Affaire Guéant: des fonds d'enquête très convoités

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant a été entendu ce mardi 17 décembre sous le régime de la garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte sur des primes en liquide perçues alors qu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. L'ancien directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, a été également interrogé sous le même régime. Sa garde a vue a été levée en fin d'après-midi, tandis que celle de Claude Guéant a couru jusqu'en fin de soirée.



Affaire Guéant: des fonds d'enquête très convoités
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant a été entendu ce mardi 17 décembre sous le régime de la garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte sur des primes en liquide perçues alors qu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. L'ancien directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, a été également interrogé sous le même régime. Sa garde a vue a été levée en fin d'après-midi, tandis que celle de Claude Guéant a couru jusqu'en fin de soirée.

10 000 euros par mois

Le rapport demandé par Manuel Valls, actuel ministre de l'Intérieur, à l'Inspection générale de l'Administration (IGA) et à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) précise le montant des primes remises directement au directeur de cabinet de l'époque, Claude Guéant, soit « environ 10 000 euros par mois ».

La pratique, bannie en 2002 par le gouvernement de Lionel Jospin, a donc été réinstaurée lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au ministère de l'Intérieur. Claude Guéant avait alors expliqué sur France 2 : « quand vous avez plusieurs milliers de fonctionnaires qui bénéficient de ce système, vous ne le changez pas du jour au lendemain ».

Des déclarations contradictoires avec celles de ses collaborateurs de l'époque comme Chantal Jouanno ou Rachida Dati qui affirment n'avoir jamais rien touché. Le rapport précise aussi qu'entre 2002 et 2005 le budget des indemnités accordées à la Place Beauvau a augmenté de 300%, passant de 430 000 euros à 1,3 million d'euros.

Un « fond d'enquête » plutôt tentant

L'argent qui était remis en liquide à Claude Guéant provenait des fonds d'enquêtes alloués au ministère de l'Intérieur. Or, le responsable de ces fonds était à l'époque Michel Gaudin. C'est la raison pour laquelle l'ex-numéro un de la police nationale a lui aussi été placé en garde à vue, aux côtés de Claude Guéant.

Concernant l'utilisation de ces généreuses primes, plusieurs indices continuent d'intriguer les enquêteurs. Lors d'une perquisition au domicile de Claude Guéant au mois de février dernier, dans le cadre d'une enquête sur un éventuel financement libyen de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, des mouvements financiers suspects avaient été découverts : des factures allant de 20 000 à 25 000 euros payées en liquide ou encore la somme de 500 000 euros.

Claude Guéant s'était alors justifié, concernant les 500 000 euros, en évoquant la vente de deux tableaux d'un peintre flamand à un avocat malaisien. Un avocat mystérieux, contacté par l'Agence France Presse (AFP) et qui refuse toujours de s'exprimer.

Une pratique assainie

Ces fameux fonds d'enquête devraient continuer à être distribués, a précisé Manuel Valls, mais avec un contrôle renforcé. Le ministre de l'Intérieur n'a pas remis en cause « l'utilité de ces fonds qui sont indispensables aux activités d'investigation », mais a assuré qu'ils auront lieu dans un périmètre « restreint aux besoins opérationnels liés aux enquêtes ».

Il a également précisé qu'un double dispositif de traçabilité serait mis en place et que l'IGPN contrôlerait également ces mouvements. Enfin dès 2015 l'IGA et l'IGPN procéderont chaque année à un examen de l'usage de ces fonds d'enquêtes.

RFI


Rfi.fr

Mercredi 18 Décembre 2013 - 12:52



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