Appel du khalife général pour un retour vers l’agriculture : de la nécessité de mettre l’ISRA au cœur du processus



Appel du khalife général pour un retour vers l’agriculture : de la nécessité de mettre l’ISRA au cœur du processus
Nous avons été et nous sommes encore nombreux à saluer le discours du Khalife Général des Mourides lors du Magal de Touba 2013, notamment son appel à un retour des jeunes à l’agriculture et au développement de ce secteur clé de notre économie. Nous sommes tous d’accord que ce secteur qui concerne quelques 70% des sénégalais doit bénéficier de beaucoup plus d’attention et mobiliser tous les citoyens, les autorités étatiques au 1er chef. Le président de la République, Macky Sall, semble l’avoir compris avec son envie déclarée de booster l’agriculture et arriver à une autosuffisance alimentaire dans les 5 prochaines années au Sénégal. Nous applaudissons des deux mains l’appel de Serigne Sidy Moktar Mbacké et le vœu pieux du Chef de l’Etat. Le khalife a fait son devoir et espérons qu’il sera entendu ; mais le Président Macky Sall devra aller plus loin que le discours. Et pour ça, à mon humble avis, il lui faudra se reposer sur les institutions de recherche agricoles et agroalimentaires du pays, particulièrement sur l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA). Oui, on ne pourra pas développer notre agriculture et arriver à une autosuffisance alimentaire sans l’implication forte et durable de l’ISRA qui est un institut de recherches de références en Afrique de l’Ouest, en particulier et en Afrique, en général. Développer l’agriculture veut dire mettre à la disposition des paysans des semences et autres intrants de qualité et diversifiés. A ce niveau, l’ISRA est arrivé à des résultats assez impressionnants : des variétés à haut rendement de maïs, de sorgho, de riz (5 variétés homologuées et 6 nouvelles de type NERICA), de niébé, de bissap (6 variétés sélectionnées et diffusées), de manioc (89 variétés introduites du Nigéria), etc ont été sélectionnées et diffusées auprès des producteurs, rien que sur les cinq dernière années. Des variétés de blé à haut rendement ont été introduites et testées, ainsi que des variétés de haricot Mungo, entre autres. L’ISRA a également apporté son appui pour la reconstitution du « Capital semencier », en produisant 40 tonnes de semences de base d’arachide. Appréciable mais fort insuffisant pour l’agriculture sénégalaise surtout si l’on sait que l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) regorge des compétences et dispose, ainsi, d’un potentiel scientifique et technique qui lui permet d’entreprendre des recherches dans toutes les zones agro écologiques du pays et de prendre ainsi en charge les principales demandes des utilisateurs. Il suffit juste d’une volonté politique pour l’accompagner à différents niveaux. Le Chef de l’Etat sortant, Me Abdoulaye Wade, a mis les chercheurs de l’institut dans de meilleures conditions de travail et d’existence, à travers le nouveau règlement d’établissement ; le Président Macky Sall devra, lui, renforcer l’ISRA et ses chercheurs, en moyens matériels, financiers et techniques de premier ordre (selon les besoins exprimés) pour lui permettre de mener à bien sa mission d’accompagnement des politiques agricoles du gouvernement. Il y va de l’intérêt de notre économie surtout que l’ISRA est spécialisé dans les productions végétales, les productions animales, les productions forestières, les productions halieutiques et la socio-économie rurale. Comme pour dire que c’est l’institut transversal par excellence en ce qu’il touche l’agriculture, l’élevage et la pêche, poumons de l’économie du Sénégal.
Il est Indispensable que l’Etat du Sénégal mette l’ISRA, et partant l’ITA (Institut de Technologie Alimentaire) et l’ANCAR (Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural), au cœur du processus de développement agricole du Sénégal et d’autosuffisance alimentaire de ses populations.

Racine KANE
roots_kane@yahoo.fr




Racine KANE

Mercredi 16 Janvier 2013 - 13:56


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter