Afrique du Sud: un discours à la nation très attendu par l'opposition

Toute l'Afrique du Sud va avoir ce jeudi les yeux braqués sur le Parlement où le président Jacob Zuma doit prononcer son discours à la nation. Une intervention très attendue à plusieurs titres. Par le public tout d'abord, car l'économie du pays va mal, mais surtout par l'opposition. Le leader populiste Julius Malema et son parti sont déterminés à interpeller le chef de l'Etat sur un vieux contentieux.



Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors de son discours à la nation de juin 2014. REUTERS/Sumaya Hisham/Pool
Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors de son discours à la nation de juin 2014. REUTERS/Sumaya Hisham/Pool

Cela risque d'être un discours à la nation mouvementé. Julius Malema et ses 24 députés du parti radical  les Combattants pour la liberté économique sont déterminés à demander des comptes au président.

Ils veulent savoir quand le président Jacob Zuma  va rembourser une partie des fonds publics utilisés pour rénover sa résidence privée. Tel que l'a suggéré la médiatrice de la République dans un de ses rapports.

« Nous allons poser des questions au président Zuma, confirme à RFI Julius Malema. Et notre souhait est tout simplement qu'il nous dise quand il compte rembourser l'argent et qu'il démissionne. Evidement s'il ne le fait pas, il va lire son discours à la nation, qui ne sera qu'une répétition de choses que nous avons déjà entendues ces cinq dernières années, depuis qu'il est président. [Mais] la médiatrice de la République a été très claire, il a personnellement bénéficié des rénovations apportées à sa résidence et donc il doit rembourser une partie de cette somme à l'Etat. »

La question a déjà été posée à plusieurs reprises au Parlement en fin d'année. Et à chaque fois, cela s'est soldé par des échauffourées, la police anti-émeute ayant même évacué de force des députés de l'opposition. Les scènes retransmises en direct à la télévision avaient choqué le pays, de nombreux commentateurs politiques parlant de farce et d'atteinte à la démocratie.

Cette fois-ci, Malema a assuré qu'il ne se laissera pas faire mais il se veut diplomate : « Le fait de poser des questions à l'exécutif fait partie du mandat de ceux qui ont été élus au Parlement et c'est exactement ce que nous allons faire. Il ne s'agit pas de perturber quoi que ce soit. » La présidente du Parlement, une fidèle du président sud-africain, a prévenu qu'elle n'acceptera aucun désordre. Une soirée animée s'annonce.


Rfi.fr

Jeudi 12 Février 2015 - 11:01



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