APR – Matam au bord de l’implosion: Cartographie des guerres de tendances, des clans et micmacs

Matam, important bastion marron (couleur parti au pouvoir). Cette région est aujourd'hui le fief de bon nombre de responsables de l'Alliance pour la République (APR) qui se rivalisent par tous les moyens. Pour intégrer le petit carré des lieutenants ou hommes de main du président de la République, les jeux les plus ignobles s'y jouent actuellement. Les coups de feu tirés par "le griot du président", par ailleurs député dimanche dernier a permis de faire un coup de projecteur sur ce terroir qui aiguise beaucoup d'appétits actuellement.



APR – Matam au bord de l’implosion: Cartographie des guerres de tendances, des clans et micmacs
Matam est le seul département à n’avoir pas basculé dans le camp de l’alternance, lors de la présidentielle du 19 mars 2000. Erigée en région en 2001, Matam a tourné le dos à Abdoulaye Wade dès le 1er tour de l’élection présidentielle de 2012. Passée du vert socialiste au bleu libéral, la région de Matam arbore fièrement la couleur marron de l’Alliance pour la République (Apr) du Président Macky Sall.  Mieux, il n’y a presque plus d’opposition dans la 11ème région. Pourtant, les Locales de 2014 seront d’un grand enjeu. La guerre des tendances fait rage dans tous les trois départements que sont Matam, Kanel et Ranérou-Ferlo. Les Militants de la première heure de l’Apr sont confrontés au phénomène de la transhumance. Ce qui donne un cocktail explosif dont l’avant-goût a été donné par Farba Ngom, ce week-end.
 
Depuis l’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême, l’Alliance pour la République (Apr)  n’arrête plus d’étendre ses bases dans la région de Matam. L’opposition a presque disparu dans la 11ème région du Sénégal. Seul Adama Coulibaly de la Ligue Démocratique (LD) oppose une résistance dans la commune d’Odobéré, son village d’origine. Toutefois, si le parti du chef de l’Etat s’est massifié en recrutant les anciens barrons du Parti Socialiste (PS), du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et du Parti de la Réforme (PR), le partage des responsabilités plombe sa structuration. Entre «Apéristes» originels et Transhumants, c’est la guerre totale.

L’épisode de FarbaNgom face aux militants de Mamadou Mory Diaw n’est que la face visible de l’Iceberg dans la querelle des tendances qui mine toutes les communes de la région. Particulièrement dans les départements de Matam et Kanel.


La danse des loups aux dents acérées

L’arrivée des émigrés dans l’arène politique, jadis chasse gardée des intellectuels et autres porteurs de voix dans la région de Matam, a complètement changé la donne.

A la place d’AbdourahimAgne, Adama Sall, Sada Ndiaye, Yéro Deh, Zakaria Diaw, entre autres personnalités politiques, on parle désormais de Harouna Dia, Abdoulaye Sally Sall, Kalidou Wagué, Amadou Konté. Tous supposés bailleurs de la campagne du président de la République face à Abdoulaye Wade. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux tirent les ficèles et essaient de placer leurs hommes dans des positions stratégiques.
 

Matam, la guerre des clans: état de la situation

 
Les événements de Matam étaient prévisibles. D’ailleurs, le député FarbaNgom savait à quoi s’attendre. Il s’est même trahi dans sa déclaration :«Les gens avaient dit que je ne mettrais plus les pieds à Matam. Je l’ai fait et personne ne pourra m’empêcher de le refaire», tonne le «boss» des Agnam dont les méthodes sont décriées par Kalidou Wagué (Bokidiawé) et Amadou Konté (Sadel).

Selon certaines indiscrétions, les Matamois, particulièrement les militants du maire Mamadou Mory Diaw en voulaient à mort au député qui, selon eux, a fini de transférer la capitale régionale dans le Bosséa et sa maison à Agnam en gouvernance :«Tous les ministres de la République qui viennent dans la région sont reçus désormais chez Farba Ngom. Or, il y a quand même une gouvernance à Matam», se désole un militant de l’Apr, proche du maire. Et c’est le dernier voyage du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo qui aurait déclenché l’ire des Matamois.

En effet, il y a quelques mois, M. Diallo était parti inaugurer un poste frontalier à Gourel Oumar Ly, dans le Agnam, fief de FarbaNgom. Par la même occasion, il devait aussi se rendre à Matam pour inaugurer un bureau mobile de passeports numérisés.

Le maire de Matam, Mamadou Mory Diaw et le président du Conseil rural régional, Abdoulaye Dramé qui a fini de déposer ses baluchons à l’Apr après la défaite de Wade, mobilisent leurs militants pour l’accueillir. Seulement, ils ne verront pas l’ombre d’un ministre.

Pour des raisons de sécurité, Abdoulaye Daouda Diallo est sommé de reprendre son vol pour Dakar, avant 19 heures. Ce, à cause de l’absence d’éclairage de l’aérodrome d’Ourssogui.

Les militants de Mamadou Mory Diaw voient dans ce contre-temps du ministre de l’Intérieur un coup savamment orchestré par FarbaNgom et décident de lui faire sa fête.

C’est ce qu’ils ont tenté de faire quand le coordonnateur de l’Apr de Matam, Mody Sy, PCA de la Sones est venu avec Aly Koto Ndiaye pour installer un comité, en perspective des Locales du 29 juin prochain.

Mais, au-delà de ce problème, deux clans s’opposent aussi à Matam. Celui de l’actuel maire Mamadou Mory Diaw et le clan de Mody Sy dans lequel on retrouve Souleymane Jules Bâ, Guéladio Bâ, Abdoulaye Dramé, Ousmane Ndiongue, Abda Ndaw, Meïssa Thiam et Coumba Kassé.

Une véritable alliance pour déboulonner Mamadou Mory Diaw, qui entend opposer une farouche résistance à ses détracteurs. Malheureusement, le débat a du mal à rester démocratique. Il est plutôt d’ordre clanique.
 

Kanel, le calme avant la tempête
 
Si à Matam c’est l’attaque frontale, dans le département de Kanel, les responsables de l’Apr sont en duels à fleurets mouchetés. Ils se regardent en chiens de faïence dans les différentes localités. Le superviseur Abdoulaye Diouf Sarr, directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), a eu un avant-goût de la tempête qui l’attend.
Ainsi, dans Kanel commune, transhumants et militants originels n’arrêtent plus de se crêper le chignon à chaque manifestation politique.

Haïmouth Daff, maire de la ville qui a quitté le navire du Pds pour l’Apr tente de se frayer un chemin face à HamadyDieng et Mamadou Sadio Diallo qui n’entendent pas lui laisser une seule parcelle d’espace.

D’autres responsables affûtent aussi les armes. On peut citer Dr Sow, Mouhamed Thierno Djim (ancien directeur de cabinet d’Adama Sall).

A Ndendory, Ousmanne Kane considéré comme un ami et proche du questeur Daouda Dia a en face de lui, Yero Liddel (transhumant). Sans occulter Malal Ndongo, beau-père de Daouda Dia, qui est aujourd’hui chargé de mission. A Hamady Ounaré, Wagui Mbaré Dabo qui était seul dans le bateau de l’Apr alors dans l’opposition, a du mal à supporter d’être relégué au second rang par Amadou Samba Kane.

Le directeur de la Lonase, maire de la ville, a rejoint le parti du Président Macky Sall. Selon certaines indiscrétions, même si M. Dabo ne le dit pas officiellement, il se sent «trahi» et rumine sa colère.

La bataille de Waoundé aussi aura lieu entre Sadio Cissé et l’actuel maire, Bacary Soumaré.

Idem à Semmé où le maire Samba Diop fait face à Habib Thimbo dont le père Abou Thimbo était ancien consul du Sénégal en Angola.

Dans la communauté rurale de Haouré, on s’attend à un duel sans merci entre Aguibou Sow qui a rejoint l’Apr avec armes et villages environnants après avoir milité au PR, puis au Pds et le président du conseil rural, Mamadou Wade.
A Dembankani, on s’attend à la même bataille entre l’actuel maire, à Demba Diop qui a aussi rejoint l’Apr en provenance du Pds.
 

Ourossogui, une guerre sans merci

 
Commune la plus importante démographiquement et économiquement, le contrôle d’Ourossogui sera très rude. Samedi dernier déjà, les femmes de l’Apr ont décidé d’investir Djiby Nalla Sy. Mais le maire sortant qui a quitté, entre temps, le Pds pour l’Apr, Samba Nabel Dia n’a pas encore dit son dernier mot. L’homme d’affaires, Djiby Basse, le député Seydou «Kellel» Diallo et Ismaël Dembélé affichent aussi leurs ambitions.
 

Ogo, Abou Lô doit surveiller ses arrières

L’ancien ministre de la Communication, actuel directeur de l’ARTP, serait en roue libre pour la communauté rurale de Ogo devant être érigé en commune dans le cadre de l’acte III de la décentralisation. Toutefois, Abou Lô ne devrait pas dormir sur ses lauriers.

Pour cause, HamidouMbow de BellyNaïdé Yaya Soumaré, Malé Ndiaye, Abdoulaye Dieng de Ganenabalol, Diallo Ballel de Diandioly et autre Amadou Thiam ne manqueraient pas de convoiter aussi la localité, le moment venu.

Le néo-Apériste, Kalidou Diallo, pourrait aussi entrer dans la danse. A moins que son village Danthiady ne soit érigé en commune.
 

Harouna Dia au banc des accusés

Considéré comme l’un des principaux bailleurs de la campagne de Macky Sall, Harouna Dia est au centre des polémiques dans la région de Matam. «C’est lui qui fait la pluie et le beau temps ici. Il choisit les hommes qu’il veut sans hésiter souvent à mettre les transhumants devant les Apéristes de la première heure», déplore un responsable qui a requis l’anonymat. L’enfant de WeddouBosséa qui s’est établi au Burkina Faso contrôle particulièrement le département de Kanel.

En s’appuyant sur son frère, Daouda Dia, questeur à l’Assemblée nationale, Harouna Dia est pourtant considéré par certains militants comme celui qui est à l’origine de la révolution agricole du Fouta. Seulement, ses méthodes politiques faites de «parachutages», selon ses détracteurs, contribuent plus à diviser le parti du président de la République qu’à le réunir.

Une stratégie que certains cadres, tel HamadyDieng, ne cessent de dénoncer.
 

Un correspondant régional au cœur du système

Mais comment Harouna Dia peut-il manager l’Apr à partir du Burkina Faso ? L’homme d’affaires, que nous avons tenté de joindre en vain sur ses deux numéros de téléphone s’appuierait sur un correspondant régional d’un groupe de presse établi à Dakar.

«C’est un journaliste qui est à la fois, ses yeux et ses oreilles. Il est tellement craint par les responsables politiques de l’Apr, que certains sont obligés de l’informer de leurs faits et gestes. Après chaque manifestation, il rend compte fidèlement de toutes les déclarations des différents orateurs», confie un confrère.

«Etant journaliste, il est au cœur des activités politiques. Il surveille les tendances et alerte Harouna Dia à chaque fois qu’il soupçonne quelque chose», ajoute notre source.

Aly Koto Ndiaye qui doit retourner le 8 mars prochain,  dans la région de Matam, a du pain sur la planche.  

 


PressAfrik avec Abdoulaye THIAM (Sud quotidien)

Jeudi 6 Mars 2014 - 12:10




1.Posté par Niit le 07/03/2014 13:53
L’APR marche au pas de charge sur les traces du PDS.

Le Parti démocratique sénégalais avait habitué les sénégalais à des schémas de liquidation politiciens caractérisés par l’instrumentalisation de jeunes médiocres, insérés à des stations de commandement pour percevoir indûment des ressources, afin de dérouler un plan média planifié pour diaboliser certains responsables libéraux.

L’Alliance pour la République prend aujourd’hui le relais. Disons, Macky renoue avec ses pratiques très sales et écœurantes. Les sorties intempestives de M. Mame Mbaye Niang, président du Conseil de surveillance de la Haute autorité de l’Aéroport, cadrent parfaitement avec le portrait-robot que nous avons dressé des jeunes politiciens taillables et corvéables à merci. Personne ne peut attester de sa capacité à assumer correctement les fonctions de président du Conseil de surveillance de la Haute autorité de l’aéroport. Il est important de rappeler que le procédé politicien, employé pour créer et entretenir une atmosphère artificielle de dualité entre des autorités administratives, est maladroit et renseigne ouvertement d’une incapacité à transcender les égotismes.

Nous avons manqué de discernement en défendant aveuglément Macky Sall dont le discours sur la rupture n’emballe plus personne. Esseulé, il se cherche des coupables pour mourir à sa place. C’est un salopard politique, un menteur qui aime s’entourer de médiocres pour camoufler ses limites intellectuelles ainsi que sa misère morale.

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