Après les députés, Ousmane Sonko aborde la politique fiscale: «Le système reste à être performant»



Telle une bombe, sa dernière sortie en date de ce samedi lors d’une conférence sur la charge fiscale entre tous les contribuables, continue de retentir. «Ce qui est constant, c’est qu’il n'y a pas de reversement d'impôts de l'Assemblée Nationale», déclare Ousmane Sonko, Inspecteur principal des Impôts. «Je suis tout à fait surpris par l’ampleur que cette information a eu dans la mesure que ce n’était pas la première fois que j’en faisais la révélation. A deux (2) reprises lors de débats, j’en ai fait l’allusion et cela n’a pas été repris à ce niveau mais je rappelle que la déclaration a été faite le samedi passé dans le cadre d’une conférence publique que je donnais dans le cadre des samedis de l’économie. Evidemment lors du déroulement de la conférence, m’étant rendu compte qu’il y avait des parlementaires dans la salle, j’ai lancé comme une boutade en disant d’ailleurs que je ne comprenais pas pourquoi les députés ne reversaient pas l’impôt à la source. La conférence traitait de la répartition de la charge fiscale entre tous les contribuables », détaille-t-il.

Par ailleurs leader du parti «Patriote du Sénégal pour le Travail, l'Ethique et la Fraternité» (PASTEF), Ousmane Sonko croit «qu’aucun Sénégalais ne peut comprendre cela maintenant, il y a plusieurs niveaux d’analyses, soit la retenue n’a pas été opérée, parce que cet aspect-là, je ne peux pas la vérifier, j’ai entendu des députés déclaraient que sur leur bulletin, il y avait une retenue, lesquels bulletins, je n’ai pas eu la chance de les examiner. Si la retenue n’a pas été opérée, évidemment, c’est une fraude fiscale qui ne dit pas son nom de la part de l’Assemblée nationale et des députés. Si les retenues ont été opérées et non reversées, c’est pire encore parce que là, on est dans une fraude fiscale doublée d’une délinquance fiscale…Le terme n’est pas trop fort. C’est grave et c’est passible de poursuites pénales».
Et d’ajouter : «Cette situation, je le dis ne date pas de cette législature, c’est beaucoup plus longtemps et ce n’est pas seulement l’Assemblée nationale…Le défunt Sénat a laissé une ardoise fiscale qu’il n’a jamais honorée. Donc c’est ridicule même de parler de quelqu’un qui est parti à la retraite depuis 2012 et que les chèques viennent d’être signés. Cela ne se passe même pas comme ça,…».


Soulignant que «c’est un gros problème au Sénégal», Ousmane Sonko invité du 20 heures sur la Tfm, aborde la politique fiscale. «Quand vous examinez la structure fiscale au Sénégal, on a fait tout un tintamarre récemment sur l’atteinte d’objectifs autour de 3.022 milliards et les recettes fiscales font 1.700 milliards », ironise le leader de PASTEF. Et de poursuivre : «Quand vous examinez la structure de ces recettes fiscales-là, vous vous rendez compte d’un certain nombre de choses, la première chose, c’est que la plus grande barre, 1.300 milliards quasiment représente la TVA donc de l’imposition indirecte. Nous dépendons beaucoup plus de l’importation et des taxes à l’intérieur. Quand vous regardez la structure fiscale des pays développés, vous allez avoir du 50-50 peut-être un peu plus pour les impôts directs… ».

Ensuite, déclare l’Inspecteur des impôts : «A l’intérieur des impôts sur le revenu, vous vous rendez compte que les salariés paient beaucoup avec seulement 200 milliards pour les sociétés…Sur les impôts indirects, il est évident que c’est le consommateur qui supporte la TVA. L’entreprise n’a qu’une charge administrative de collecter et de reverser mais ne supporte et ça, cela fait 1.300 milliards… ». «Le constant est que le système fiscal reste à être performant», marque Ousmane Sonko. 


Jeudi 12 Mai 2016 - 22:39



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