Affaire Kayumba: 4 accusés reconnus coupables de tentative de meurtre

C'était un verdict très attendu en Afrique du Sud et au Rwanda : celui de l'affaire Kayumba, du nom de cet ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise qui a été visé, en 2010, par une tentative d’assassinat. Quatre des six accusés ont été reconnus coupables de tentative de meurtre par la justice sud-africaine, où le général vit en exil.



Quatre prévenus ont été reconnus coupables de tentative de meurtre : le tireur – que le général Faustin Kayumba Nyamwasa a identifié lors de l’attaque à son domicile  –, l’accusé numéro un – un Rwandais qui a été contacté initialement pour éliminer le général –, ainsi que deux de ses complices, deux Tanzaniens. Pour le juge, il n’y a aucun doute : les quatre hommes ont préparé ensemble cette tentative d’assassinat.

Photos du général

Le chauffeur du général a, lui, été acquitté. Il était soupçonné d’avoir été en contact avec le reste du groupe et d’avoir facilité l’accès au domicile du général. Egalement acquitté : un homme d’affaires belgo-rwandais qui était soupçonné d’être l’organisateur de cette tentative d’assassinat. Il était même l’accusé principal. La police avait retrouvé dans ses affaires des photos du général et une clef qui donnait accès au garage de ce dernier.
Mais le juge a estimé que même si cet homme était très probablement au courant de la tentative d’assassinat, il n’y avait pas suffisamment de preuves pour démontrer qu’il y avait participé. Il a donc été jugé non coupable, un verdict qui en a surpris plus d’un dans la salle.

Tentative politiquement motivée
Le général Kayumba lui-même était présent. À l’annonce du verdict, il a semblé très contrarié, discutant avec ses proches. Mais quelques minutes après, lors d’une conférence de presse, il s’est ressaisi : il a indiqué que le plus important n’était pas que tel ou tel individu soit condamné, mais plutôt que le juge ait reconnu qu’il y avait tentative de meurtre et surtout, que celle-ci était politiquement motivée. Le juge a en effet estimé que les quatre coupables ne connaissaient pas l’identité du général, et donc qu’il s’agissait d’une tentative « politiquement motivée » qui provenait d’individus au Rwanda. Il n’a pas donné plus de précisions, mais ce sont ses mots.

Pour le général, c’est donc ce message envoyé notamment à Kigali qui compte. Il a dit espérer « que l’Afrique du Sud fasse pression sur le Rwanda, pour que Kigali arrête de s’en prendre aux opposants politiques à l’étranger ». Après le verdict de ce vendredi, les sentences seront annoncées le 8 septembre.


RFI.FR

Vendredi 29 Août 2014 - 23:06



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