Affaire Relizane: la défense dénonce un règlement de compte

Une juge d'instruction de Nîmes a ordonné le renvoi devant la cour d'assises du Gard de deux frères, Abdelkader et Hocine Mohamed, poursuivis pour actes de torture et barbarie commis sur cinq personnes. Les faits auraient eu lieu dans la région de Relizane, en Algérie, entre 1994 et 1997, alors qu'ils appartenaient aux « groupes de légitime défense ». Ces groupes étaient des milices qui luttaient contre les islamistes avec le soutien des autorités. Leur avocate a fait appel de ce renvoi.



A Relizane, au sud-ouest d'Alger, des charniers ont été découverts par un militant des droits de l'Homme. (cc)Wikipédia/isischa
A Relizane, au sud-ouest d'Alger, des charniers ont été découverts par un militant des droits de l'Homme. (cc)Wikipédia/isischa

Maître Aoudia se veut confiante. Confiante dans le fait que ses clients ne seront pas jugés, que la chambre de l'instruction lui donnera raison, car « le dossier est plein d’incohérences », dit-elle. Elle évoque notamment le cas d'Adda Derkaoui. Parmi les plaignants, il est la seule victime directe. Enlevé en février 1995, il aurait été détenu et torturé pendant 21 jours avant d'être libéré. Mais « il n'y a pas de preuves des sévices » qu'il aurait subis, affirme Maître Aoudia.

« Vous n’êtes pas hospitalisé, vous ne fournissez pas un dossier médical permettant de constater les lésions à l’époque et on n’a pas d’expertise de ce bonhomme alors qu’il se présente et qu’il est vivant. Ces incohérences ne semblent pas heurter la sensibilité du magistrat puisqu’il retiendra celui-ci comme étant une victime », a déclaré Maître Aoudia.

Pour l'avocate, certains de ces faits ont d'ailleurs déjà été portés à la connaissance de la justice algérienne et le magistrat instructeur avait alors rendu un non-lieu. « La motivation était en raison du fait que les témoins (des membres de la famille) n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs des enlèvements du fait qu’ils étaient cagoulés », a-t-elle précisé.

Maître Aoudia voit dans cette affaire un règlement de comptes. Elle précise que « le dossier est monté par d'anciens membres ou des proches des groupes islamistes », c'est-à-dire les ennemis de ses clients dans les années 90.


Rfi.fr

Mercredi 7 Janvier 2015 - 09:48



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