Attentat de Sousse: pour la mère du tueur, son fils est «une victime»

Qui était le terroriste de Sousse tueurs de 38 touristes, dont 30 Britanniques ? Dans l'édition de samedi du Sunday Times, les parents du jihadiste se confient : « Mon fils est une victime comme toutes les autres », veut croire sa mère interviewée dans sa modeste maison de Gaafour près de Siliana, dans le nord-ouest déshérité de la Tunisie.



Seifeddine Rezgui, l'auteur de l'attentat de Sousse qui a fait 38 morts, était originaire des environs de Siliana, dans le nord-ouest de la Tunisie. AFP PHOTO / FAWZI DRIDI
Seifeddine Rezgui, l'auteur de l'attentat de Sousse qui a fait 38 morts, était originaire des environs de Siliana, dans le nord-ouest de la Tunisie. AFP PHOTO / FAWZI DRIDI

Dans une autre vie, celui qui a méthodiquement et calmement assassiné 38 touristes  le sourire aux lèvres sur une plage de Sousse était fan de rap, de breakdance et de football. Les vidéos récentes montrant Seifeddine Rezgui filmé par ses anciens amis en train de danser sont largement partagées sur internet. Dans une interview au Sunday Times, sa mère confirme qu'il aimait la musique et ne comprend pas. Son fils est une « victime » dit-elle, ayant subi un « lavage de cerveau », lui qui à 23 ans était étudiant en master d'ingénierie informatique.

Le jeune homme a été abattu par les forces de l'ordre après 30 minutes de carnage. L'attaque a été revendiquée par l'organisation Etat islamique, mais ses parents ne croient pas qu'il se soit entraîné dans un camp en Libye  comme l'ont annoncé les autorités tunisiennes. « Je ne peux pas y croire. Un jour il y avait une souris dans la maison et j'ai demandé à Seifeddinei de la tuer. Il a refusé en disant : "je ne peux tuer personne" », raconte la mère dont un autre fils de 15 ans a été tué par la foudre il y a cinq ans et dont le dernier est autiste.

Pour cette mère de 49 ans, son fils a dû changer à l'université de Kairouan où il étudiait. « Je sais que nous avons beaucoup de terroristes, donc je lui ai dit : 'si tu veux prier, va à la mosquée et rentre directement, ne parle pas aux salafistes' ». « Nous sommes les parents de ce tueur », ajoute son père, qui dit aujourd'hui se « sentir tellement coupable ».

 
 

Rfi.fr

Lundi 6 Juillet 2015 - 06:38



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