Attentat contre un oléoduc au Soudan: Juba mise en cause par l'armée

L'armée soudanaise a accusé ce jeudi 13 juin des rebelles du Darfour, soutenus selon elle par les autorités de Juba, d'avoir mené une attaque contre un oléoduc. Le conduit pétrolier a explosé dans la région d'Abyei. Ces accusations interviennent alors que le président Omar el-Béchir a ordonné le blocage du pétrole sud-soudanais.



L'attaque a eu lieu dans la région d'Abyei, proche de la frontière avec le Soudan du Sud. Latifa Mouaoued/RFI
L'attaque a eu lieu dans la région d'Abyei, proche de la frontière avec le Soudan du Sud. Latifa Mouaoued/RFI
L'attaque contre l'oléoduc s'est produite mercredi à 18h TU, dans la région d'Abyei, affirme le porte-parole de l'armée soudanaise, le colonel Al-Sawarmi Khalid Saad. D’après lui, les rebelles du MJE, le Mouvement pour la justice et l'égalité sont venus de l'intérieur du territoire sudiste et ont mené l'attaque avec « le soutien technique de l'armée du Soudan du Sud ». Le conduit pétrolier a pris feu mais, indique ce porte-parole, l'incendie est désormais sous contrôle.
Le porte-parole du MJE, joint par RFI, se dit dans l'impossibilité de confirmer ou infirmer l'implication de ses éléments dans l'incendie de l'oléoduc. Il dément en revanche toute connexion de son mouvement avec les autorités du Soudan du Sud.
Ces nouvelles accusations interviennent dans un climat déjà tendu entre les deux voisins. Le week-end dernier, Khartoum a décidé de ne plus appliquer les accords signés en septembre 2012 et mars 2013, en indiquant qu'il était prêt à revenir sur sa décision si Juba cessait de soutenir des rebelles sur son sol. Le président nordiste, Omar el-Béchir, a notamment ordonné de bloquer le transit du pétrole sud-soudanais par le pipeline du nord, qui est pourtant le point de passage obligé pour les exportations sudistes.
Appel à la médiation
Le Soudan et le Soudan du Sud se disputent sur plusieurs fronts. Mais avant de partir en guerre l’un contre l’autre, c’est un enjeu économique majeur qui est mis dans la balance : le régime de Juba est dépendant de celui de Khartoum pour l’exploitation de son pétrole, et l’arrêt de la production, même provisoire, est très coûteuse.
Pour l’instant, celle-ci continue, mais il faut vite que les parties se remettent autour d’une table, car la situation reste extrêmement fragile. Au-delà des accusations respectives de soutien aux rebelles, le tracé des frontières est encore à négocier et la région d’Abyei est toujours disputée.
« Il est convenu entre le panel d’experts de l’Union africaine et les deux pays d’organiser une réunion durant laquelle seront évoquées les accusations exprimées par ces deux pays concernant la poursuite du soutien aux mouvements rebelles dans chacun de ces pays, rapporte Pagan Amum, le médiateur sud-soudanais. Les menaces d’arrêter la circulation du pétrole et la mise en œuvre des accords signés, si elles sont confirmées, feraient perdre tout les acquis obtenus. Cela remettrait les deux pays en situation de guerre et cela menacerait la paix, non seulement entre nous, mais pour toute la région. »
Le Soudan du Sud se dit prêt aujourd’hui à explorer d’autres voies pour acheminer son pétrole, évoquant des possibilités via le Kenya, à l’est, ou la République centrafricaine et le Cameroun, à l’ouest.

Source: RFI


Vendredi 14 Juin 2013 - 10:24



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