A la Une: la presse africaine commente la défaite de l'armée malienne



A la Une: la presse africaine commente la défaite de l'armée malienne

Les FAMA, les forces armées maliennes, avaient reçu l’ordre, mercredi, de prendre le contrôle de la ville, tenue en grande partie par le MNLA. Elles ont été mises en échec. Et le président IBK a été contraint de demander un cessez-le-feu immédiat. « Nous sommes tristes », soupire ce matin Le Républicain  à Bamako. « Tristes pour nos fils tombés hier et les jours d’avant. (…) Tristes pour ce pays qui relevait pourtant la tête. (…) Ce n’est pas tant d’avoir perdu la bataille de Kidal car, à terme, c’est de gagner la guerre qu’il s’agit, s’exclame le quotidien bamakois. Et il ne fait pas l’ombre d’un doute, après les inquiétants revers de 2012 et 2013, que cette guerre sera longue à gagner. (…) Ce qui nous attriste, poursuit Le Républicain,c’est de devoir repartir de zéro, peut-être, d’avoir à reconstruire de nouvelles confiances dans la fragilité et les contingences de ces temps. (…) Ce qui nous attriste, c’est de voir nos enfants, fous et fiers de leurs pays, écouter en boucle, non les nouvelles de nos exploits mais de nos reculs. (…) Ce qui nous attriste, enfin, c’est de devoir réaliser, une fois de plus, l’alliance objective de l’irrédentisme, de l’extrémisme et de la mafia au Sahel, un Sahel pris en étau par Boko Haram et Ansar El Charia. Au-delà de la tristesse, l’humiliation aussi ? »

« Bamako a perdu la guerre de Kidal, reconnait pour sa part Le 22 Septembre, autre journal malien. Il faut le dire, même si c’est gênant. L’information s’impose : nos forces armées et de sécurité ont failli à leur mission. Elles ont lamentablement échoué face aux séparatistes touaregs de l’Adrar des Ifhogas. » Et Le 22 Septembre de réclamer la démission de Soumeylou Boubèye Maïga, le ministre de la Défense, et de son homologue Sada Samaké, en charge de la Sécurité intérieure, tout deux, dit-il, « responsables de cette débâcle militaire.»

Complot ?

Pour Le Prétoire, autre journal malien, il est clair que le Mali est « victime d’un complot international. » Le Prétoire qui montre du doigt les forces françaises. En effet, précise-t-il, « si la mission de Serval n’est pas d’anéantir la rébellion, elle est tout de même de traquer les terroristes. Et pourtant, toutes les preuves faisant état de la présence des terroristes d’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Dine aux côtés du MNLA ont été établies. Les fanions de ces groupes terroristes flottaient sur les 70 pickups qui ont attaqué le gouvernorat. De plus, note Le Prétoireaprès le repli de nos forces de Kidal, les jihadistes y paradaient en scandant 'Allahou Akbar'. L’impunité accordée à cette démonstration de force a fait dire à certaines personnes que des militaires de la coalition internationale étaient de connivence avec l’ennemi. Ils donneraient même les positions stratégiques de nos troupes à l’ennemi afin de lui faciliter le combat. »

Et Le Prétoire de conclure par cet appel : « Les Maliens sont en droit de se demander pourquoi les responsables de notre pays ne demandent pas l’aide de la Russie et de la Chine. Que les autorités prennent des décisions courageuses en demandant l’aide d’autres puissances étrangères qui restent nos véritables alliées dans cette histoire. »

Pas les moyens de leur orgueil…

Dans la presse de la sous-région, on note l’impréparation de l’armée malienne, mais on stigmatise également l’attitude des forces internationales. « On ne saurait reprocher à IBK ses doutes au sujet des rapports que la Minusma et Serval entretiennent avec le mouvement touareg, affirme ainsi Guinée Conakry InfosPlus d’une fois, les troupes étrangères ont laissé entrevoir des signes d’accointances incestueuses avec les membres du MNLA. (…) Au vu des circonstances actuelles, il savait qu’il n’y avait aucune chance que les soldats onusiens ou ceux de la France lui viennent en aide au cas où cela serait nécessaire. »

« Kidal : Les FAMA n’ont pas les moyens de leur orgueil », s’exclame pour sa part L’Observateur Paalga. Cette défaite, poursuit-il, « traduit toute l’impréparation de cette offensive contre les rebelles et l’état de déliquescence matérielle et opérationnelle des Forces armées maliennes, qui vont de déconvenue en déconvenue. »

« Cette armée malienne n’a jamais réussi à vaincre ces mouvements rebelles, renchérit Le Pays,toujours au Burkina. Et pour preuve, les combattants rebelles ont réussi à repousser l’assaut des soldats d’IBK et ont même repris le contrôle de la totalité de Kidal. Rien d’étonnant, estime le quotidien ouagalais, car le MNLA est capable de signer un pacte même avec les différents groupes jihadistes pour défaire l’armée malienne et il en a les moyens. Ainsi, un nouvel acte de la guerre du Mali se joue depuis hier dans le Nord du pays. Jusqu’où ira-t-il ?, s’interroge Le Pays.En attendant, une chose semble évidente : cette reprise des hostilités, on la voyait venir. Elle n’est rien d’autre que la résultante des atermoiements, des louvoiements et de l’hypocrisie des uns et des autres. »

Source : Rfi.fr
 


Dépêche

Jeudi 22 Mai 2014 - 09:59



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