A six mois de la fin de la transition le Gvt souhaite éviter "un Burkina post-transition ingouvernable" (PAPIER D'ANGLE)

Exacerbé par des sit-in, grèves et marches-meetings, défiant des fois l'autorité de l'Etat, le gouvernement de la transition burkinabè a initié samedi, pour la première fois une rencontre des Organisations de la société civile, religieux et forces de sécurité, à six mois de la fin de sa mission, en vue de parvenir à l'adoption d'"un pacte" pour éviter "un Burkina post-transition ingouvernable".



Depuis la démission forcée et le départ en exil de l'ex-président Blaise Compaoré (1987 à 2014) en Côte d'Ivoire fin octobre 2014, les mouvements de revendications se sont multipliés sur le territoire burkinabè, dont certains, spontanés et violents, ont paralysé le fonctionnement de l'administration locale.

 

Par exemple en février 2015 des élèves d'un lycée à Banfora, à l'Ouest ont violemment manifesté et incendié le véhicule de leur proviseur à son domicile, interrompant ainsi le déroulement des cours dans cet établissement.

 

Pour le Premier ministre Yacouba Isaac Zida, "on ne compte plus le nombre de services de police et de gendarmerie saccagés ou pris d'assaut par des populations, pour exiger la libération d'individus interpellés pour des faits délictueux avérés".

 

Dans certains localités comme à Bobo, deuxième ville du pays à l'Ouest et Koudougou (Centre-Ouest), des Palais de justice ont été incendiés et des mairies contraintes de fermer leurs portes, remettant en cause la question de la décentralisation qui devait rapprocher les institutions aux populations.

 

Une initiative appréciée par les participants

 

Selon le gouverneur de la région du Centre, Joachim Somda, le représentant des religieux, l'Abbé Pierre claver Bélemsigri et des Organisations de la société civile Jonas Hien, cette rencontre était la bienvenue et "s'inscrit dans le registre des préoccupations du moment".

 

L'initiative du gouvernement a pour ambition de faire comprendre aux populations la nécessité des interventions des forces de sécurité. Egalement cela permettra aux forces de l'ordre d'avoir à l'esprit "la nécessité d'intervenir de façon professionnelle", explique un communiqué rendu public mercredi.

 

Le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, représenté par le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité Denise Auguste Barry, a souhaité que les résolutions et recommandations issues des débats menés "sans complaisance et sans passion" aident la transition dans "la délicate mission" que lui a confiée le peuple.

 

"Un pacte républicain de citoyenneté" de 12 articles pour un climat apaisé

 

Selon un communiqué du ministère de la Sécurité, cette première rencontre dont le dialogue a abouti à l'adoption d'un "pacte républicain de citoyenneté" de 12 articles, permettra de "parvenir à un climat apaisé dans l'application efficiente des lois et règlements".

 

Ce pacte contribuera également à promouvoir la citoyenneté au sein de la population, pacifier les relations entre la population et les forces de sécurité, permettre une meilleure visibilité et lisibilité des actions des forces de sécurité et notamment améliorer la participation des populations aux actions de sécurité (dénonciations, collaborations).

 

Selon un compte rendu des concertations, chaque partie s'est engagée à jouer son rôle pour la mise en œuvre du pacte adopté par les participants qui permettra de lutter contre l'incivisme au Burkina.


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Lundi 11 Mai 2015 - 15:51



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