Attentats à Paris: le point sur l'enquête

Au lendemain des attentats à Paris qui selon un dernier bilan ont fait 129 morts et 352 blessés, le procureur de Paris François Molins a donné ce samedi soir une conférence de presse où il a dévoilé les derniers éléments de l'enquête. Un des auteurs de l'attaque du Bataclan a été formellement identifié. Il s’agit d’un Français connu des services de renseignement.



Un militaire français en patrouille devant la Tour Eiffel, le 14 novembre 2015. REUTERS/Yves Herman
Un militaire français en patrouille devant la Tour Eiffel, le 14 novembre 2015. REUTERS/Yves Herman

Ce sont sept terroristes, et non pas huit comme il avait été indiqué précédemment, qui ont été tués vendredi 13 novembre à Paris et près du Stade de France. Six d'entre eux se sont fait exploser. Dans une conférence de presse donnée ce samedi, le procureur de Paris François Molins a précisé que les attentats  qui ont fait 129 morts et 352 blessés, selon un bilan « provisoire et évolutif » avaient été menés très vraisemblablement par trois équipes coordonnées.

Un des auteurs de l'attaque du Bataclan formellement identifié

Au lendemain de ces attaques, les enquêteurs ont réussi à identifier l’un des auteurs de celle qui a frappé le Bataclan. Il s'agit d'un Français connu des services de renseignement. Dans sa conférence de presse, François Molins a précisé qu'il s'agissait d'un individu né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes dans l'Essonne (région parisienne).

 
 

« Il avait fait l'objet en 2010 d'une fiche S pour radicalisation mais n'avait jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », a-t-il précisé. Il était en revanche connu pour des délits de droit commun. Son casier judiciaire porte mention de huit condamnations entre 2004 et 2010.

Le fait qu'il s'agisse d'un Français n'est pas une surprise. Certains survivants du carnage responsable de la mort d'au moins 80 personnes dans la salle de concert parisienne, ont assuré que les terroristes avaient pris la parole en français.

Les restes des corps des kamikazes qui se sont faits exploser boulevard Voltaire, au Bataclan  et au Stade de France, doivent être ramenés à l'Institut médico-légal (IML). Les enquêteurs espèrent que des traces ADN ou des empreintes exploitables coïncideront avec un fichier d'auteurs d'infractions.

Un passeport syrien retrouvé au Stade de France

Un passeport syrien  a par ailleurs été retrouvé à proximité d'un des kamikazes du Stade de France. Il s'agit du passeport d'un homme né en 1990 en Syrie. Mais celui-ci n'était pas connu des services de renseignements français. Il s'agirait d'un migrant passé par la Grèce et recherché dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris. La Grèce travaille en étroite collaboration avec la France pour l'identifier. Le ministère grec de la Protection des citoyens a d'ailleurs confirmé que le passeport syrien est bien passé par la Grèce, rapporte notre correspondante à Athènes Charlotte Stiévenard.

Un migrant a été enregistré sous ce nom sur l'île de Leros  le 3 octobre. Le ministre Nikos Toskas a précisé que lors de l'enregistrement, les règles de l'Union européenne ont bien été suivies. C'est-à-dire qu'en plus du numéro de passeport et du nom, les autorités ont pris les empreintes digitales du propriétaire. Ce sont elles qui permettront de vérifier si elles correspondent ou non à celles de l'assaillant. Selon une source du ministère grec, ces informations ont été fournies à la demande de la France.

La police grecque indique que les autorités françaises auraient demandé à d'autres pays en Europe de faire des recherches au sujet de ce passeport pour identifier la route prise par son propriétaire. Cette année, le nombre de migrants passé par la Grèce a explosé. 670 000 personnes ont choisi cette route pour rejoindre le nord de l'Europe, dont une bonne partie fuit le groupe Etat islamique, auteur revendiqué des attentats de Paris.

