Aliou Sow décortique l’esprit estudiantin et conseille le pouvoir



Aliou Sow décortique l’esprit estudiantin et conseille le pouvoir
 
Ancien dirigeant du mouvement et aujourd’hui enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), l’ancien responsable libéral et ministre sous Wade qui se dit candidat pour la prochaine présidentielle de 2017, Aliou Sow se désole de « l’ampleur de la violence dans l’espace universitaire ». « Un espace de lumière où au moins pour y entrer, il faut avoir le baccalauréat, pour avoir le doctorat ou au minimum le master 2…Malheureusement aujourd’hui, ce qui se passe ici ne se trouve pas dans les espaces des zones les plus violentes » selon Aliou Sow qui précise qu’il y a eu pire situation que celle d’aujourd’hui avant de conseiller le régime en place.


« Mais il ne faut pas condamner ces étudiants. Cela ne commence pas aujourd’hui. On a connu mai 1968 dans le monde, on a connu 1988, 1994, 2000 et depuis lors cela va crescendo. Au lieu de se focaliser sur les conséquences que sont les violences actuelles, il faut étudier les causes. Les étudiants ont toujours prévenu le gouvernement d’hier comme d’aujourd’hui quant à leur exigence d’être impliqués dans toutes les décisions qui concernent les universités parce que l’esprit estudiantin est le suivant : tout ce qui se fait sans moi, ce fait contre moi. On ne peut pas réformer sans pour autant qu’ils soient impliqués de bout en bout, donner leur points de vue. Il est évident que l’augmentation de l’inscription est assez importante mas aussi on ne peut pas maintenir les mêmes frais d’inscriptions de 1958 à nos jours » indique le leader  du Mouvement des Patriotes pour le Développement (MPD/Liggey) qui souligne.

« Tout doit nécessiter une discussion, une sensibilisation pour que l’étudiant pour qui l’université est créée également comprenne que tout se fait pour eux et dans ce cadre là tel que je connais ces étudiants là, ils sont responsables, il ne faut pas aussi les diaboliser. Mais ce qui me fait mal dans la situation actuelle, c’est que dans leur approche parfois ils réussissent à dresser aussi bien les enseignants chercheurs contre eux car leur violence est orientée contre tout le monde. C’est une façon mais la réaction du gouvernement également jouer à se faire peur, mobiliser les forces de l’ordre, cela ne pourra jamais démobiliser les étudiants. Il faut cartes sur table négocier, démontrer en quoi, ils vont gagner dans les réformes et intégrer d’autres observations pour que l’on puisse avoir un espace apaisé ».


Samedi 21 Décembre 2013 - 00:55



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