AFFAIRE CLOTILDE REISS : Finalement, Moustapha Niasse a eu raison…

L’affaire Clotilde Reiss a vécu. Tout au moins dans sa version sénégalaise. Celle qui a offert au monde l’image affligeante d’un chef d’Etat en mal de reconnaissance internationale, qui a foulé des pieds les règles de la bienséance diplomatique, et de la bienséance tout court, en revendiquant indûment la paternité de la libération de la jeune Française, avant le démenti humiliant du Président Sarkozy.



AFFAIRE CLOTILDE REISS : Finalement, Moustapha Niasse a eu raison…

En effet, entre le communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères proclamant fièrement que «la présidence de la République du Sénégal rappelle que cette libération est consécutive à une médiation entreprise par le chef de l’Etat Sénégalais depuis septembre 2009», et la récente déclaration du Président français exprimant au Président Lula da Silva «sa profonde reconnaissance à celui qui a aidé le plus (souligné par nous) à la libération de Clotilde Reiss», c’est l’image de notre pays qui a été encore une fois, plongée dans des eaux fangeuses, du fait de l’irresponsabilité d’un Président qui entretient avec les honneurs une relation obsessionnelle, doublée de la légèreté de l’homme qui fait office de chef de la diplomatie sénégalaise, et clôturée par la boulimie de celui à qui l’on a promis les clés de la République, alors qu’il a été incapable de conquérir un quartier.
Lamentable ! C’est le seul mot qui rend compte de ce que ces «Don Quichotte» de la diplomatie ont fait subir à notre pays, à ses vrais diplomates et à tous ses fils pour lesquels le mot «dignité» signifie encore quelque chose.
C’est pourquoi, dès la publication du communiqué du ministère des Affaires étrangères, le Bureau politique de l’Afp a déploré le fait que « …sans aucune retenue, le chef de l’Etat tient, coûte que coûte, à s’approprier le mérite du dénouement d’un dossier de grande complexité politique et contenant de multiples aspects, et qui requiert tact, discrétion et esprit de coopération entre toutes les parties concernées».
Moustapha Niasse relaiera ensuite, sur les ondes de Rfi, la déclaration de l’instance dirigeante de l’Afp, pour rappeler à Wade les règles élémentaires qui s’imposent en la matière et dévoiler les desseins inavouables qui constituent la trame de cette opération burlesque.
En réaction à cette pertinente position, la Cap 21 a cru devoir se réunir de toute urgence pour étudier l’unique point inscrit à son ordre du jour : Réplique à Moustapha Niasse sur Rfi, le 17 mai 2010. En fait de réplique, la Cap 21 s’est, une fois de plus, illustrée de bien piteuse manière, en attaquant le Secrétaire général de l’Afp en des termes répugnants qui rendent compte de la nature réelle des auteurs et du commanditaire de cette basse besogne.
Venant de ce quarteron de mercenaires, cette attitude ne saurait surprendre, parce qu’elle entre dans le lot de ces réactions hystériques auxquelles ils ont accoutumé les Séné-galais, et qui ne sont que la contrepartie qu’exige d’eux celui à qui ils ont vendu leur âme et qui, du fond du palais de la République, leur distribue des prébendes en fonction de la fétidité de leurs actions. Tout y est passé : l’injure baveuse, la calomnie honteuse, l’allusion perfide, le mensonge infâme… Tout ce qui pouvait aider ces adeptes de la génuflexion politique à prouver à leur maître que leur indignation est à la mesure de sa rage.
Mais, ils ne pouvaient masquer ce que les analystes ont relevé dans une unanimité éloquente. Ainsi, faisant chorus avec la presse sénégalaise, qui a découvert la supercherie très tôt, le journal français Libération, qui ne saurait être suspecté de sympathie pour l’Elysée, s’en est donné à cœur joie, dans son édition du 17 mai 2010, en soulignant le rôle de la Syrie «…nettement plus actif, au moins au début…» et l’action du Président Lula «…plus décisive que l’activisme brouillon du dirigeant Sénégalais». Activisme brouillon ! Deux mots qui sonnent comme le glas d’une aventure qui s’est voulue triomphante et qui, à l’arrivée, se révélera être une de ces grosses bourdes qui, dans les écoles de diplomatie, servent à illustrer les comportements à éviter, dans ce domaine très sensible.
