Alerte tuerie à Bamako: enlèvements et exécutions sommaires de soldats font légion près de Kati

Le restant des soldats qui avaient pris part à la mutinerie contre le général Sanago au camp militaire de Kati ont la peur au ventre. Certains des leurs ont été tout simplement assassinés dans des conditions mystérieuses et dramatiques. Le Colonel Youssouf Abdoulaye Traoré est porté disparu. Le lieutenant Dramane Sissoko, mort dans des conditions mystérieuses, le soldat Lassine Keïta dit «Rougeaud» a été enlevé et son corps a été trouvé et plus d’une dizaine de morts et de disparus sont notés.



Alerte tuerie à Bamako: enlèvements et exécutions sommaires de soldats font légion près de Kati
La situation humanitaire au camp militaire de Kati est on ne peut plus dramatique. On tue en silence et il n’y a aucune réaction d’indignation ou de condamnation. Pour le moment, aucun communiqué n’a signalé dans ce sens. Le dernier est celui du gouvernement faisant état de la mise sous contrôle des mutins.
 
Des soldats et des gradés qui avaient participé au putsch du 22 mars 2012 mais aussi à la dernière mutinerie le 30 septembre dernier sont en train de disparaitre un à un. Le lieutenant Dramane Sissoko, le soldat Lassiné Keita dit «Rougeaud» et une dizaine de soldats sont morts ou disparu mystérieusement. A cette liste, il faut ajouter le colonel Youssouf Abdoulaye Traoré qui est porté disparu. Toutefois, son garde du corps qui était en même temps son chauffeur est retrouvé décapité. Aucun proche du Général Sanogo ne fait, curieusement, partie des militaires tués ou disparus.
 
Nos confrères de  «Le Républicain» du Mali citent le journal «Le Sphynx» dans son édition du 19 octobre : «on dirait, en tout état de cause, qu’il s’agit, non d’un règlement de comptes, mais d’une élimination de témoins gênants. Et l’on comprend, sous ce prisme, pourquoi le capitaine Konaré a préféré se rendre lui-même aux autorités ».
 
Cette thèse a été confirmée au Républicain par un officier malien qui soutient que «ce n’est pas seulement la mutinerie qui explique cette situation. Ce n’est pas non plus un problème de galons et de positionnement. Il s’agit d’une affaire interne entre eux».
 
Outre des officiers, on signale que dans les rangs, il règne une certaine psychose liée à une enquête internationale. «Comme ils ont peur d’être épinglé ou traduit devant la Justice internationale, ils suppriment de manière sauvage des témoins gênants».
 
Malheureusement, devant ce feuilleton macabre qui touche même la hiérarchie militaire, personne ne pipe mot. Ni du côté de la Direction des Informations et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), ni au département de la Défense encore moins du côté du gouvernement. C’est le silence radio total devant cette tuerie.


Jean Louis DJIBA

Mercredi 23 Octobre 2013 - 18:11



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