Après une double agression homophobe au Maroc, les réseaux sociaux s’enflamment

Au Maroc, c'est en train de devenir « l’affaire de Beni Mellal ». L’agression de deux homosexuels, dans cette ville de l’est du royaume, provoque l’indignation. La vidéo circule sur Internet depuis quelques jours et ce qui choque, outre la violence des images, c'est aussi le fait que les victimes sont poursuivies par la justice.



L’agression a eu lieu début mars, mais les images ont commencé à circuler plus tard sur Internet. Sur la vidéo, deux hommes nus, le visage en sang, frappés, insultés, sont traînés jusque dans la rue. Des images violentes, que la plupart des sites d’information en ligne ont d’ailleurs choisi de décrire sans les montrer.
 
Mais au-delà de cette violence, ce qui fait réagir de nombreux internautes marocains, c’est le sort réservé par la justice aux victimes. L’un des hommes agressés a été condamné à de la prison ferme, à une peine plus lourde que celle de son principal agresseur. Et l’autre doit comparaître ce lundi 4 avril 2016 au tribunal, pour homosexualité.
 
Cette affaire relance donc le débat sur la criminalisation de l’homosexualité au Maroc. Une pétition en ligne réclame l’abrogation de l’article 489 du Code pénal. Article qui prévoit une peine allant jusqu’à trois ans de prison pour « un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ».
 
« Banalisation de la violence contre les homosexuels marocains »
 
Des écrivains et éditorialistes marocains prennent la parole. Sur Facebook par exemple, une tribune de Leïla Slimani, titrée « Si j’avais été un homme à Beni Mellal », a beaucoup circulé. L’auteure de Dans le jardin de l'ogre se demande ce qu’elle aurait fait si, au lieu de naître dans un quartier bourgeois de Rabat, la capitale, elle était née homosexuelle dans la petite ville de Beni Mellal.
 
Leïla Slimani se demande aussi ce qu'elle aurait fait si, au lieu d’avoir des parents qui lui ont appris « qu’aucune religion ne justifie la haine et la violence », elle était née persuadée qu’il faut « enfermer les débauchés, les adultérins, les femmes non mariées et non vierges et les homosexuels ».
 
Même révolte sur Liberation.fr, chez l'écrivain Abdellah Taïa, qui se décrit comme homosexuel et musulman, révolté face à la « banalisation de la violence contre les homosexuels marocains dans leur pays ». Ce qui le rend encore plus triste et inquiet, écrit-il, « c’est le silence assourdissant des responsables politiques marocains ».
 
Agressés ou agresseurs, chacun ses tords pour la justice marocaine
 
Face au phénomène, les politiques réagissent plutôt timidement. Le site Telquel.ma est allé en interroger quelques-uns. Il y a ceux qui condamnent surtout la violence et le fait de se faire justice soi-même ; ceux qui réclament aussi la fin de la criminalisation de l’homosexualité ; ou encore ceux qui, comme le ministre de la Justice, renvoient agresseurs et agressés dos à dos.
 
« C’est à la justice de trancher, dit le ministre. S’il s’avère qu’ils sont homosexuels, la justice les punira. Et s’il s’avère qu’ils ont été agressés, les agresseurs seront punis à leur tour. »
 
Pas question pour le parti islamiste au pouvoir de réformer la loi. Il est d'ailleurs suivi par une partie de l'opinion publique, une population qui ne s’exprime pas forcément sur Internet mais qui campe sur ses positions. On voit donc que cette affaire divise la société marocaine.

Source: Rfi.fr


Lundi 4 Avril 2016 - 08:05




1.Posté par Diclaf le 04/04/2016 17:29
Non mais comment vous pouvez écrire que les agressés ont leurs torts?! Même si vous reprenez les mots de la justice Marocaine ("Agressés ou agresseurs, chacun ses tords pour la justice marocaine"). Relayer de tels propos c'est les soutenir.
Non Non Non et Non les torts sont sur les agresseurs qui sont des criminels qu'il faut enfermer ...voire plus...

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