Algérie: les crânes des sept moines de Tibéhirine peuvent être autopsiés

Seize ans après, les autorités algériennes viennent de donner leur feu vert au juge français Marc Trévidic pour son enquête sur l’assassinat des moines de Tibéhirine. Il est autorisé à procéder à l'autopsie de leurs crânes. Le dossier est depuis des années une source de tension entre Paris et Alger.



Algérie: les crânes des sept moines de Tibéhirine peuvent être autopsiés

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine décennie noire, 7 moines du monastère de Tibéhirine près de Médéa, sont kidnappés pendant deux mois, avant d'être assassinés. Seules leurs têtes seront retrouvées.

Les autorités algériennes ont toujours mis en cause le Groupe islamiste armé (GIA) très actif dans la région. L'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibéhirine est d'ailleurs revendiqué à l'époque par le GIA de Djamel Zitouni
 

Hypothèse d'une bavure militaire

Mais en France, certains évoquent l’hypothèse d’une bavure militaire algérienne. Les familles demandent une enquête. Le juge Trévidic se charge de l’affaire, et suit dans un premier temps la piste islamiste, jusqu'au jour où le témoignage d'un ancien attaché militaire français en Algérie oriente le magistrat vers un autre scénario : selon ce général, les moines auraient été tués lors d'un raid de l'armée algérienne sur le camp du groupe armé qui avait enlevé les religieux français.

Le juge tente d'obtenir d'Alger qu'ils acceptent sa commission rogatoire, en vain. En cause, dans la liste des auditions, le juge français aurait demandé à voir plusieurs hauts responsables des services de sécurité.
 

Autorisation d'exhumer les têtes des 7 moines

En début de semaine, le juge s’est déplacé à Alger. Il a obtenu un accord de principe pour exhumer les têtes des 7 moines, qui sont aujourd’hui enterrées dans le monastère.

Il devrait pouvoir faire pratiquer une autopsie par des experts français et des experts algériens. Il reste maintenant à obtenir l’accord de l’Eglise.
 

Si le juge a eu l’autorisation nécessaire pour pratiquer les autopsies, la question des interrogatoires n’est pas claire. En effet, selon le journal algérien El Watan, Marc Trévidic a obtenu un accord de principe pour réaliser des interrogatoires avec une vingtaine de témoins, dont d’anciens terroristes repentis.

Or, selon Maître Baudouin, l’avocat des parties civiles, ces interrogatoires n’ont pas été autorisés par la justice algérienne. Et c’est ce qui pose problème depuis plusieurs années.


Rfi.fr

Vendredi 29 Novembre 2013 - 10:47



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