Affaire Chebeya: une plainte déposée au Sénégal

Hier lundi 2 juin, c'était le 4ème anniversaire de l’assassinat des défenseurs des droits de l’Homme congolais Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Selon les familles, quatre ans après les faits, justice n’a toujours pas été rendue selon les familles mais un nouvel espoir vient de naître au Sénégal avec le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile a en effet été déposée à Dakar hier.



Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, dont le corps n'a jamais été retrouvé. © Passerelle
Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, dont le corps n'a jamais été retrouvé. © Passerelle

Cette plainte pour crime de torture a été déposée à Dakar auprès du doyen des juges près le tribunal régional de Dakar et elle vise Paul Mwilambwé, l’un des responsables présumés et surtout l’un des principaux témoins.

Responsable de la sécurité à l’Inspection générale de la Police nationale congolaise, Paul Mwilambwé affirme avoir assisté au double assassinat.  Craignant pour sa vie, il a fui le Congo pour un pays d’Afrique de l’Est d’abord. Depuis le mois de novembre, il vit au Sénégal, selon la FIDH qui a décidé de saisir la justice sénégalaise.

« L’objectif, c’est que Paul Mwilambwé soit entendu, que si lui-même est responsable il soit jugé au Sénégal, et que tout autre personne qui serait impliquée soit jugée par la justice sénégalaise,explique Florent Geel, responsable du bureau Afrique à la FIDH. Evidemment, on pense à John Numbi  : il est accusé par toutes les preuves qui ont été réunies et par le témoignage direct de Paul Mwilambwé qui l’implique directement dans l’assassinat des deux défenseurs des droits de l’homme ». Paul Mwilambwé était en charge de la sécurité du bureau du général John Numbi, chef de la Police nationale congolaise au moment des faits. Et c'est dans ces mêmes locaux qu'ont été assassinés Floribert Chebeya et Fidèle Bazana.

Cette plainte est déposée à Dakar en vertu de la Convention des Nations unies contre la torture. « Ce que nous voulons, c’est que le Sénégal applique ses propres lois, précise Maître Assane Dioma Ndiaye, président de la ligue sénégalaise des droits de l’homme. . En 2007, face aux péripéties de l’affaire Hissène Habré, le législateur sénégalais a incorporé dans son dispositif la compétence universelle. Si ce monsieur se retrouve au Sénégal, la justice sénégalaise a l’obligation de l’entendre. Jamais il n’a été entendu par la justice. Je pense qu’on ne peut pas dénier à des victimes le droit à un procès ».

Source : Rfi.fr



Mardi 3 Juin 2014 - 11:35



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