Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon: 3 ans après, un silence d’Etat?

Il y a tout juste trois ans, le 2 novembre 2013, nos collègues Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient assassinés à Kidal, dans le nord du Mali, alors qu’ils couvraient la tenue des élections législatives. Depuis, l’enquête ne progresse que très lentement : le double assassinat a rapidement été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique, mais aucun responsable n’a pu être capturé et les circonstances de leur enlèvement puis de leur assassinat demeurent très floues.



Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon: 3 ans après, un silence d’Etat?
Dans un communiqué, l'association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon dénonce un « silence d'Etat » : ils ne croient plus aux promesses des autorités, qui ont toujours assuré qu'elles mettaient tout en œuvre pour punir les assassins de nos confrères et connaître la vérité sur leurs motivations. Pour l'association, si l'enquête judiciaire n'avance pas, c'est parce que « l'Elysée et la Défense en savent beaucoup plus qu'ils n'en disent ».

« L'Etat sait qui les a tués mais ne veut pas le dire. » Voilà ce qu'affirment dans un communiqué les amis de Ghislaine et Claude. Pour eux, l'omerta entretenue au plus haut sommet de l'Etat ne fait plus de doute. Une conviction renforcée, ces derniers mois, à mesure que sont apparus de nouveaux éléments qualifiés de « troublants ». Ils s'interrogent notamment sur les déclarations sibyllines du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui, en mars dernier, leur a répété, à propos de nos deux collègues : « Ils ont été trahis ». Sans jamais en dire davantage.

Il y aussi cette confidence de François Hollande à deux journalistes du Monde, révélée dans un livre paru en octobre. On y apprend que le 7 novembre 2013, quatre jours seulement après le drame, le chef de l'Etat a déclaré que l'otage Serge Lazarevic (enlevé en novembre 2011 dans le nord du Mali, puis libéré en décembre 2014), était « sans doute détenu par ceux qui ont tué les journalistes ». Dans ces conditions, pourquoi les autorités françaises ont-elles toujours nié un quelconque rapport entre le drame de Kidal et les négociations liées aux otages français détenus au Sahel ? Les proches de Ghislaine et Claude s'interrogent. Et voudraient aujourd’hui que cette piste soit explorée. Sans oublier que les derniers otages d'Arlit ont été libérés quatre jours seulement avant le drame de Kidal.

Un lien avec la libération des otages d’Arlit ?

Existe-t-il un lien entre la libération de Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Feret, les derniers otages d’Arlit, le 29 octobre 2013 et le double assassinat des reporters de RFI le 2 novembre suivant ? Depuis le début, cette question taraude les proches de Ghislaine et Claude et ceux et celles qui travaillent sur ce meurtre resté jusqu’ici inexpliqué.

Plusieurs éléments autorisent ce rapprochement, à commencer par la proximité de lieu et de temps. Les otages d’Arlit ont été libérés quatre jours seulement avant le 2 novembre, dans la même région de Kidal. A l’époque, cette libération suscite beaucoup de questions, notamment à propos de la rançon. A qui a-t-elle été versée ? Certains intermédiaires se seraient-ils sentis lésés dans le partage de l’argent ?
Un autre otage français était alors toujours détenu par Aqmi : Serge Lazarevic. Des tentatives de libération de ce dernier auraient échoué à cette même époque, selon des propos tenus par Serge Lazarevic lui-même après sa libération. Ghislaine Dupont et Claude Verlon pouvaient alors devenir une monnaie d’échange inespérée pour tous ces mercenaires de la prise d’otages.

Autre élément troublant : dans toutes ces affaires reviennent les mêmes personnages clés, connus des militaires et des services français. Abdelkrim el-Targui, l’un des patrons d’Aqmi au Mali, tué par les forces françaises en mai 2015… mais aussi toute une famille de Touaregs de Kidal proches d’Abdelkrim el-Targui et passée maître dans l’enlèvement d’Occidentaux : la famille Ag Hita. Selon notre enquête, la plupart des présumés auteurs de l’enlèvement et de l’assassinat de nos confrères appartiennent de près ou de loin à cette famille jihadiste.

Pour les proches des victimes il est difficile de comprendre pourquoi les forces françaises en possession de tous ces éléments n’ont pas réussi, en trois années d’enquête, à mettre la main sur les membres de ce commando. Déjà, le 2 novembre 2013, les militaires français arrivés sur le lieu du crime ont vu un homme prendre la fuite… sans intervenir.

Une déclassification « extrêmement partielle » et des parties civiles frustrées

En début d'année, une centaine de documents de la Défense nationale a été déclassifiée. Ces renseignements militaires apportent quelques éclaircissements, mais demeurent cependant très parcellaires.