Interpellations en Belgique

Grâce aux témoignages et aux vidéos, deux véhicules ont été identifiés par les enquêteurs. L'une des deux voitures, immatriculée en Belgique, avait été louée par un Français résidant en Belgique. Il a fait l'objet ce samedi matin d'un contrôle routier à la frontière belge alors qu'il était accompagné de deux autres personnes habitant, elles aussi, dans la région de Bruxelles. Le parquet fédéral antiterroriste belge a alors été saisi. La police belge a mené des opérations samedi après-midi dans le quartier populaire de Molenbeek à Bruxelles, ont indiqué les télévisions belges RTBF et RTL. Les trois individus contrôlés à la frontière ont été interpellés. Aucun d'entre eux n'est connu des services de renseignement français.

La piste étrangère est appuyée par l'arrestation le 5 novembre en Bavière d'un homme qui pourrait être lié aux attentats, selon le ministre-président de cette région allemande. D’après un porte-parole de la police bavaroise, l'homme, âgé de 51 ans et originaire des Balkans, a été interpellé sur une autoroute à hauteur de Rosenheim avec huit kalachnikovs, deux grenades, deux pistolets, un revolver et 200 grammes de TNT cachés dans sa voiture. Le porte-parole de la police a toutefois refusé de confirmer formellement un lien avec lesattaques de Paris, expliquant ne pas pouvoir dire « ce qu'il avait l'intention de faire avec ses armes ».

Des terroristes plus entraînés, mieux préparés

Les enquêteurs s'interrogent également sur la formation de ces assaillants. La configuration des attaques de ce vendredi est différente de celle du mois de janvier ou des attentats déjoués ces derniers mois sur le territoire français. Les forces de l'ordre travaillent sur des profils de terroristes plus entraînés, mieux préparés. Une source policière évoquait à l’AFP « des types aguerris à première vue et parfaitement entraînés, que les témoins décrivent comme assez jeunes et sûrs d'eux ».

Dans un communiqué officiel publié ce samedi matin, le groupe Etat islamique a revendiqué ces attentats.


Attentats de Paris : six lieux attaqués en 33 minutes

- 21h20 : une première explosion est entendue à la porte D du Stade de France à Saint-Denis pendant le match amical de football France-Allemagne. Le kamikaze meurt ainsi qu’un passant fauché par l’explosion.

- 21h25 : une première fusillade éclate à l'angle des rue Bichat et rue Alibert dans le Xe arrondissement à Paris. Des assaillants arrivés dans une voiture noire de type Seat et armés de fusils d'assaut tuent 15 personnes sur les terrasses du bar Le Carillon et du restaurant Le Petit Cambodge.

- 21h30 : une deuxième explosion est signalée au Stade de France. A la porte H, le corps d'un deuxième kamikaze est retrouvé.

- 21h32 : une seconde fusillade a lieu au coin des rues de la Fontaine au Roi et du Faubourg du Temple cette fois-ci dans XIe arrondissement de Paris près de la place de la République. Des hommes à bord d'une voiture noire de type Seat tuent 5 personnes devant le bar A la Bonne Bière.

- 21h36 : troisième fusillade devant le bar La Belle Equipe qui se trouve rue de Charonne dans le XIe arrondissement, des hommes arrivés encore une fois dans une Seat noire tuent 19 personnes.

- Vers 21h40 : un kamikaze se fait exploser dans le bar Le Comptoir Voltaire, boulevard Voltaire toujours dans le XIe. L’homme est tué sur le coup. Quasiment dans le même temps, trois individus, porteurs d'armes de guerre, sortis d'une Polo noire, font irruption dans la salle de concerts Le Bataclan boulevard Voltaire dans le XIe. Ils retiennent alors les spectateurs en otages, les regroupant devant la fosse. L’assaut sera donné par les forces de l’ordre vers 00h20. Les trois hommes sont alors tués, l'un par les forces de l'ordre et l'explosion de son gilet, les deux autres par l'explosion de leurs gilets, identiques à ceux des autres kamikazes. On dénombre 89 morts parmi les spectateurs.

- 21h53: une troisième explosion a lieu 400 mètres du Stade de France, le corps d'un autre kamikaze est découvert.

Source : Rfi.fr



Dimanche 15 Novembre 2015 - 00:32



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