Afrique du Sud: le syndicat Numsa confirme la création du «Front uni»

En Afrique du Sud, l’union des métallurgistes Numsa n’entend pas rester les bras croisés après son expulsion de la centrale syndicale Cosatu. Les métallurgistes ont confirmé qu'ils comptaient créer une nouvelle formation politique à la fin de l’année, le Front uni. Le divorce semble consommé avec l’ANC.



Des membres de la Numsa manifestent le 1 juillet 2014 dans les rues de Durban. REUTERS/Rogan Ward
Des membres de la Numsa manifestent le 1 juillet 2014 dans les rues de Durban. REUTERS/Rogan Ward

« Pas question de se laisser faire » : c’est le message qu’ont voulu faire passer les leaders de Numsa, dimanche. Pour le secrétaire général du syndicat Irvin Jim, la décision d'expulser son syndicat de la Cosatu  menace surtout l’avenir même de la centrale : « Quelques leaders ont décidé du futur de 2,2 millions de membres de la Cosatu. Ils ont réussi à accomplir ce que le régime de l’apartheid n’avait pas pu faire, c’est-à-dire détruire une fédération qui était à la fois un bouclier et une lance pour les travailleurs et pour la conscience de la nation ».

Irvin Jim s’en est également pris à l’ANC, alliée à la Cosatu. En mai dernier, Numsa avait déjà refusé de soutenir le parti au pouvoir pour les élections générales. Avec cette expulsion, une nouvelle limite semble avoir été franchie. « Nous détestons les politiques néolibérales dont l’ANC est devenu le champion depuis ces 20 ans de démocratie, tempête Irvin Jim. Les victimes de ces politiques néolibérales sont les travailleurs, les classes ouvrières et les pauvres ».

Nouvelle formation politique

Cette décision pourrait bouleverser le paysage politique sud-africain : dimanche, Irvin Jim a confirmé qu’une formation politique, le Front uni, allait être créée en décembre. Beaucoup d’observateurs y voient un concurrent pour l’ANC, mais le secrétaire général de Numsa reste encore flou quant aux réelles intentions de ce futur parti : « Avec le Front uni, nous allons lutter sans relâche à travers tout le pays pour donner le pouvoir aux travailleurs et aux communautés locales. Et ce sont les membres de ce Front uni qui décideront s’il faut participer ou non aux prochaines élections ».

Numsa pourrait désormais contester cette expulsion devant la justice. En déclarant la guerre à son plus gros syndicat, la Cosatu semble aujourd’hui plus divisée que jamais.


Rfi.fr

Lundi 10 Novembre 2014 - 09:57



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