4e Edition des Scènes expérimentales : Irène Gaouda présente « Sur les traces de Toumai » à Dakar

Le vernissage a eu lieu le 16 mai 2017 au groupe Sup Info, dans le cadre de la 4ème édition de Scènes Expérimentales organisée par Osmose-Culture en collaboration avec Adafest, sous le Haut patronage du ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal.



C’est un sujet qui fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive : L’origine de l’homme. D’où vient-il ? Par qui a-t-il été créé ? Comment a-t-il été créé ? Par quel canal est-il venu au monde ? Mardi 16 mai 2017, l’Homme était au centre des discussions entre étudiants, artistes, journalistes et amateurs d’art venus assister au vernissage de l’exposition « Sur les traces de Toumai » présentée par Irène Gaouda. « Sur les traces de Toumai, c’est un peu plus de 367 jours de voyage de Yaoundé la capitale camerounaise jusqu’au désert tchadien en passant par les villes comme Ngaoundéré, Garoua, Maroua, Ndjamena, Atena, Mossoro, Sallal… pour aller à la rencontre de ce qui avait été montré comme étant l’ancêtre de l’humanité, c’est-à-dire un squelette fossilisé datant de près de 7 millions d’années que nous présentons en 2017, en photographies à Dakar », a laissé entendre la jeune femme.
 
L’exposition rentre dans le cadre de la 4ème édition de Scènes Expérimentales qu’Osmose Culture organise au Sénégal cette année. Pour apprécier l’œuvre de la journaliste qui a effectué un travail artistique aux relents scientifiques, il faut se rendre au groupe Sup’Info sis à la rue Aristide Le Dantec.
 L’exposition s’ouvre sur une invite au voyage. Une voix off du chercheur émérite Cheikh Anta Diop, extraite du film documentaire « Kemtiyu » du réalisateur William Ousmane Baye, accompagne le voyageur. A l’entame, on aperçoit  une foule bigarrée dans une gare ferroviaire.  Des vendeurs de bananes, de mangues, de goyaves et de miel trainent sur les rails. Le périple se poursuit par des paysages captivants que l’objectif de la journaliste a capté au fur et mesure qu’elle avançait dans le train.

On peut y voir des scènes de la vie quotidienne : des enfants qui accourent à la vue d’un véhicule, un berger qui conduit son troupeau de bœuf, des vendeurs à la criée. « Ici, c’est le pont Ngueli qui sert de trait d’union entre le Cameroun et le Tchad. Nous avons vu des dizaines de personnes traverser ce pont au quotidien, des enfants en provenance de N’Djamena qui venaient prendre des cours à Kousseri et vice-versa. La proximité entre les deux villes est si grande  qu’on a pas l’impression de se trouver à une frontière», a-t-elle expliqué face au public. 
 

Les photographies présentées en couleur subliment la verdure camerounaise et les paysages désertiques du Tchad.  C’est dans un univers alternant sable mouvant  et arbustes qu’a été découvert Toumai.  A côté des cranes divers et des fossiles que le voyageur découvre çà et là sur le chemin, il y a surtout David Ahounta et le professeur Michel Brunet qui ont effectué le travail qui fait l’objet de cette exposition.  D’après elle, « ce travail ne prétend pas apporter une réponse aux questions que le citoyen ordinaire se pose sur les origines de l’homme. Ce que nous présentons est le point de vue de la science, mais la religion porte un autre regard sur ce travail, les non-croyants aussi ».

Pour l’Administrateur Général du groupe Sup Info, Monsieur Didier Diop, la guerre de la communication reste à gagner dans la mesure où l’on a beaucoup entendu parler de Toumai, mais pas grande chose sur David Ahounta, le jeune africain qui a contribué à exhumer le fossile de son repos et l’a ressuscité. Une admiratrice stupéfaite a suggéré que cette exposition rentre dans un lieu de mémoire collective. Mais auparavant, « il faudrait agrandir le format pour une meilleure appréciation », a-t-elle souhaité.
Cette exposition est suivie dans un parcours croisé des photographies en noir et blanc de l’artiste Hervey Keedi qui fait son « Métamorphosis » à côté de « Sur les traces de Toumai ».


Mardi 23 Mai 2017 - 17:11



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