Affaire Karim Wade - Après Paris, la bataille de Monaco: l'Etat vise 24 comptes bancaires



Le bras de fer qui s'est ouvert le 5 octobre dernier entre l'Etat du Sénégal et les complices présumés de Karim Wade risque d'être épique. Au total 24 comptes bancaires sont visés par les conseils de l'Etat selon les documents obtenus par "Libération". La procédure dure depuis au moins un (1) an. 

Le 26 juin 2014, les autorités sénégalaises avaient délivré une demande d'entre-aide pénale internationale destinée à l'Etat de Monaco en vertu de laquelle la saisie conservatoire des avoirs des détenus sur les comptes bancaires en question, a été pratiquée. Vingt-quatre (24) comptes bancaires ouverts au nom de de Orah Placement SA, Fontabel Trading SA, HBK Finacial Investments, Dahlia Corporate SA, Coral Services Management, ABS Corporate Ltd, Menzies Middle East et Africa SA, Menzies Afrique Centrale, Metinvest Equity SA, SCI Aisa, Djoz SA, Gp Group international Ltd, Ma ingeering Corp, General Air Services SA, Aviation Handling Int Ltd, Africa Holdings, Africa Group, Pear Capital Investments Ltd, Regory Invest Inc, Hassan Ferial, Abdou Khalil Ibrahim ou Karim, Karim Aboukhalil, Mamadou Pouye et Karim Wade étaient visés. 

Ensuite, par requête du 17 novembre 2015, l'Etat du Sénégal avait saisi la présidence du Tribunal de première instance de Monaco afin d'être autorisé à pratiquer une saisie-arrêt entre les mains de Julius Baer Bank sur tous les fonds ou valeurs pour le compte de Karim, Bibo, Mamadou Pouye et des sociétés citées plus haut. 

Ce, en garantie de sa créance évaluée à dix (10) milliards de F CFA et qui représentent les intérêts civils décrétés par la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI) à la suite de la condamnation de Karim Wade et Cie. 

Mais par ordonnance du 26 novembre 2015, la présidence du Tribunal de première instance a rejeté et laissé les dépends à la charge de l'Etat. Elle a retenu qu'à la suite des arrêts du 8 août et et du 14 octobre 2014, les mesures du blocage des comptes produisaient produisaient toujours leurs effets et permettaient de garantir le recouvrement de la créance de dommages et intérêts de l'Etat du Sénégal et qu'en conséquence celui-ci ne justifiait pas un arrêt légitime, né et actuel. 

Dans son arrêt, la Cour d'Appel de Monaco a autorisé l'Etat du Sénégal à pratiquer une saisie-arrêt à concurrence de dix (10) milliards de F CFA sur les avoirs détenus par les mis en cause mais aussi une saisie-arrêt à hauteur du même montant sur les comptes détenus par les sociétés visées. Mais les détenteurs des comptes ont fait appel et c'est cette énième affaire qui est pendante devant à Monaco, qui plus est l'Etat ne dispose que d'un saisie-arrêt, c'est dire qu'il ne peut pas prendre disposition des fonds se trouvant dans les comptes en banque. Pour le moment...

Le hic, soulignent nos confrères, à côté des comptes de Karim, Papa Mamadou Pouye et Pape Samba Diassé et des sociétés qui gravitent autour de ces trois (3), l'Etat cible aussi deux (2) autres avoirs. Il s'agit de deux (2) comptes qui ne semblent pas avoir de lien avec la procédure déclenchée par la CREI. Ouverts à la Julius Baer Bank de Monaco par Nadia et Hassan Feral Bourgi, qui se trouvent être la tante et le cousin de Bibo Bourgi. 

Les avocats de l'Etat pensent qu'ils ont "porté" ces comptes pour lui. Nadia et Hassan Feral Bourgi réputés milliardaires depuis plusieurs années, ce sera très difficile pour l'Etat du Sénégal de prouver ces accusations. 

L'Etat va-t-il obtenir la saisie des comptes monégasques attribués aux complices présumés de Karim Wade ou subira-t-il un revers comme c'était le cas à Paris ?


Mardi 18 Octobre 2016 - 09:13



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