Afrique: Ces fièvres mortelles qui sévissent à nos portes!



Afrique: Ces fièvres mortelles qui sévissent à nos portes!
L'Afrique n'a pas fini de trembler pour l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola que de nouveaux frissons se signalent. Rien que des frissons? Non, plutôt des alertes sérieuses à considérer avec rigueur et à traiter avec une vigoureuse riposte.
 
Car oui, Lassa est déjà à nos portes, qui fait des morts au Bénin voisin et au Nigeria. Et même si Zika, traumatisme brésilien du moment, reste géographiquement éloigné du Burkina Faso, la mobilité des populations et les migrations diverses peuvent l'amener à sévir par ici.
 
Ebola, Lassa, Zika. Un trio infernal qui risque bien de décimer, si l'on n'y prend garde, de nombreuses populations aussi bien au Nord qu'au Sud de la planète.
 
Z comme... Zika
 
Détecté en mars 2015 au Brésil, le virus zika semble avoir pris ses quartiers dans la région Amérique. Un virus qui se transmet par la piqûre du moustique tigre -- Aedes aegypti ou Aedes albopictus de son nom scientifique --, et qui «se propage de manière explosive».
 
On a ainsi notifié sa présence nocive dans 23 pays de la région Amérique et, selon Marcos Espinal, directeur du département des maladies transmissibles et des analyses sanitaires de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la zone, «on peut s'attendre à trois à quatre millions de cas» sur le continent.
 
De quoi redouter sérieusement ce terrible virus contre lequel il n'existe «aucun traitement, aucun vaccin, ni aucun test de diagnostic rapide».
 
En déclarant, le 1er février dernier, que cette épidémie constitue «une urgence de santé publique de portée internationale», l'OMS sonne en même temps l'alarme universelle contre un mal auquel elle associe, de surcroît, des «malformations congénitales et des syndromes neurologiques».
 
Plus de 4 300 cas suspects de ces microcéphalies, «une anomalie congénitale entraînant la naissance d'enfants avec une tête plus petite que la normale ou un arrêt de la croissance de la tête après la naissance», ont ainsi été dénombrés au Brésil, contre 147 confirmés en 2014.
 
De grâce, il faut vite trouver la parade pour contrer ce méchant virus, découvert pour la première fois en 1947, en... Ouganda!
 
L comme... Lassa
 
Plus près de nous, la fièvre de Lassa avait déjà fait à la mi-février 17 décès sur 52 cas suspects enregistrés au Bénin.
 
Pour faire face à cette épidémie, les autorités béninoises bénéficient du soutien de l'OMS, ainsi que du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et d'autres partenaires humanitaires.
 
Avec en prime une batterie de mesures: «Mise en place d'unités de quarantaine dans les zones affectées pour isoler et soigner les victimes; établissement d'un système de traçage pour retrouver les personnes qui ont pu être exposées à la maladie; mobilisation d'un réseau de près de 200 employés du secteur de la santé à travers le pays afin d'enregistrer les contacts.»
 
Dans le même temps, juste à l'est du Bénin, le Centre national de contrôle des maladies (NCDC) du géant Nigeria a annoncé, le 3 février, que 101 personnes sont décédées de cette maudite fièvre sur les 175 cas répertoriés dans le pays depuis l'apparition de cette maladie, en novembre 2015 dans l'Etat de Bauchi, au nord du pays.
 
Ces 101 décès sont survenus dans la capitale Abuja, à Lagos et dans quatorze autres Etats du Nigeria.
 
En fait, il s'agit d'un virus hémorragique qui sévit de manière endémique au Nigeria, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Asymptomatique dans 80% des cas, la transmission du virus de Lassa se fait par «les excrétions de rongeurs ou par contact direct avec du sang, des urines, des selles ou d'autres liquides biologiques d'une personne malade».
 
C'est justement dans une localité du nord du Nigeria, Lassa (Etat du Borno), qu'apparaît, pour la première fois en 1969, ce virus hémorragique. D'où son nom...
 
E comme... Ebola
 
A s'y méprendre, ces fièvres mortelles ressemblent à celle transmise par le virus Ebola, qui a longtemps endeuillé l'Afrique, notamment en Guinée, Sierra Leone et Liberia, avant que l'OMS ne proclame, le 14 janvier dernier, la fin officielle de cette épidémie.
 
Mais le ouf de soulagement qui a accueilli cette annonce n'a duré que le temps d'une nuit, avant que deux cas se signalent à nouveau coup sur coup en Sierra Leone. Comme quoi...
 
Au moment où des maladies à potentiel épidémique ont été notifiées dans les formations sanitaires du Burkina Faso du 4 au 10 janvier 2016, avec «63 cas de méningite enregistrés et 5 décès», il est de bon ton de renforcer et de dynamiser le dispositif de prévention de ces agressifs et mortels virus afin de préserver la santé et la vie des populations.
 
 allafrica.com

Khadim FALL

Jeudi 3 Mars 2016 - 11:02



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