Après Allemagne-Argentine (1-0 a.p.), notre antisèche : Ce Messi ne pouvait suffire à l'Argentine

L'Argentine avait besoin d'un grand Lionel Messi pour battre l'Allemagne. Elle n'a eu que la version décevante du deuxième tour du Mondial. Notre antisèche.



Le jeu : L'Allemagne avait la maîtrise, mais c'est à l'usure qu'elle a eu le dernier mot

Le scénario était prévisible compte tenu du style des deux équipes. L'Allemagne a contrôlé le ballon (64% de possession sur l'ensemble du match) face à une équipe argentine repliée en défense avec deux lignes de quatre joueurs dans ses 40 mètres, et deux hommes en attaque pour tenter d'exploiter les contres. Pour que le plan de l'Argentine fonctionne, il fallait que ses attaquants soient efficaces, ce qui n'a pas été le cas (0 tir cadré). Un peu gênés par le passage de l'équipe d'Alejandro Sabella au 4-3-3 en deuxième période, les Allemands ont quand même gardé le monopole de cuir en exploitant bien la largeur du terrain grâce au travail de leurs latéraux. Ils ont continué à mettre la défense albiceleste sous pression. A force de plier, elle a fini par craquer dans la prolongation.

Les joueurs : Messi a laissé le costume de héros aux remplaçants allemands

Joachim Löw n'a pas eu le coaching facile, avec la blessure de Sami Khedira durant l'échauffement et celle de son remplaçant, Christoph Kramer, en première période. Malgré ce contexte délicat, le sélectionneur allemand a joué les bonnes cartes en lançant André Schürrle puis Mario Götze. Le premier a donné le seul but du match au second. Pour que ce dénouement puisse arriver, il a fallu que la défense allemande soit vigilante sur les contres argentins. Jerome Boateng et Mats Hummels ont parfaitement rempli cette mission, avec l'aide d'un Bastian Schweinsteiger très actif dans l'entrejeu. Benedikt Höwedes, qui a touché du bois, et Philipp Lahm ont bien contrôlé les couloirs. Devant, Thomas Müller a beaucoup travaillé à défaut d'être décisif. Mais Mesut Özil est resté discret.
Mario Götze est rentré à la place de Miroslav Klose en finale
Mario Götze est rentré à la place de Miroslav Klose en finale - AFP
De son côté, l'Argentine attendait beaucoup de Lionel Messi. Dans un contexte assez favorable, face à une équipe allemande qui a contrôlé le jeu et laissé quelques espaces, la Pulga a réalisé quelques percées intéressantes en première période. Mais il s'est éteint après la pause, et n'a jamais eu l'impact dont son équipe avait besoin pour aller chercher le trophée. Maladroit, Gonzalo Higuain a symbolisé l'inefficacité de l'attaque argentine où Ezequiel Lavezzi, très remuant, méritait autre chose que d'être sorti à la pause. Parfois à la limite dans leurs interventions, Pablo Zabalete, Martin Demichelis et Ezequiel Garay ont tenu le choc en défense avant de céder devant Mario Götze. Javier Mascherano n'a en revanche pas eu sa justesse habituelle dans le placement et la relance.
Lionel Messi, Pablo Zabaleta, Marcos Rojos et Rodrigo Palacio après la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014.
Lionel Messi, Pablo Zabaleta, Marcos Rojos et Rodrigo Palacio après la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014. - AFP

Le tournant qui n'a pas eu lieu : Higuain n'avait pas l'instinct du tueur

21e minute de jeu : L'Allemagne a maîtrise le jeu mais ne parvient pas à se créer des occasions. L'Argentine non plus, mais elle bénéficie soudain d'une situation extrêmement favorable. Sur une passe en retrait de la tête mal assurée, Toni Kroos lance Gonzalo Higuain vers le but de Manuel Neuer. Le buteur argentin se présente seul face au portier allemand, mais il se précipite et vendange totalement cette opportunité en croisant trop sa frappe. L'Albicelste vient de manquer sa meilleure occasion de prendre l'avantage dans cette finale. Elle n'en aura pas de plus belle. Et elle finira vaincue.
Gonzalo Higuain a pris l'avantage sur la défense allemande, mais il ne trouvera pas le cadre de Manuel Neuer.
Gonzalo Higuain a pris l'avantage sur la défense allemande, mais il ne trouvera pas le cadre de Manuel Neuer. - AFP

La stat : 3

Jamais deux sans trois. Après 2006 et 2010, l'Argentine a donc vu l'Allemagne mettre un terme à son parcours en Coupe du monde lors des matches à élimination directe une troisième fois consécutive. C'est une première dans l'histoire du Mondial. Et l'Albiceleste espère déjà qu'elle ne croisera pas la route de sa bête noire en 2018.

Le tweet qui nous a fait sourire

Tout le monde l'a reconnu. A commencer par Gonzalo Higuain.
A lire : Le choc Neuer-Higuain sous tous les angles

La décla : Joachim Löw (sélectionneur de l'Allemagne)

" C'était une Coupe du monde extraordinaire. Les gens, ici, donnent beaucoup d'énergie positive."
Miroslav Klose salué par Joachim Löw lors de la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014.
Miroslav Klose salué par Joachim Löw lors de la finale Allemagne - Argentine du Mondial 2014. - AFP

La question : Messi a-t-il manqué l'occasion de devenir le meilleur joueur de l'histoire ?

Après avoir remporté tous les trophées possibles en club avec le Barça, après avoir gagné le Ballon d'Or à quatre reprises, un record, il ne manquait à Lionel Messi que ce sacre international avec l'Argentine pour prendre place sur le trône des plus grands joueurs de l'histoire. L'occasion était idéale dans cette Coupe du monde. Parce qu'elle avait lieu au Brésil, et qu'un sacre chez l'ennemi juré aurait probablement placé la Pulga sur ce piédestal occupé par Diego Maradona depuis 1986 dans le cœur des Argentins. Parce qu'il était relativement frais aussi, après avoir été blessé durant une partie de la saison. Et enfin parce qu'il était la figure de proue d'une équipe taillée pour le mettre en valeur. Cette Coupe du monde avait tout pour être celle de sa consécration.
Son début de Mondial allait dans ce sens. Messi a marqué lors des trois victoires de l'Albiceleste au premier tour, et a été élu homme du match à chaque fois. Mais il n'a pas su tenir ce rythme. S'il a été encore décisif en donnant le but de la victoire à Angel Di Maria face à la Suisse (1-0 a.p.), le joueur du Barça est resté muet, et discret, par la suite. Il avait une occasion magnifique d'inverser la tendance lors de cette finale. Au contraire, elle a été confirmée au cours d'un match où Messi n'a pas eu le rendement que son statut appelait. Même si la FIFA l'a nommé meilleur joueur du tournoi, l'Argentin n'a pas réalisé le Mondial qui lui aurait permis de devenir le plus grand. En attendant une éventuelle opportunité en Russie, les quatre prochaines années vont lui paraître bien longues.

eurosport.fr

Lundi 14 Juillet 2014 - 16:45



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