Accord d’Alger: «On a l’impression de tourner en rond»

20 mai 2015-20 mai 2016 : Cela fait un an que les groupes armés ont parachevé la signature de l'accord de paix et de réconciliation d'Alger. Si, depuis, les hostilités n'ont pas repris entre ces groupes et l'armée malienne, et si des textes importants ont été adoptés, le chemin vers une véritable stabilité reste encore long.



Un an après la signature de l’accord de paix, la situation sécuritaire est toujours préoccupante dans plusieurs localités du nord du Mali. A Ber, commune située à 50 km de Tombouctou, des hommes armés ont abattu ce lundi, dans la nuit, un habitant de la ville, membre des groupes armés rebelles, et accusé d’être un espion à la solde de l’ennemi.
 
Au nord-est, la ville de Kidal est toujours aux mains des rebelles. Autre retard dans l'application de l'accord, le processus du DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion) n'a toujours pas commencé, alors que l'identification des 24 sites de cantonnement est déjà faite.
 
Crise de confiance
 
Il y a aussi la question des Maliens réfugiés dans d'autres pays, notamment les pays voisins. Ils sont évalués à quelques milliers, et selon un chronogramme établi, ils devraient en principe être déjà revenus au pays. Interrogés de manière séparée, des responsables des groupes armés et du gouvernement s'accusent mutuellement.
 
Bamako estime que les mouvements signataires de l’accord trainent le pas, alors que ces derniers affirment que Bamako est facteur de blocage. Une crise de confiance qui perdure. Un observateur étranger confie : « On a l’impression de tourner en rond. »
 
 ■ Gao attend toujours les bienfaits des accords d'Alger
 
Elles avaient placé tous leurs espoirs sur les accords de paix d'Alger. Dans le nord du Mali, les populations locales tardent à ressentir les effets de cet accord. A cause notamment, du retour tardif des administrations dans leurs fonctions. Ainsi, à Gao, plusieurs écoles n'ont toujous pas rouvert leurs portes. L'accès à certains services de base, tels que la santé et l'eau, ne sont plus assurés. C'est en tout cas ce que dénonce Soumeyla Soumaré, le président de la coordination des ONG de Gao.
 
Les sous-préfets sont censés être dans leur commune mais ils ne peuvent pas aller dans leur commune. Du coup, les autres services, qui sont liés à la présence de la sous-préfecture, ne sont pas sur place.


Mardi 21 Juin 2016 - 07:15



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