« Nous attendions cette déclassification avec une grande impatience, et notre frustration est à la mesure de cette impatience, déplore Caty Richard, avocate des parties civiles. Cette déclassification est extrêmement partielle. On se rend compte que l’armée a bien voulu nous dire quelques bribes, mais de grands pans de la vérité restent cachés derrière le "secret défense". Ce que nous avons pu obtenir nous confirme dans l’idée que l’armée sait beaucoup de choses, et qu’elle savait beaucoup de choses avant la justice. On peut déplorer ce cloisonnement extrêmement épais entre les autorités judiciaires et l’armée. Il y a un sentiment de frustration et une forme de rage : si certaines choses avaient été connues plus tôt, on aurait pu investiguer dessus plus tôt. C’est dommage de se rendre compte que chacun travaille de son côté. Nous déplorons vraiment l’absence de communication entre l’autorité judiciaire et les militaires. »

Les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon réclament par ailleurs l'audition de plusieurs témoins jugés majeurs. Certains sont en France, identifiés depuis longtemps, d'autres sont au Mali : à Kidal bien sûr, où il est toujours difficile de se rendre, mais aussi à Bamako, la capitale. Certains de ces témoins sont même officiellement sous les verrous. L'association des amis de Ghislaine et Claude voudrait aussi que des responsables de la Minusma soient à nouveau entendus, car ils l'ont été, estiment-ils, à un stade trop précoce de l'enquête. La Minusma était chargée de sécuriser Kidal.

Commanditaires et exécutants : tous morts ou en fuite

Que sont devenues les personnes soupçonnées d'avoir commandité ou mis à exécution l'enlèvement et l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ? Ils sont tous morts ou en fuite, ce qui ne contribue pas à rassurer tous ceux qui veulent que la lumière soit faite.

Abdelkrim el-Targui est présenté comme le commanditaire de l’opération, car c'est sa katiba, Al Ansar, qui revendique l'assassinat le 6 novembre. El-Targui est tué en mai 2015 dans l'extrême nord-est du
Mali par les forces spéciales françaises, selon le ministère français de la Défense, qui annonce conjointement la mort d'Ibrahim Ag IIawalen, soupçonné quant à lui d'avoir transmis la revendication.
Au sein du commando de quatre hommes qui kidnappe puis assassine les deux journalistes, un nom émerge dès le lendemain du drame : Baye ag Bakabo, le propriétaire de la voiture utilisée. A-t-il depuis été tué dans des combats en juillet 2015 ? Une probabilité, selon des sources militaires françaises. A moins qu’il soit mort en janvier 2016, comme le pense une source sécuritaire malienne. Avec la possible élimination d'un autre membre présumé du commando en octobre 2014, c'est aujourd'hui la moitié des exécutants qui aurait disparu. « Notre priorité, c'est de neutraliser ceux qui ont du sang français sur les mains », affirme une source militaire française, recoupant d’autres déclarations similaires émanant de la même institution.

Guetteur ou intermédiaires présumés, le cas des complices pose également question. En novembre 2013, les forces françaises arrêtent et remettent aux autorités maliennes une vingtaine de suspects. Au moins six d'entre eux, dont quatre seraient liés à l'enlèvement selon l'armée française, sont relâchés. Des suspects libérés, des assassins présumés éliminés : du côté des parties civiles, on dénonce des pratiques incompatibles avec la mise en lumière de la vérité.

Le risque de l’élimination de tous les suspects
Depuis le début de l'enquête, au moins deux suspects ont donc déjà été tués par l'armée française, peut-être davantage selon certaines sources militaires. Cela ne risque-t-il pas d'entraver l’enquête judiciaire ? C'est ce que craint l'avocat maître Christophe Deltombe, qui avait été choisi par la mère de Ghislaine Dupont pour la défendre en novembre 2013 et qui est, par ailleurs, membre de l'association des Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Pour lui, chaque suspect éliminé éloigne un peu plus les parties civiles de la vérité : « Le problème, c’est que les personnes qui sont peut-être incriminables dans ce dossier, à un titre ou à un autre, commencent à disparaître les unes après les autres. Tout simplement parce qu’elles ont été tuées. Quand les quelques personnes qui sont nommées dans le dossier auront été tuées, il n’y aura plus de dossier ! C’est ma grande crainte. Au-delà des personnes, il y a les motivations, les raisons de cet enlèvement et de cette exécution. Au-delà d’un problème de défense et de lutte contre des groupes extrémistes, il y a besoin d’une œuvre de justice. Il faut essayer de satisfaire les deux. »

Ces suspects éliminés par la France ont-ils été ciblés pour leur implication présumée dans le double assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ou pour d’autres raisons ? Pour le député socialiste Philippe Baumel, membre de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, la lenteur de l’instruction fait naître le doute : « Plus le temps passe, plus on est fondé à penser que ceux qui ont été neutralisés l’ont été aussi peut-être parce qu’il y avait des choses qu’on ne voulait pas leur laisser dire dans cette affaire. »

Le député écologiste Noël Mamère, membre de cette même commission, va lui plus loin : ces éliminations de suspects traduiraient, selon lui, la volonté de cacher certains éléments du dossier.

