A Addis-Abeba, les Soudans cherchent les ingrédients de leurs paix

A Addis-Abeba, la deuxième phase de négociations sur la crise au Soudan du Sud a été lancée mardi 11 février sans que les discussions ne puissent pour l'instant démarrer. La médiation attendait en effet la présence de sept prisonniers sur onze, libérés à l'issue d'un accord politique fin janvier. En parallèle, d'autres négociations avaient lieu afin de chercher une sortie aux conflits qui continuent de ravager le Soudan.



En janvier, leur cas a longtemps été le facteur de blocage des discussions sur un cessez-le-feu, mais aujourd’hui libérés, les anciens prisonniers politiques  espèrent bien faire partie de la solution à la crise au Soudan du Sud.

Ces dignitaires du parti hégémonique SPLM ont occupé les plus importantes fonctions au sein du jeune Etat, mais se présentent désormais comme des réformateurs.

Emprisonnés par le président Salva Kiir et aujourd’hui officiellement accusés de trahison, on les imagine naturellement plus proches de l’opposition.

Dans la salle où ils se sont adressés à la presse, les observateurs de Riek Machar étaient d’ailleurs assis au premier rang, quand ceux du gouvernement se faisaient plus discrets.

Groupe à part entière

Mais ces ex-détenus constitueront cependant un groupe à part entière. « Nous n’avons pas été impliqués dans le conflit militaire puisque nous étions en détention en tant que prisonniers politiques, explique John Luk Jok, ancien ministre de la Justice. Et une fois libérés, notre rôle a été reconnu par la médiation mais aussi par les deux parties belligérantes. Donc nous sommes venus ici pour jouer notre rôle. Je pense que ce qui est important désormais, c'est de ne pas polariser les débats. Il faut s’attaquer aux racines de la crise grâce à un dialogue politique. Il ne s’agit pas seulement des deux camps, mais d’une étude inclusive et ouverte du problème. »

John Luk Jok est pourtant bien placé pour le savoir : la crise a démarré à cause des conflits internes au sein du SPLM et c’est d’ailleurs au nom de leur connaissance du sujet qu’il justifie l’importance de leur participation au débat. La société civile ou les autorités religieuses et intellectuelles ont elles aussi été invitées à s’exprimer, et ce dialogue politique s’annonce donc aussi tortueux que fondamental pour l’avenir du pays.



Rfi.fr

Vendredi 14 Février 2014 - 11:52



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