A Hamdallaye, à l'Ouest de Bamako, les habitants cohabitent avec les ordures ménagères

"C'est comme ça partout", lance Idrissa Kané, teinturier au quartier Hamdallaye, à l'Ouest de Bamako, pointant du doigt une pile de déchets ménagers massés dans un caniveau devant son atelier, au lendemain d'une pluie.



De l'autre côté de la voie, une forte odeur accueille les usagers qui empruntent des avenues autour du bureau de détachement de la mairie de la commune 4, dont relève Hamdallaye.

 

Un peu "partout depuis plusieurs années" en saison des pluies, le décor est le même: caniveaux non curés, ordures ménagères, sachets plastiques, décrit Idrissa.

 

Un peu plus loin à l'intérieur du quartier, devant la parcelle voisine à celle de la famille Diakité, entre des flaques d'eau puante et noirâtre, des enfants en liesse, jouent, insouciants des maladies qui les guettent.

 

Selon le chef de famille, Daouda Diakité, 55 ans et ex-champion national de dam (1994), "on ne doit pas tout laisser à l'Etat" car "notre santé nous incombe".

 

Pour lui, chacun doit se prendre en charge avant de penser à l'intervention de la mairie. "Nous faisons un collecte de 500 FCFA par ménage en vue d'assainir notre environnement", dit-il.

 

Vers chez Idrissa le teinturier, il arrive que les jeunes du quartier, une fois par mois, "se mobilisent pour assainir" les canaux d'évacuation "mais ces ordures finissent par y retourner", raconte le tenant des lieux, âgé de 36 ans.

 

Pendant que la population indexe les décideurs, ces derniers appellent à leur tour les habitants au civisme.  "Tant que les gens n'adopteront pas un comportement citoyen les efforts" de la mairie "sont vain", insiste le chef de l'assainissement de la commune 4.

 

Pour le curage et ramassage d'immondice, les autorités communales ont pu mobiliser depuis 2012, du "matériel d'assainissement de près de 40 million FCFA", une "benne chargeuse et un camion" qui permettent l'évacuation des déchets des "domestiques vers le dépotoir de transit", explique le secrétaire général de la mairie, Aboubacar Bougoudogo.

 

Mme Adama Diakité, depuis son arrivée en 2004 dans le quartier Hamdallaye, dit n'avoir "jamais vu les agents d'assainissement ou les camions de ramassage d'ordure", que la mairie déploie.

 

Près de la pharmacie Fata, en allant vers le bureau de détachement de la marie, il y a deux canaux d'évacuations presque remplis de déchets et des eaux domestiques de part et d'autre de la voie principale.

 

"Il y a forcément des besoins à caniveaux" dans différents quartiers qui ont été morcelés, admet le secrétaire général de la mairie, notamment Taliko, Kalabambu et Sibribou, dans les périphéries de la commune.

 

Le manque de caniveau n'étant pas le seul souci des populations. Il y a un "problème avec la décharge de transit" du quartier situé non loin du cimetière de Lafiabougou, l’un des quartiers de la commune 4(Ouest), où "les ordures sont stockées depuis des années" au lieu d'une durée de "72 heures", initialement prévue", raconte-t-il. "La seule décharge finale dans le pays se trouve à Sikasso" (à environ 375 km au Sud-est de Bamako).

 

Selon Oumar Camara, le chef du service de l'assainissement, son équipe "collecte une taxe de voirie de 1.500 FCFA à 2.000 FCFA" par ménage en vue d'assainir les caniveaux.

 

A travers la ville, des poubelles publiques appartenant à l'entreprise marocaine "Ozone-Mali", sont disposées le long des avenues. "Ozone-Mali" est présent depuis février à Bamako, pour assainir la ville.

 

La société dispose de "camions bennes" qui font la ronde dans différents quartiers pour le ramassage des ordures, explique, balai en main, Aminata Sawadogo (35 ans), une employée vêtue d'un uniforme orange-vert, tête voilée sous un soleil ardent.


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Samedi 27 Juin 2015 - 17:04



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