Et le quotidien français d’enfoncer le clou : «On savait le Président sénégalais peu avare en autocompliments, voire mégalomane, mais ce qui vient de se passer à l’occasion de la libération de Clotilde Reiss et de son retour en France est hors normes.» Hors normes ! Deux mots qui rappellent qu’en matière diplomatique, il y a des usages, des conventions et des règles que nul ne saurait transgresser impunément, fût-il celui que la Cap 21 a voulu encenser, en déclarant dans son communiqué loufoque que «son leadership est un leadership mondial, qui dépasse l’Afrique de l’ouest et l’Afrique au sud du Sahara». En l’espèce, le leadership mondial de leur maître s’est révélé être un leadership de l’indélicatesse et de la bouffonnerie.
Dans cette affaire, les diplomates sénégalais ont eu mal.
Ils ont eu mal quand ils ont lu l’interview du Président Wade, parue dans l’édition du 17 mai 2010 du journal Le Parisien, quand, interpelé sur le fait que Sarkozy a également remercié les Présidents Brésilien et Syrien, «l’homme le plus diplômé du Caire au Cap» a affirmé sans sourciller : «… cette libération est le résultat direct de ma médiation.»
Ils ont eu mal devant le spectacle de ce ministre des Affaires étrangères couché à plat ventre devant le fils de Abdoulaye Wade, pour lui servir de marche-pied dans cette ascension à laquelle ne croit plus qu’une famille aveuglée par l’arrogance, et qui ne se rend toujours pas compte que les Sénégalais ont rejeté son funeste projet.
Ils ont eu mal en notant les erreurs contenues dans le communiqué de Madické Niang et Karim Wade, comme ce titre de chef de la cellule africaine à l’Elysée qui est attribué à Jean-David Levitte, alors que tous les cadres du ministère des Affaires étrangères savent que M. Levitte est plutôt le chef de la cellule diplomatique de l’Elysée, avec le titre exact de «conseiller diplomatique et Sherpa», et que le conseiller en charge des Affaires africaines est André Parant, qui porte le titre exact de «conseiller diplomatique adjoint». Madické Niang et Karim Wade sont médiocres ; c’est leur droit ! Mais, ils doivent s’arranger pour que cela ne se sache pas hors de nos murs ; c’est leur devoir !
Cela, les panégyristes de la Cap 21 ne le leur diront jamais. Au contraire, pour mériter leur salaire, et dans leur vaine tentative de salir l’image de Moustapha Niasse, ils continueront, comme dans leur lâche communiqué, d’évoquer tantôt les conditions d’acquisition de sa villa de Fann, tantôt l’affaire des passeports chinois, tantôt un supposé détournement d’un quota pétrolier que le Nigéria aurait alloué au Sénégal dans le passé. Ce réquisitoire délirant aurait pu se passer de réponse mais, dans un Sénégal où la coalition au pouvoir a fait sienne la fameuse leçon de Goebbels «Mentez, mentez, mentez, encore et toujours, il en restera bien quelque chose !», il n’est jamais superflu de rappeler que chacune de ces accusations a été balayée comme un fétu de paille par le leader de l’Afp, chaque fois que Abdoulaye Wade et ses affidés l’ont brandie.
Quand, à la veille de l’élection présidentielle de 2007, le député Iba Der Thiam a voulu, au détour d’une question orale au gouvernement, insinuer que Moustapha Niasse était coupable de forfaiture dans l’affaire des passeports chinois, le leader de l’Afp lui a apporté, en des termes clairs, une réplique cinglante que tous les journaux avaient relayée : «Que ceux qui ont agité ce dossier aillent jusqu’au bout, pour que la lumière soit faite ; je suis prêt à aller jusqu’au bout de cette affaire qui n’est qu’un simple épouvantail.»
De la même manière, quand Abdoulaye Wade évoquera les conditions d’obtention de la villa de Fann, pour jeter la suspicion sur Moustapha Niasse, ce dernier présentera au cours d’une conférence de presse mémorable, les preuves d’une acquisition légale et sans aucune zone d’ombre, en défiant le pouvoir d’apporter la preuve de ses accusations. Et ce fut le silence du côté du palais de la République !
Quant à l’affaire du pétrole nigérian, qui n’existe que dans la tête des calomniateurs zélés qui peuplent les allées du pouvoir, Moustapha Niasse y a répondu, en des termes clairs, le 13 janvier 2010 : « … jamais je n’ai eu à vendre ni à acheter du pétrole pour le compte du Sénégal, ni directement ni indirectement.»