« Nous sommes dans un cas de figure où la vérité ne doit pas être dite. Et si elle ne doit pas être dite, on empêche un certain nombre d’acteurs de l’affirmer ou de la révéler. Les neutralisations de témoins peuvent prendre un certain nombre de formes, y compris les plus violentes. »
Des accusations graves mais invérifiables pour l’heure. Quoi qu'il en soit, ces neutralisations tendraient à démontrer que le pouvoir politique n’a pas confiance en l’institution judiciaire. C’est du moins le sentiment du journaliste Vincent Nouzille, spécialiste des questions de terrorisme et de renseignement :

« Le cas des deux journalistes de RFI n’est pas le seul. On a des victimes françaises, on a des juges qui essaient de travailler… et finalement l’armée, le chef d’état-major des armées, et le président de la République ne font tellement confiance à la justice ou s’en défient. Ils préfèrent faire leur propre justice eux-mêmes."Faux", rétorque-t-on à l’Elysée, l’objectif, c’est la justice. » L’entourage du chef de l’Etat assure qu’il n’y a aucune volonté d’éliminer les auteurs de l’assassinat. Pas sûr que cela suffise à rassurer les familles des victimes. Des familles qui craignent qu’à l’avenir l’ensemble des suspects soit éliminé. Ce qui aurait pour conséquence de mettre un terme à l’enquête judiciaire.

La procédure judiciaire malienne

Deux procédures judiciaires parallèles ont été ouvertes : l’une en France, l’autre au Mali. Où l’enquête a été confiée au juge d’instruction Mahamadou Kassogué au lendemain de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

« Le dossier est parfaitement pris en main. » Selon le ministre malien de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté, un mandat d’arrêt a même été lancé contre le chef du commando, Baye Ag Bakabo, dont le nom a émergé depuis les premiers jours de l’enquête, et qui aurait vraisemblablement été tué depuis, selon des sources militaires françaises.

Un pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme existe au Mali, mais ce n’est pas de lui que dépend le juge d’instruction en charge de l’affaire. Ce qui le prive de certains moyens. « La difficulté, ce ne sont pas les moyens, tranche le ministre malien de la Justice, la difficulté c’est de se rendre à Kidal. » La ville où Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés est toujours contrôlée par les ex-rebelles de la CMA.

« Le juge Kassogué, chargé de l’enquête, garde intacte la volonté d’aller au bout », confirme une source judiciaire proche du dossier, qui estime en revanche que la justice malienne est parasitée par le politique. Cette source cite des exemples d’auditions de témoins empêchées ou encore la libération de prisonniers possiblement impliqués, dans le cadre des « mesures de confiance » qui ont précédé la signature de l’accord de paix avec les groupes armés du Nord. Le ministre de la Justice est pourtant catégorique : le Mali œuvre « pour la vérité » et « contre l’impunité ». Une cour d’assises spéciale pour les crimes terroristes doit être installée prochainement.

Le ministre malien de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté, fait le point sur la procédure judiciaire ouverte au Mali et annonce l'installation d'une cour d'assises spéciale pour les crimes terroristes.

Des pressions terroristes sur la CMA ?

Le silence n’est pas l’apanage des seules autorités françaises. Kidal est toujours contrôlée par la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad), qui rassemble les ex-rebelles indépendantistes aujourd’hui signataires d’un accord de paix passé avec le gouvernement malien et les groupes armés pro-Bamako. A ce jour, ni l’administration ni l’armée malienne n’ont encore pu se réinstaller dans la ville. C’est donc, de fait, la CMA qui représente l’autorité, organise la police, assure les enquêtes, en théorie. Depuis l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les ex-rebelles se sont toujours contentés de déplorer les faits et d’exiger que la vérité soit faite. Sans y contribuer.

« Je n’exclus pas qu’il y ait des pressions pernicieuses en souterrain », explique Ambeiry Ag Ghissa, cadre du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), l’une des organisations fondatrices de la CMA. C’est de chez lui que sortaient Ghislaine Dupont et Claude Verlon lorsqu’ils ont été enlevés, puis assassinés, à Kidal le 2 novembre 2013. « La CMA elle-même subit les pressions des organisations terroristes. Toute l’élite de la CMA les subit, et particulièrement certains chefs militaires. Je pense par exemple à la brigade antiterroriste de la CMA. C’est sûr qu’elle subit ces pressions. […] Il est bien possible que des individus au sein de la CMA acceptent de se taire parce que, géographiquement, les zones où ils évoluent sont contiguës de celles où évoluent les terroristes. »

