Affaire Bigtogo : Birahim Seck interpelle l’Etat et dénonce…

Les conditions du contrat liant l’Etat du Sénégal et Bigtogo, ainsi que celles de sa résiliation sont entourées de zones d’ombre. C’est le constat de Birahim Seck, membre du Forum civil. Ce contrat est, à la limite illégal car, selon lui, n’ayant pas rempli les modalités requises pour que l’homme d’affaire puisse bénéficier d’un dédommagement quelconque sur la production des visas biométriques.



Affaire Bigtogo : Birahim Seck interpelle l’Etat et dénonce…
 «Premièrement, sans appel à concurrence, le contrat de concession pour la production de visas biométriques (origine de la fameuse indemnisation) est illégal. Car ne remplissant nullement les conditions d’une entente directe prévues par l’article 81 du code des marchés publics de 2011, applicable au moment de la signature dudit contrat de concession», a réagi Birahim Seck sur le dédommagement à hauteur de 12 milliards de francs Cfa accordé à l’homme d’affaire ivoirien Bigtogo.
 
Le membre du Forum civil qui s’exprimait sur sa page Facebook est d’avis que le gré à gré qui a fait bénéficier à Bigtogo ce pactole n’était pas opportun : «Concrètement, l’objet du contrat (production de visas biométriques) n’appelait en rien une « extrême urgence ». En plus, il existe plusieurs prestataires exerçant en Afrique et dans le monde, capables de fournir ces services. La source n’est pas unique comme le voudrait l’article susmentionné et pouvant justifier un gré à gré», dénonce-t-il. 

Poursuivant, M. Seck dénonce : «Deuxièmement, l’Etat du Sénégal n’a pas le droit de nous livrer un simple communiqué qui ne nous renseigne en rien sur la base de l’indemnisation de cette opération. Il doit nous édifier sur la nature des investissements, sur les tarifs proposés par l’entreprise de Bigtogo pour la production de ces visas, sur les recettes perçues entre la date de commencement de la production de visas et date de détaxation des visas ainsi que sur le nombre de ressortissants enregistrés. Ces informations pourront permettre aux sénégalais d’avoir une connaissance plus large sur la base de l’indemnisation».

Le membre de la section Sénégal de Transparency International de conclure : «Enfin, pour se conformer à l’esprit et à la lettre du Code de transparence dans la gestion des finances publiques, le contrat de concession doit être publié. Ainsi, les sénégalais sauront si l’indemnisation est justifiée ou pas».

Ousmane Demba Kane

Mercredi 18 Mai 2016 - 09:16



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