Aïda Ndiongue: «C’est de l’acharnement…mais la justice divine tranchera»



Aïda Ndiongue brise le silence au lendemain du verdict de la Cour suprême. Digne dans l’épreuve, l’ancienne sénatrice narre les péripéties des procédures qui l’ont conduite en prison. «Ce qu’on m’a fait, c’est inédit dans l’histoire politique du Sénégal», sert-elle en dénonçant «un acharnement injustifié et inqualifiable». Aïda Ndiongue laisse tout entre les mains de Dieu.

Remerciements aux Chefs religieux
«Je tenais à remercier les juges du fonds en première instance et en appel parce qu’ils ont été justes et ils n’ont dit que le droit. Pour ceux qui ont fait autre chose, je n’ai rien à dire. Je laisse tout entre les mains du Bon Dieu. Je tiens à remercier tous les khalifes généraux du Sénégal, en premier lieu le khalife général des Tidianes, Cheikh Ahmed Tidiane SY Al Makhtoum et son porte-parole, Serigne Abdoul Aziz SY Al Amine, le khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké…Ainsi que toutes les familles religieuses du Sénégal qui m’ont apporté leur soutien lors de mon incarcération. Je tiens aussi à remercier mon parti, le PDS qui a porté le combat dès les premiers jours de mon arrestation jusqu’à la fin. Je remercie le président Abdoulaye Wade qui est mon leader de parti qui partout dans ses meeting a porté mon combat devant l’opinion nationale et internationale…

Péripéties de la procédure
«J’ai commencé à enseigner en 1972, 1973. C’est en 1986 que j’ai eu une disponibilité au moment où Iba Der Thiam était ministre de l’Education nationale. C’est en ce moment que je me suis lancé dans l’entreprenariat et créé ma première entreprise. L’année suivante, j’ai créé une seconde entreprise avec carte import-export. Mon premier marché, je l’ai eu alors que Béthio Thioune était secrétaire général de la Commune de Dakar. L’administrateur civil, un certain Oumar Cissé qui est maintenant décédé. Je livrais de la poudre…Donc j’ai duré dans la désinfection. Je gérais tous les bureaux de poste sous Ibrahima Sarr (Directeur des postes de l’époque), de même que tous les stades, le désherbage au niveau de l’ex-SOTRAC, la SENELEC sous Ibrahima Ndao, de 1993 à 1995. J’ai toujours travaillé avec l’Etat du Sénégal, je n’ai jamais eu maille à partir avec la justice. C’est la première fois de ma vie qu’on me traîne devant des juridictions.

Et comme vous le savez, les marchés incriminés ont été exécutés normalement. En première instance, j’ai été blanchie. En Appel, j’ai été blanchie et voilà qu’une autre juridiction me condamne. Je pense qu’Inch Allah, Dieu qui est le meilleur des juges édifiera les Sénégalais. J’ai commencé à travailler très tôt. Le premier milliard que j’ai gagné, je l’ai eu en 1993. Vous pouvez demander à Doudou Issa Niasse, le maire de Biscuiterie, qui est mon cousin et qui a tout le temps été avec moi en politique…On m’a convoqué et entendu à la DIC puis le Doyen des Juges m’a inculpé et placé sous contrôle judiciaire mais la chambre d’accusation m’a blanchie en disant que j’ai livré tout le matériel et qu’on ne m’a pas payé. Ce n’est pas le dossier des produits phytosanitaires qui m’a valu la prison. On m’a convoqué à la gendarmerie et on me parlait de blanchiment d’argent. Je ne veux pas citer de nom mais le gendarme s’est entretenu au téléphone avec une autre personne avant de revenir avec des copies de chèques du projet Jaxaay (tentes, bacs à ordures, moto-pompes). Je lui ai bien précisé que toutes les livraisons ont été faites...

Placée en garde-à-vue, le lendemain, j’ai été déférée…Je le jure devant Dieu que je suis innocente…Je n’ai jamais été ministre dans un gouvernement, administratrice de crédit, Directrice de société nationale. J’’ai été sénatrice, en 1998, maire d’arrondissement et je ne gérais pas de budget, conseillère de la République, secrétaire élue,… Je laisse tout entre les mains de Dieu. Ce qu’on m’a fait, c’est inédit dans l’histoire judiciaire du Sénégal. Qu’est-ce que j’ai à voir avec la CREI ? Je n’ai jamais géré de deniers publics. Il y a anguille sous roche. Je suis tranquille avec ma conscience...».
 
«Je suis au PDS, j’y reste»
«Si maintenant, on me traîne dans la boue à cause de mes appartenances politiques, je ne peux qu’accepter parce que je suis au PDS (Parti Démocratique Sénégalais) et j’y reste. Je suis avec Abdoulaye Wade, je ne vais jamais renier mes convictions. J’ai travaillé à la sueur de mon front. On me met dans trois (3) ou quatre (4) procédures, on m’amène à la CREI, au premier Cabinet, au deuxième Cabinet,…Tout ça, c’est pour des raisons politiques mais j’accepte la volonté divine. Je remercie mes avocats qui pendant trois (3) ans, ont porté le combat avec moi, sans aucun sou. Ils n’ont rien reçu de moi parce que tous mes comptes sont bloqués. Depuis décembre 2013, tous mes comptes sont bloqués, mon compte personnel ainsi que les comptes de mes entreprises. Ce qu’on m’a fait, on ne l’a jamais fait à quiconque dans ce pays…».
 
«Macky Sall est mon petit-frère»
Le président de la République, Macky Sall était l’absent le plus présent ce vendredi lors de la conférence de presse d’Aïda Ndiongue aux côtés de quatre (4) de ses avocats. Dans ses propos, la responsable libérale le dit à haute et intelligible voix: «Macky Sall est mon petit frère». Et ce n’est pas aujourd’hui alors qu’il est au pouvoir et elle dans l’opposition que cet état de fait changera. Le constat étant tout simplement fait par Aïda Ndiongue que «ce petit frère» n’aurait pas dû laisser faire ce qu’on est en train de lui faire…De l’acharnement injustifié et inqualifiable». 


Samedi 20 Août 2016 - 00:01



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