions faire de même. Alors ils se proposent d’être nos entraîneurs sur le chemin de la foi. Nous ne devrions pas les invoquer comme des substituts du Christ ou du Père ou de l’Esprit, mais comme des ainés et des  amis nécessaires dans notre vie de disciple.
Parmi les saints il y en a une qui a depuis l’antiquité aune place très spéciale. Il s’agit de Marie, mère de Dieu. Marie est comme les autres saints une amie  bienveillante et un modèle de foi. Mais Marie est un patrimoine commun à toute l’humanité qui se situe dans la lignée d’Abraham pour sa foi et pour les promesses qui se réalisent en elle et par elle. Marie a fait un parcours de foi qui fait d’elle un témoin privilégié de l’amour dont Dieu a aimé le monde, et un modèle accessible pour chacun de nous, appelés à participer da façon vitale au mystère pascal du Christ dont le baptême est le signe et l’instrument.
En second lieu,  Marie a eu un contact unique avec le Christ sauveur. Le Fils de Dieu qui existe depuis avant la création du monde, Marie l’a conçu par l’Esprit Saint, et elle lui a donné un corps. Cette expérience a été une union structurante avec Jésus son Fils, qu’elle a poursuivie tout au long de sa vie. « Sa Mère retenait tous ces événements et les gardait dans son cœur. » Luc 2,51.  
C’est presque naturel de trouver Marie au pied de la croix. Et Jésus ressuscité n’a pas besoin de lui apparaître. Elle pressent intimement la résurrection. Marie a avec l’œuvre de Dieu une relation très étroite, plus qu’aucun être humain sur la terre, et d’une façon vraiment unique. C’est pourquoi tout chrétien doit être à son école pour apprendre d’elle à croire en Dieu, à servir le Seigneur et à vivre de ses mystères en les gardant comme elle dans son cœur.
Marie est l’image par excellence de ce qui attend tout. Elle est aussi la femme qui combat avec nous. Sa connivence avec l’œuvre de Dieu, elle veut nous en faire profiter. Lorsqu’on passe du temps avec Marie, lorsqu’on médite les mystères du rosaire, lorsqu’on contemple l’évangile au long de quelques dizaines, on devient capable de sentir l’œuvre de Dieu. Ce que Dieu est, ce que Dieu veut et ce qu’il fait deviennent moins abstraits. Nous avons le cœur plus sensible à l’amour du Seigneur et à sa présence, comme Marie. Il y a quelque chose chez Marie qui rend simples les choses de Dieu.
Marie nous montre vraiment la route à suivre. Ainsi que l’écrit Jean-Paul II : « Son pèlerinage de foi exceptionnel représente une référence constante pour l’Eglise, pour chacun individuellement et pour la communauté, pour les peuples et pour les nations et, en un sens, pour l’humanité entière. » Redemptoris  Mater 6.
Et finalement en Marie nous contemplons la victoire du Christ sur le mal et la mort, et lorsque notre cœur est menacé ou broyé par le mal ou la souffrance,  nous retrouvons auprès de Marie de quoi espérer encore et accueillir la lumière quand elle se fait ténue. Avec Marie nous pouvons espérer contre toute espérance. Et c’est cela l’attitude chrétienne appropriée. Le Pape Benoît XVI disait en exhortant les chrétiens :« Efforcez-vous d’imiter Marie avec un cœur pur et limpide, en vous laissant modeler par Dieu comme elle, qui a l’intention de faire de grandes choses’ aussi en vous (cf. Lc 1, 49) ».
Comme nous pouvons le voir par les multiples exemples de Marie dans l’Écriture, la foi n’est pas seulement un acte intellectuel de l’esprit, mais une réponse continuelle de la volonté de l’homme à l’Amour de Dieu qui se traduit dans une vie de don de soi et du service des autres. Toute la vie de Marie a été un perpétuel apprentissage de la foi en Dieu, une croissance dans la foi et, par là même, dans la joie de pénétrer toujours davantage les paroles et les mystères de Dieu à travers la présence de son Fils dans la connaissance de la hauteur et de la profondeur de l’amour de Dieu qui surpasse toute connaissance (cf. Ep 3,18).
Chers frères et sœurs, pour nous chrétiens, il nous faut donc vivre et  prouver notre foi par notre amour comme Marie. C’est la manifestation la plus claire et la plus convaincante de notre foi chrétienne. C’est le signe que nous aimons vraiment Jésus et que nous désirons nous oublier nous-mêmes pour le servir toute notre vie  dans toutes les âmes qui nous sont confiées.

 Demandons souvent à Marie, femme de Foi et femme de Charité, de nous aider dans cette voie. Car nous avons une Mère bénie entre toutes les mères!-, à qui nous pouvons dire aujourd'hui et tous les jours qui nous seront donnés : MARIE Mère de Dieu priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort Amen !


sedicom

Mardi 10 Juin 2014 - 13:13



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