Arrestation et inculpation de l'ex-Premier ministre burkinabè Luc-Adolphe Tiao

Luc-Adolphe Tiao, ancien Premier ministre de Blaise Compaoré a été arrêté, inculpé et écroué. L'ancien premier ministre de Blaise Compaoré en exil à Abidjan était rentré la semaine dernière pour être entendu par la gendarmerie dans le cadre de l'enquête sur les victimes de l'insurrection populaire d'octobre 2014. Mardi dernier Luc-Adolphe Tiao a été entendu par les enquêteurs à Ouagadougou. Il a été, ce vendredi 16 septembre, placé sous mandat de dépôt et été inculpé pour «assassinat».



 
Luc-Adolphe Tiao a été arrêté et déféré à la Maison d’arrêt de correction de Ouagadougou. Dans le cadre de l‘instruction du dossier sur l’insurrection populaire, il est accusé de coups et blessures volontaires, de complicité de coups et blessures involontaires, assassinat et complicité d’assassinat, selon le procureur de la Haute cour de justice.
 
« Il a été inculpé d'assassinat, de coups et blessures volontaires et de complicité de tous ces actes-là », a précisé le magistrat.C'est la première inculpation concernant les 33 personnes tuées (selon le bilan officiel) lors des manifestations anti-Compaoré d'octobre 2014 qui avait conduit à la chute du régime.
 
Il est rentré de Côte d’Ivoire il y a quelques jours, où il était en exil, pour répondre à la convocation de la gendarmerie burkinabè dans le cadre de la commission rogatoire de la Haute cour de justice pour son rôle dans l’insurrection populaire.
 
Luc-Adolphe Tiao était par ailleurs accusé d’avoir signé une réquisition autorisant aux forces de défense et de sécurité l’usage de la force en cas de troubles à l’ordre public lors des manifestations contre le projet de modification de la Constitution.
 
Plusieurs autres ministres de son gouvernement avaient également été auditionnés le 6 septembre dernier dans le cadre de la même affaire, mais ils avaient tous regagné leurs domiciles.
 
« Un grand prisonnier politique »
 
Au niveau du parti de l'ex président Blaise Compaoré, c'est avec « une très grande douleur » que la nouvelle de l'arrestation de l'ex-Premier ministre a été reçue selon Alpha Yago, chargé du mouvement associatif au sein du congrès pour la démocratie et le progrès. Il pense que cette arrestation ne contribuera pas à apaiser le climat social et que Luc-Adolphe Tiao devient ainsi « un grand prisonnier politique ».
 
Si Juliette Bonkoungou, membre du Haut conseil du CDP, se dit « très attristée » par la nouvelle, elle dit garder en tête que « en tant que juriste, je sais qu’inculpation ne veut pas dire culpabilité » et souhaite « les règles nationales et internationales en matière de procédure et de justice puissent être respectées ». Elle salue par aileurs « le courage » de Luc-Adolphe Tiao qui « après l’interpellation de ses ministres, a pris la décision de rentrer et de faire face à son destin ».

Rfi.fr

Samedi 17 Septembre 2016 - 09:36



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