Sur ces trois questions, comme sur toutes celles qu’ils agitent hargneusement, dans une volonté dérisoire de dénigrement, Abdoulaye Wade et la Cap 21 savent que Moustapha Niasse est blanc comme neige. D’ailleurs, pouvait-il brandir son mouchoir immaculé à la face du défunt régime socialiste s’il n’avait la certitude de n’avoir rien à se reprocher ? Dans cette campagne électorale où se jouait la survie de leur pouvoir, Diouf et le Ps ne lui auraient-il pas reproché une de ces affaires pour ternir son image, tout au moins pour faire accroire l’idée qu’il n’est pas diffèrent de ceux à qui ils reprochaient «…la patrimonialisation de l’Etat, du bien public, et la recherche effrénée de prébendes» ?
Il faut arrêter ce cirque ! Si Abdoulaye Wade et la Cap 21 ont quelque chose à reprocher à Moustapha Niasse, ils connaissent mieux que quiconque le chemin des tribunaux. Le Sénégal est le seul pays au monde où le président de la République et ses alliés peuvent insinuer qu’ils détiennent la preuve qu’un opposant est coupable de plusieurs délits, sans aller vers ce qui devrait être la conséquence logique de ces accusations : la saisine du procureur de la République.
Messieurs de la Cap 21, s’il vous plait, taisez-vous ! Taisez-vous car vos rodomontades pseudo-nationalistes ont fini d’ennuyer tout le monde. Absents de la scène de l’histoire quand il s’agit de défendre les intérêts de l’Afrique et des Africains, vous et votre maître n’avez brillé que par vos maladresses diplomatiques, la promotion envahissante d’un Nepad dont le seul souvenir vous fait honte, le soutien à des putschistes abhorrés par tous et le projet fumeux, et mort-né, de constitution immédiate d’un gouvernement africain…
Si les attaques de la Cap 21 contre Niasse ont atteint ce degré inégalable qui a révulsé tous les Sénégalais, c’est parce qu’il traduit une fixation morbide sur celui qui, hier encore, refusait de recevoir de Wade la nomination dont ces courtisans rêvent tous les matins en se rasant.
Sacré Sénégal, où on peut, le jour, insulter copieusement un opposant pour, la nuit venue, lui envoyer des émissaires, comme l’a révélé l’hebdomadaire La Gazette du 13 au 20 mai 2010, en «… l’invitant à assumer de nouveau la fonction de Premier ministre…».
Sacré Sénégal où, malgré plusieurs fins de non-recevoir, le président de la République continue de vouloir s’attacher les services d’un opposant qu’il accuse pourtant d’avoir vendu frauduleusement des passeports, d’avoir acquis malhonnêtement sa maison, d’avoir détourné à son profit du pétrole destiné à son pays, d’être un nègre de service actionné par ses maîtres étrangers, d’être rancunier, d’être aigri, d’être obnubilé par la haine et la jalousie et d’être un collabo, comme Bao Dai, dernier empereur du Vietnam, qui incarne aux yeux des nationalistes du monde entier la soumission aux forces de l’étranger.
Ceux qui ont lu ces mots, dans la déclaration ordurière de la Cap 21 ont éprouvé un irrésistible haut-le-cœur, tellement les thuriféraires de Wade ont étalé leur haine viscérale envers Moustapha Niasse, dont le seul tort est d’avoir réussi à traverser l’histoire de notre pays, l’œil rivé sur la boussole des valeurs cardinales que sont la probité, le sens de l’éthique, la dignité et l’attachement viscéral à la parole donnée. On comprend mieux les raisons de tout ce déluge d’insanités, parce que le mouchoir blanc de Moustapha Niasse est la mauvaise conscience de tous ceux qui, chargés d’assumer de hautes fonctions publiques au Sénégal, ont sacrifié leurs convictions sur l’autel de la compromission avilissante.
L’affaire de la libération de Clotilde Reiss a vécu. Tout au moins dans sa version sénégalaise : celle d’une nouvelle affaire Abdoulaye Wade.
Sur cette affaire, comme sur toutes celles qui l’ont précédée, et sur celles qui pourraient survenir, notre parti et son leader ont fait face, et continueront de faire face, fidèles a l’esprit de la déclaration du 16 juin 1999, aux idéaux de l’Alternance du 19 mars 2000 et aux conclusions des Assises nationales de 2009, pour rappeler que l’Afp est et reste un outil de résistance et d’émancipation au service du Sénégal et des Sénégalais.




Cheikh Khalifa Aboubeker MBENGUE - Membre du Comité directeu

Vendredi 28 Mai 2010 - 17:52



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