Afrique du Sud: 6 000 manifestants à Durban contre la xénophobie

En Afrique du Sud, des milliers de personnes ont manifesté, ce jeudi 16 avril, contre la xénophobie, à Durban. Depuis une quinzaine de jours, l’Afrique du Sud est confrontée à une série de violences xénophobes, principalement la ville de Durban où des étrangers ont été sauvagement attaqués. Les immigrés sont accusés de la montée du chômage et de la hausse de la criminalité. Au moins six personnes ont été tuées.



Les équipes municipales de nettoyage interviennent après le pillage d'un commerce appartenant à un Somalien, à Durban, le 10 avril 2015. AFP/RAJESH JANTILAL
Les équipes municipales de nettoyage interviennent après le pillage d'un commerce appartenant à un Somalien, à Durban, le 10 avril 2015. AFP/RAJESH JANTILAL

Le convoi de la manifestation s'est mis en route à la mi-journée en direction l’Hôtel de ville. Dans la foule environ 5 à 6 000 personnes, principalement des jeunes, venus dire « Non à la violence contre les étrangers ». Il y a également des Blancs et des Indiens. « Après tout ce qu’a vécu le pays, en arriver là, c’est vraiment dommage, j’ai honte », s’indignait Lyse, une femme blanche d’environ 50 ans.

« Je comprends la frustration des gens dans les townships et la jalousie envers les commerçants étrangers mais la violence n’est pas une solution. Nelson Mandela se retournerait dans sa tombe s’il nous voyait », disait à RFI une autre jeune femme d’environ 30 ans. Pour tous, il s’agit de rejeter ces attaques dont font l’objet les étrangers de Durban  depuis près de trois semaines.

En revanche, on voit pas ou peu d’étrangers dans la foule. Certains dénoncent la récupération politique de cette manifestation organisée par le parti au pouvoir mais selon un leader de la communauté éthiopienne, les étrangers ont surtout peur de possibles débordements. Rappelons que les violences xénophobes de ces derniers jours  ont fait au moins six morts.

Ce mercredi après-midi Jacob Zuma, le président de la République, doit s’exprimer au Parlement. Il condamnera peut-être de façon plus ferme ces violences. En 2009, une vague de violence avait fait plus de 60 morts dans le pays et il n’y a pas encore eu de condamnation. 


Rfi.fr

Jeudi 16 Avril 2015 - 12:49



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter