Affaire Bassirou Faye: le Parquet général désavoue le Procureur de la République et cible Boughaleb



La Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Dakar a examiné hier, à Dakar l’appel fait par le Parquet contre l’ordonnance du Doyen des Juges dans le cadre de l’affaire Bassirou Faye du nom de l’étudiant tué le 14 août 2013 lors d’affrontements entre forces de l’ordre et pensionnaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il faut préciser qu’un fait inédit s’est produit à l’audience d’hier. Le Procureur général qui est le Chef hiérarchique du Procureur de la République a convoqué un à un des arguments de ce dernier pour le démonter avant de demander que l’ordonnance du Doyen des juges soit confirmée.

 
Paul Daour Fall qui représentait le Parquet général lors de l’audience, a d’abord convoqué la thèse de l’infiltration qui faisait partie des points évoqués par le Parquet pour justifier son appel. Et c’est pour dire que cette piste est du toc pour la bonne et simple raison que le lieutenant Ndiaga Diop a révélé que c’est lui qui avait fait appel à Tombong Oualy même si ce dernier était en congé. Mieux, son portable étant déchargé, Ndiaga Diop a dû emprunter à Tombon Oualy son téléphone portable pour coordonner avec les autres équipes. Par rapport à la balle manquante, un autre argument du Parquet, le Procureur général a aussi relevé que ce point n’était pas fondé. Primo, l’expert balistique a confirmé que la balle ne provenait pas de l’arme de Tombon. Deuxièmement, son collègue a confirmé qu’il avait effectivement fait un tir d’essai quelques jours avant les faits.
 

Après avoir déchargé Tombon, le Parquet général est revenu sur les éléments à charge contre Sidy Mouhamed Boughaleb. Tout d’abord, le Parquet général estime à l’instar du Doyen des juges que Boughaleb a affirmé pour sa défense qu’il se trouvait à Thiaroye à l’heure des faits survenus vers 15 heures. Or une géolocalisation de son téléphone portable a attesté qu’il était dans le périmètre de l’université. A cela s’ajoute le fait qu’il a été indexé par le témoin Sette Diagne lors d’une séance d’identification à laquelle assistait pourtant Tombon Oualy. Ensuite, trois (3) témoins ont affirmé que le tireur était un homme élancé de teint clair. Un profil qui correspond à Boughaleb. Pour toutes ces raisons, le Parquet général demande la confirmation de l’ordonnance du Doyen des juges, Mahawa Sémou Diouf, relaie "Libération". Le délibéré est renvoyé à ce mardi. 


Mercredi 14 Octobre 2015 - 11:16



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