A Gao, des mines antipersonnel au cœur de la ville

Ce samedi 4 avril est consacré par l’ONU « Journée internationale contre les mines ». Les mines et autres engins explosifs non identifiés font des ravages dans le monde. Dans le nord du Mali, les groupes jihadistes y ont de plus en plus recours. Depuis juillet 2013, 193 incidents impliquant des mines ont fait 19 morts et 61 blessés parmi les civils. Reportage dans la ville de Gao où les habitants vivent quotidiennement sous cette menace.



Des soldats français et maliens fouillent les décombres d'une maison explosée dans le centre-ville de Gao, le 2 avril 2015. Des détonateurs, des explosifs et des téléphones portables reliés à des fils ont notamment été retrouvés dans les gravats. RFI / David Baché
Des soldats français et maliens fouillent les décombres d'une maison explosée dans le centre-ville de Gao, le 2 avril 2015. Des détonateurs, des explosifs et des téléphones portables reliés à des fils ont notamment été retrouvés dans les gravats. RFI / David Baché

Il y a trois jours, une jeune fille de 16 ans a été tuée près d’Ansongo, dans la région de Gao. Elle gardait ses moutons à quelques kilomètres de la ville, lorsqu’elle a sauté sur une mine. Depuis plusieurs semaines, c’est même le centre de la ville de Gao qui est visé : à quatre reprises, des engins explosifs ont été retrouvés cachés, ou ont explosé sans faire de victimes. Un phénomène nouveau.

« La stratégie des groupes armés terroristes a un peu changé parce que leurs attaques précédemment n’ont pas été très efficaces », expose « Marcou », chef du service de déminage des Nations unies à Gao, qui préfère taire son nom pour des raisons de sécurité. « Je pense qu’ils ont essayé de se retourner sur des cibles un peu plus souples. Le fait de mettre des charges relativement importantes en plein centre-ville aurait des effets collatéraux importants sur la population civile. »

Ali Badi Maïga, habitant de Gao, est aussi le président du Cadre de concertation, une assemblée de notables. Pour lui, les mines font peser un climat de peur permanente sur la ville. « Cela nous fait très peur : nous, on est en ville. Pour nous, c’est comme si on était sous le feu, parce qu’à tout moment, il peut y avoir des problèmes... On est toujours inquiets, dans les rues, partout là où tu passes, tu as toujours peur. » Plusieurs responsables militaires de Gao estiment que la menace des mines est réelle, mais qu’elle est surtout le signe d’un affaiblissement des groupes terroristes.


Rfi.fr

Samedi 4 Avril 2015 - 14:40



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