Arrestations de ressortissants sud-africains en Chine

Alors que le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa est en visite officiel à Pékin, dix ressortissants sud-africains ont été arrêtés dans le nord de la Chine lors d'une visite touristique. Cinq d'entre eux pourraient même être inculpés. Pékin les soupçonnerait d'avoir des liens avec une organisation terroriste.



Les arrestations de ressortissants sud-africains surviennent en pleine visite officielle du vice-président, Cyril Ramaphosa, en Chine. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Les arrestations de ressortissants sud-africains surviennent en pleine visite officielle du vice-président, Cyril Ramaphosa, en Chine. REUTERS/Siphiwe Sibeko

L'Afrique du Sud est perplexe. Dix de ses ressortissants ont été arrêtés alors même que son vice-président est en visite officielle en Chine. Les détails sont flous et le gouvernement sud-africain reste vague.

Les dix personnes en question faisaient apparemment partie d'un groupe de touristes qui visitaient le nord du pays, la région de la Mongolie intérieure, quand ils ont été arrêtés. Les autres membres du groupes sont des Britanniques et un Indien. « C’était un voyage pour explorer la Chine ancienne », écrit l’organisation humanitaire Gift of the Givers  sur sa page Facebook, dont font partie les 20 touristes. Celle-ci, basée en Afrique du Sud se dit, sur son site internet proche du soufisme. Un voyage qui « a tourné horriblement mal le vendredi 10 juillet ». A peine arrivés à l’aéroport d’Ordos en Mongolie Intérieure, les touristes – dix Sud-africains, neuf Britanniques et un Indien – ont été arrêtés.

Des liens avec des groupes terroristes ?

C’est seulement 48h après que l’agence de voyages s’est rendu compte que quelque chose n’allait pas, relate notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt. « Leurs téléphones ont été confisqués, ils n’ont pu alerter ni leurs ambassades ni leurs familles », écrit l’association dans un communiqué. La police accuserait certains d’entre eux d’avoir visionné des « vidéos de propagande » dans leur chambre d’hôtel et « d’être liés à un groupe terroriste ».

 

Pékin les soupçonnerait donc d'avoir des liens avec une organisation terroriste. Pour Imtiaz Sooleman, directeur d'une ONG sud-africaine contacté par les familles de ceux qui ont été arrêtés, les accusations sont très imprécises. « Au départ, les raisons données étaient que quelqu'un dans le groupe est soupçonné d'avoir des liens avec une organisation terroriste, sans nommer quelle organisation. Puis les autorités ont dit qu'elles soupçonnaient des liens avec une organisation interdite. Puis ils ont dit que certaines personnes regardaient une vidéo de propagande. Quel type de propagande ? Sur quoi ? Nous n'en savons rien », s’inquiète Imtiaz Sooleman, qui évoque la possibilité d'un malentendu.

Des membres de l'ANC

Lors d'un point avec la presse, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a indiqué que cinq des ressortissants étaient sur le point de rentrer et que des négociations étaient en cours pour les autres, sans donner plus de précision.

Une affaire toutefois embarrassante et d'autant plus surprenante que parmi le groupe se trouve des hommes d'affaires, des médecins, et plusieurs membres de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du sud. Interrogée sur l'impact sur les relations entre les deux pays, la ministre des Affaires étrangères n'a pas répondu.


Rfi.fr

Jeudi 16 Juillet 2015 - 07:35



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