Assaut israélien de la flottille de Gaza: l’ONU demande une enquête

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé mardi 1er juin une enquête sur l'intervention militaire israélienne contre une flottille pro-palestinienne chargée d'aide humanitaire pour Gaza. Le Conseil a appelé « à lancer sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux », alors que la Turquie et les pays arabes voulaient également une condamnation claire d'Israël.



La réunion d'urgence du Conseil de sécurité s'est tenue au siège de l'ONU, à New York.
La réunion d'urgence du Conseil de sécurité s'est tenue au siège de l'ONU, à New York.
Les membres du Conseil de sécurité ont fait de la dentelle diplomatique. Ils réclament une enquête prompte, impartiale, crédible, transparente, conforme aux normes internationales. Mais il ne s’agit pas de l’enquête internationale mandatée par l’ONU initialement réclamée par la Turquie et les pays arabes. Les Etats-Unis s’y opposaient et ont eu le dernier mot.

Le texte est suffisamment vague pour que les pays qui le souhaitent y trouvent des arguments pour demander au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de mener l’enquête. Mais les Etats-Unis ont déjà donné leur interprétation très claire : « Israël peut mener une enquête crédible, sans l’ONU ».

De la même manière, les pays arabes voulaient une condamnation d’Israël, mais les Etats-Unis l‘ont refusée avant qu’une enquête soit menée. Le Conseil a donc condamné les violences, mais sans dire clairement qui en était responsable.

Même chose pour la levée du blocus, voulue par une grande majorité de pays, le mot ne figure pas dans la déclaration même si le Conseil appelle à une distribution sans entraves de l’aide humanitaire.

En fin de compte, le texte est tellement alambiqué que chaque camp y trouve son compte.

Une affaire qui enflamme la presse israélienne



« La bavure et le courage », titre Maariv. Le quotidien résume ainsi la situation en ajoutant « L’unité d’élite de Tsahal a été envoyée pour une mission vouée d’avance à l’échec ».

A la une de tous les quotidiens israéliens, la même photo : celle d’un commando de marines jetés par-dessus le bastingage par les passagers du Marmara.

« Barack, démission ! », réclame l’éditorialiste du Yediot Aharonot.

Dans Haaretz, l’écrivain David Grossman affirme qu’« aucune situation ne peut justifier les actes criminels qui ont été commis et aucun prétexte ne peut faire comprendre la stupidité dont ont fait preuve les dirigeants politiques et militaires ».

Un commentateur affirme pour sa part que « Netanyahu et Barack auraient dû relire l’histoire de leur propre pays et comprendre les erreurs commises déjà en 1947 par les Britanniques face au bateau des immigrants, l’Exodus ».

Un professeur de droit américain vole au secours des responsables des Israéliens en écrivant dans Maariv « la flottille n’avait pas des objectifs humanitaires et donc tout Etat souverain pouvait l’intercepter en dehors des eaux territoriales ».

Yediot Aharonot montre à la une les armes blanches saisies à bord de l’un des navires. « Finalement, estime un éditorialiste, malgré les erreurs, la mission des soldats était pleinement justifiée. Rendons leur donc hommage et cessons de pleurnicher ».

Rfi

Mardi 1 Juin 2010 - 14:24



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