Assassinat de Jo Cox au Royaume-Uni: la piste de l'extrême-droite xénophobe

La Grande Bretagne est sous le choc depuis hier, jeudi 16 juin, depuis que Jo Cox, une députée travailliste pro-européenne a été tuée à Birstall dans le nord de l'Angleterre. La jeune femme a été abattue puis poignardée par un homme visiblement partisan de thèses néo nazie et qui aurait crié «Britain First», «le Royaume-Uni d'abord», au moment de commettre son meurtre. Ce drame intervient à une semaine du référendum sur le Brexit, sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne. La campagne a été suspendue.



Assassinat de Jo Cox au Royaume-Uni: la piste de l'extrême-droite xénophobe
 « Elle croyait en un monde meilleur et elle se battait pour cela tous les jours ». L’hommage de Brendan Cox, le mari de la députée travailliste est en Une des principaux journaux ce vendredi, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Le choc est immense à travers le pays, plusieurs veillées ont eu lieu jeudi soir et les collègues de Jo Cox ont unanimement salué l’impact du travail déjà accompli par l’élue, un an à peine après son entrée au Parlement.

« On a trois siècles de tradition parlementaire, les députés vont tous les week-ends dans leurs circonscription, les gens vont dans leurs permanences, on parle dans la rue… sans aucune menace ni violence ! Là, tuer une jeune femme, une jeune mère qui vient de commencer une carrière [politique] qui s’annonce rayonnante, la tuer comme un boucher tue un cochon, c’est un choc total ! » s'indigne l'ancien député travailliste et ministre chargé des Affaires européennes, Denis MacShane, interrogé par RFI.

Jo Cox, qui avait travaillé pour Oxfam menait une campagne passionnée en faveur de l’accueil au Royaume-Uni des réfugiés syriens, et son mari comme Jeremy Corbyn, le chef du Labour, ont fait allusion à la motivation possible de son meurtrier, en évoquant la nécessité de lutter contre la haine pernicieuse…

L'enquête sur les circonstances de ce meurtre

La police refuse d’en dire plus à ce stade de son enquête et continue à interroger le meurtrier présumé, un homme de 52 ans arrêté peu après l'agression. Mais on sait maintenant que l’homme, appelé Thomas Mair, attendait la députée à la sortie de sa permanence. Un témoin dit aussi l’avoir entendu crier au moment où la police l’appréhendait « Britain First », « La Grande Bretagne d’abord » qui est le nom d’un parti d’extrême-droite pour lequel il aurait des sympathies. Ce mouvement est connu pour sa rhétorique ultra violente et notamment sa haine des parlementaires blancs et de gauche. Son nom apparaît aussi sur un site néo-nazi.

Des médias rapportent également que le suspect souffrait depuis longtemps de problèmes mentaux. Ce qui pose beaucoup de questions : d’où venait son arme, pourquoi vivait-il seul, était-il suivi et faut-il revoir la sécurité des députés ?

En attendant, le référendum sur le Brexit est en suspens et personne ne sait quand la classe politique sera prête à reprendre la campagne pour ce vote si décisif prévu dans quelques jours à peine. « On a suspendu la campagne contre le Brexit pour tenter de comprendre d’où vient cette haine contre les élus chez nous ! », concluait sur RFI Denis MacShane.
 

rfi.fr

Vendredi 17 Juin 2016 - 07:58



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