Attentat de Boston: la peine de mort déjà au coeur du procès

Le procès des attentats de Boston s’est ouvert ce lundi aux Etats-Unis. Dans le box des accusés, Djokhar Tsarnaev, 21 ans. Son frère ainé, Tamerlan, a été tué dans la poursuite qui a suivi l’explosion des deux bombes artisanales le 15 avril 2013, sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston. Objectif de la défense : éviter la peine de mort, que les jurés choisis sont obligés d’envisager comme une éventualité.



Une jurée potentielle entre au tribunal John Joseph Moakley, où le procès de Dzhokhar Tsarnaev, principal suspect de l'attentat de Boston a débuté, ce 5 janvier 2015.
Une jurée potentielle entre au tribunal John Joseph Moakley, où le procès de Dzhokhar Tsarnaev, principal suspect de l'attentat de Boston a débuté, ce 5 janvier 2015.

Les victimes des attentats du marathon de Boston n’assistaient pas à la première journée d’audience ce lundi. Les débats commenceront, au mieux, le 26 janvier, et on sait que la constitution du jury va prendre des semaines. Tsarnaev sera en effet seul face à ce jury qui va décider de son sort. Il assistait hier aux premières audiences de sélection.

Dans le public, certains juristes sont venus en observateurs. « Le gouvernement a décidé d’introduire la peine de mort, il aurait pu ne pas l’envisager, estime l’un d’entre eux, Michael Liston, avocat pénaliste de Boston. Pour cet opposant à la peine capitale, « ce sont les jurés qui vont décider. [...] Ils ont l’obligation d’être capables d’envisager une condamnation à mort, et ils seront écartés s’ils déclarent qu’ils sont catégoriquement contre. »

Soulagé de ne pas avoir été tiré au sort

Ted est un citoyen soulagé de ne pas avoir été tiré au sort. « J’espère qu’il sera déclaré coupable, et qu’il ira en prison pour le restant de ses jours. Ce qu’il a fait est tellement horrible que je pense qu’il doit être puni, mais je ne crois pas que prendre une autre vie peut réparer les horreurs qu’il a infligées à cette ville. »

Parmi les 1 200 citoyens qui vont devoir se plier à cette obligation civique, la défense va tenter de retenir les femmes et les hommes susceptibles d’épargner la vie de Tsarnaev. L’accusation va au contraire essayer de reconnaître les jurés qui vont le condamner. Mais à Boston, une ville pourtant toujours traumatisée par l’attentat d’avril 2013, cela ne sera pas si simple.

Faire porter la responsabilité sur le frère aîné

A priori, la défense va jouer sur la jeunesse de l’accusé - 19 ans au moment des faits -, et tenter de faire porter la responsabilité de la préméditation sur le frère aîné, Tamerlan, qui a été tué.

Judy Clarke, dans l’équipe de la défense de Tsarnaev, est une avocate redoutée des procureurs aux Etats-Unis. Cette juriste est spécialisée dans ce que l'on pourrait appeler les « cas désespérés ». C’est Maître Clarke, par exemple, qui a défendu Eric Rudolph, l’homme qui a commis l’attentat au cours des Jeux olympiques de 1996, ou le terroriste Zacharias Moussaoui. Pour les deux hommes, Judy Clarke a obtenu une peine de prison à vie au lieu d’une exécution. Et c’est bien cette mission que l’avocate va tenter de remplir dans ce procès : éviter la peine de mort pour Djokhar Tsarnaev.

Cependant « les preuves montrant que quelque chose d’horrible est arrivé, et qu’il est impliqué dans ces faits sont accablantes, poursuit maître Michael Liston. Les autres preuves seront présentées dans une seconde phase. Il s’agit de l’analyse psychologique, montrant éventuellement qu’il était totalement sous l’emprise de son frère ainé. Mais ce gars a déposé la bombe, sachant que cela allait provoquer toutes sortes de dommages. C’est vraiment un cas, si vous envisagez la peine de mort, c’est vraiment un cas où cela est possible. »


Rfi.fr

Mardi 6 Janvier 2015 - 12:19



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