Affaire Malick Noel Seck: Débat démocratique ou chantage politique



Affaire Malick Noel Seck: Débat démocratique ou chantage politique
"La politesse est la beauté de la vertu"
Emmanuel Kant, Essai sur les maladies de la tête


Les motivations de ma contribution sont liées aux attaques inélégantes, inopportunes et hors contexte de notre camarade, Malick Noël Seck. En effet, il est certes souhaitable et encouragé, au nom de la démocratie, que chaque militant d’un parti politique puisse exprimer son point de vue sur le fonctionnement et les orientations de sa structure. Toutefois, n'est-il pas plus judicieux, pour faire avancer le débat d’idées d’avoir un sens d'équilibre dans son jugement et dans la manière de présenter les choses ? A cet égard, poser le débat du maintien ou non du camarade Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, à la tête du parti n’est pas en soi un crime de lèse-majesté. Le moment venu chacun pourra faire valoir ses arguments.

Néanmoins, chaque chose en son temps et en politique il faut savoir saisir ce qu’on appelle les « moments kairos ou machiavélien » : le temps de l'occasion opportune. L’heure du bilan et du débat démocratique viendra donc et le Camarade Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, assumera toute sa responsabilité. Seulement, la liberté démocratique, pour nécessaire qu’elle soit dans le fonctionnement d’un parti politique, ne doit pas être convoquée pour maquiller la volonté d’un règlement de compte politique.

D’ailleurs, de quelle légitimité politique se targue Malick Noël Seck pour demander le départ du camarade Secrétaire général ? Faut-il lui rappeler qu’avoir fait un passage rapide en prison, ne fait pas de lui naturellement le militant le plus méritant. Aurait-il tenu ce discours s’il était investi sur les listes législatives ? N’est-il pas trop prétentieux en pensant mériter plus que ses autres camarades de parti un poste de député ? Pour avoir donné toute sa vie au parti, le camarade Secrétaire général ne mérite-t-il
pas plus de respect et de considération ?

Le parti socialiste n’a nullement besoin d’esprits subversifs éloignés des valeurs de la démocratie. Il est prématuré d’imputer à qui que ce soit la responsabilité de la défaite des socialistes. Le temps des analyses viendra et c’est seulement à ce moment là qu’il faudra examiner, sans complaisance, la responsabilité de tous les responsables du parti, en premier chef le camarade Secrétaire général, mais également le rôle que devait jouer chaque leader pour que notre formation politique fût qualifiée au
second tour lors des dernières joutes électorales. Cela dit, il faut dédramatiser, l’objectif cardinal de notre parti a été atteint : le départ du régime de Wade. Sur ce point, notre parti s’est engagé dans une coalition constructive de respect mutuel et de loyauté où il est en train de jouer pleinement son rôle. Car, comme on a l’habitude de dire : « l’intérêt de la patrie d’abord et les intérêts des partis après ». Pour cela, a-t-on besoin de le rappeler, pour avoir soutenu le Président Maky Sall au second tour, l’échec du nouveau régime sera aussi celui de notre parti. C’est pourquoi, ce qui urge c’est d’abord de disposer d’une majorité parlementaire afin de permettre la mise en oeuvre des politiques gouvernementales promises. Ainsi, comme l’a si bien dit le
Camarade Secrétaire général : « Que tout le monde se sente concerné. Que tout le monde s’y mette pour donner à la mouvance présidentielle une majorité cohérente qui permettrait de concrétiser les changements annoncés par le gouvernement ».

C’est donc après ce moment crucial où l’enjeu de la nation doit primer sur les autres enjeux, si légitimes soient-ils, que devra advenir le « locus-tempus » du débat démocratique des partis politiques de la mouvance présidentielle.
Samba Aly BA ; Coordination PS en France
Membre fondateur Agora des socialistes


Mercredi 27 Juin 2012 - 18:26



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