Analyse: Une leçon de démocratie venue de chez Sarko

Décidément, il ne faut pas complètement désespérer de la France. Quand on a assisté, effaré, à la prise du pouvoir du petit Napoléon de l’Ump, on s’était frotté les yeux.



Analyse: Une leçon de démocratie venue de chez Sarko
Comment le pays du grand Charles de Gaulle avait pu s’offrir, avec autant de docilité, à une caricature de nouveau riche qui n’avait rien trouvé de mieux que de fêter son accession à la magistrature suprême par une petite virée au Fouquet’s ? Comment la France avait pu avoir les yeux de Chimène pour un Rastignac qui étalait avec autant de vulgarité sa rolex, son t-shirt floqué « NYPD » et sa… Carla ? Comment le pays de Robespierre et de Saint-Just avait pu assister à la transformation de cette vieille démocratie en une monarchie où un gamin qui a du mal à terminer son Deug et qui n’a aucun autre mérite que d’être le fils de son président de père, est proposé à la présidence de l’Epad?

Mais heureusement, que les descendants de nos bons vieux ancêtres les Gaulois, en bons schizophrènes, comme l’a du reste reconnu avec beaucoup de lucidité le vibrionnant locataire de l’Elysée, restent un peuple à la fois royaliste et régicide. En témoigne, l’acte courageux posé par Bernard Accoyer. Malgré de très fortes pressions venues de l’Elysée, le Président de l’Assemblée nationale française, pourtant un Ump pur jus, a autorisé le groupe parlementaire Ps, minoritaire, à ouvrir une commission d’enquête sur l’affaire des sondages commandités par l’Elysée. Avec un argumentaire implacable, le président de l'Assemblée nationale a tenu à préciser sa position et à rappeler qu'il s'était scrupuleusement conformé au règlement de l'Assemblée : « Il n'est pas d'usage que l'exécutif fasse des remarques sur la façon dont le Parlement doit se saisir de tel ou tel problème. C'est aussi une question de séparation des pouvoirs ».

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le courageux parlementaire a estimé qu'il fallait « avoir une lecture suffisamment large pour ne pas circonscrire les droits du Parlement en matière d'investigation ». Cette leçon d’indépendance, de démocratie et tout simplement de dignité, devrait être méditée du côté de la Place Soweto transformée en Parlement-croupion. Où, le petit doigt sur la couture du pantalon, nos honorables parlementaires, exception faite d’une poignée de députés qui font honneur à leur serment de servir le peuple, votent, les yeux fermés, les lois les plus scélérates, les plus iniques, les plus loufoques, avec un zèle incroyable. Et si la France, dans un élan de générosité incommensurable, nous prêtait M. Accoyer pour trôner à la tête de notre très auguste Assemblée nationale, le reste d’une législature qui aura gravement entaché la crédibilité de nos institutions ?


Barka BA


Mame Coumba Diop

Jeudi 12 Novembre 2009 - 22:23



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