Vu de Kidal

Habituellement, les informations circulent très vite et très facilement à Kidal. Mais sur cette affaire, c’est loin d’être le cas. « Ici, tout le monde a peur. On ne sait pas qui est qui. » Des mots qui reviennent dans la bouche de tous les interlocuteurs kidalois interrogés. « Parmi les gens qui sont dans la ville, déplore l’un d’eux, certains sont peut-être avec eux ! » Comprendre, avec les jihadistes qui ont tué Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

L’assassinat, le mois dernier, de Cheik Ag Haoussa, chef d’état-major du HCUA, vient renforcer ces craintes. Ancien cadre du groupe terroriste Ansar Dine, Cheik Ag Haoussa avait finalement rejoint les rangs des signataires de l’accord de paix au lendemain de l’opération française Serval, en 2013. « Il savait des choses, assurent plusieurs habitants, dont certains ne cachent pas leur admiration pour lui, il avait la main dans tout. » « Mais il ne parlera plus et maintenant, poursuivent unanimement ces Kidalois, on sait que vraiment personne n’est en sécurité ici. »

Un autre habitant, nettement plus critique vis-à-vis des ex-rebelles qui contrôlent toujours Kidal, se dit persuadé que certains chefs de la CMA ne veulent pas faire avancer l’enquête parce qu’ils protègent leurs proches. Et de citer les liens historiques et familiaux entre le HCUA, Ansar Dine et Aqmi. En tout état de cause, ceux des auteurs de l’assassinat qui n’ont pas été tués demeurent introuvables : « Certains disent qu’ils sont en Algérie, rapporte un habitant, ou peut-être en Libye. Il faudra du temps avant d’y voir plus clair. » Enfin, plusieurs renvoient vers l’armée française, estimant qu’elle mène un jeu trouble à Kidal, et qu’elle ne dit sans doute pas tout ce qu’elle sait.

Les familles et les proches dans l’attente

Connaître la vérité pour pouvoir faire leur deuil, c'est ce que réclament les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, qui oscillent toujours entre espoir, déception et colère. Et notamment Marie-Solange Poinsot, la mère de Ghislaine Dupont, à qui le président le République François Hollande avait promis en juillet 2015 que la déclassification des documents « secret défense » lui apporterait les réponses tant espérées.

« Le président de la République m’a même serré dans ses bras, très gentiment, se souvient Marie-Solange Poinsot, en me disant "madame vous saurez tout minute par minute". Tout ça, ce sont des mensonges en fait. Ou alors on attend qu’on oublie… mais on ne peut pas oublier. Tous les soirs, je pleure. C’est un trou énorme en moi. Elle est là, tout le temps. J’ai 86 ans et j’aimerais savoir, avant de partir, ce qui s’est passé. Je fais les cauchemars les plus terribles, mais ce sont des cauchemars éveillés. J’en arrive parfois à penser que c’est l’armée qui les a tués, c’est vous dire ! C’est parce que nous ne savons rien, on n’a avancé en rien. Ce qu’on nous disait au départ, on ne nous le dit plus, on nous dit autre chose… c’est terrible. Et le ministre (français de la Défense, ndlr) le Drian m’a dit : "Vous savez, votre fille avait un métier difficile et elle le savait. Comme un militaire sait qu’il peut trouver la mort". Je lui ai répondu qu’un militaire a un fusil dans les mains. Ma fille, elle avait un micro. Elle aurait été tuée par une balle perdue, un éclat d’obus, ce serait plus logique. Là, elle a été assassinée, et c’est ça qui n’est pas normal. »

Apolline Verlon-Raizon est la fille de Claude Verlon. Pour elle non plus ce silence n'est pas normal : « Trois ans, ça m’éloigne encore plus de lui… et ça ne me rapproche pas plus de la vérité, donc il n’y a pas de réconfort à trouver. Ce qui fait du bien, c’est de se dire que des gens se sont mobilisés pour eux, pour leur mémoire, et pour le métier de journaliste qui est de transmettre. Mais l’enquête, clairement, ne va pas assez vite. Elle n’en est pas au point mort, du travail a été fait, mais ce n’est pas assez. Et ça aurait dû aller plus vite. François Hollande nous avait promis que ça irait vite, et ce n’est pas le cas. Si on avait eu certaines informations à des moments cruciaux où on était en attente de noms ou de localisations… L’armée avait clairement des informations et ne nous les communiquait pas. »

« Nous sommes plus déterminés que jamais à aller jusqu’au bout, affirme enfin Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde (groupe auquel appartient RFI). Nous sommes déterminés à connaître la vérité et à ce que justice soit rendue. C’est quelque chose qui anime toutes les équipes de RFI et en particulier la rédaction Afrique de RFI. Chercher la vérité est une obsession. Nourrir leur mémoire en est une autre. »

rfi.fr

Mercredi 2 Novembre 2016 - 07:03



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