«Alda et Maria», fuir l'Angola, subir le Portugal

Comment raconter l’histoire de l'Angola, cette ancienne colonie portugaise ? «Alda et Maria» (Por aqui tudo bem) de Pocas Pascoal nous fait vivre avec une grande maîtrise l’épopée de deux jeunes sœurs angolaises qui débarquent à Lisbonne en 1980, fuyant la guerre civile d’Angola. Après avoir reçu le prix du meilleur film à Los Angeles en 2012 et le prix de l’Union européenne au Fespaco de Ouagadougou en 2013, cette histoire sort ce mercredi 14 janvier sur les écrans en France.



Cheila Lima et Ciomara Morais dans « Alda et Maria » de Pocas Pascoal. JHR Films
Cheila Lima et Ciomara Morais dans « Alda et Maria » de Pocas Pascoal. JHR Films

« Ils voulaient leur indépendance et maintenant ils s’entretuent et débarquent chez nous ». La réalisatrice angolaise Pocas Pascoal enquête sur l’histoire tragique de l'Angola après l’indépendance.

On est en 1980, les deux sœurs Alda et Maria, 16 et 17 ans, sont envoyées par leur mère à Lisbonne pour ne pas devenir de la chair à canon et échapper à la violence de la guerre civile dans l’ancienne colonie. Le père, médecin, a déjà été assassiné, la mère, accusée d’activités subversives, craint pour la vie de ses filles et veut les rejoindre le plus vite possible au Portugal. Mais le destin en décide autrement. Abandonnées et renvoyées à elles-mêmes, elles sont confrontées aux blessures, à la haine et la détresse engendrées par l'histoire coloniale qui ne passe pas et à une guerre civile qui s’éternise.

Por aqui tudo bem, cette histoire, la réalisatrice l’a personnellement vécue. Née à Luanda, elle a été contrainte quitter son pays natal à cause d’une guerre civile meurtrière. Peut-être est-ce pour cela qu'elle réussit à nous faire vivre une histoire dense et bouleversante sans aucun artifice cinématographique. Le prix à payer pour le spectateur, c’est une exhaustivité quasi documentaire dans la description qui épuise parfois l’attention, mais enrichit finalement le récit. La caméra suit les deux sœurs errant avec leurs valises dans la ville et nous avec. Avec un cadrage rigoureux et des travellings sobres, Pocas Pascoal nous envoie dans les ruelles de Lisbonne pour suivre les méandres d’une histoire aussi individuelle que collective, partagée par l’Angola et le Portugal.


Rfi.fr

Mercredi 14 Janvier 2015 - 11:14



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