Attentats au Tchad: plusieurs suspects identifiés et interrogés

Deux jours après les attentats kamikazes de lundi à Ndjamena, qui ont fait une trentaine de morts, l'enquête a permis de mettre aux arrêts quelques suspects. On en sait aussi un peu plus sur le mode opératoire, alors que le Tchad a annoncé avoir mené une expédition punitive contre les islamistes de Boko Haram, qu’elle accuse depuis le jour de l'attaque d’être à l’origine de l’attentat. Par mesure de sécurité, les autorités ont également interdit le port de la burqa et du turban.



Les attentats ont ciblé le commissariat central, la direction de la Sécurité publique et l'école de police de Ndjamena, le 15 juin. AFP PHOTO / BRAHIM ADJI
Les attentats ont ciblé le commissariat central, la direction de la Sécurité publique et l'école de police de Ndjamena, le 15 juin. AFP PHOTO / BRAHIM ADJI

Les caméras de surveillance ont permis de réaliser que les auteurs de l'attaque  devant le commissariat central et la direction de la Sécurité publique n'étaient pas à moto mais à pied. La moto retrouvée sur les lieux de l'incident appartient à un usager qui sortait du commissariat au moment de la déflagration.

Grâce aux images, les deux kamikazes ont également pu être identifiés. Du fait de leurs scarifications, les enquêteurs en ont déduit qu'ils venaient de la région du Lac, proche du Nigeria. Les propriétaires des véhicules qui ont explosé à l’école de police ont aussi été identifiés. « On progresse bien », explique un enquêteur.

« Nous avons des indices et nous avons commencé les enquêtes. Il y a des gens qui ont été mis à la disposition des services pour les interroger, autour de cinq, six. Les interrogatoires continuent toujours. Et certains volontaires viennent aussi nous donner des informations. Donc on est en train d'exploiter l'ensemble », explique Abdérahim Brémé Hamid, ministre de la Sécurité publique.  

En plus des checkpoints et des patrouilles de forces de l'ordre, les autorités ont annoncé l'interdiction du port de la burqa et des turbans pour des raisons de sécurité. « Les forces de l'ordre iront sur les marchés pour retirer les burqas en vente », a expliqué le Premier ministre aux religieux, à qui il a demandé de relayer le message dans leurs lieux de cultes.

 

Les représailles qu'Idriss Déby a promises à Boko Haram n'ont pas tardées. Mercredi soir, le 17 juin, l’armée a annoncé avoir mené une expédition punitive contre les positions de Boko Haram en territoire nigérian. Les hélicoptères ont frappé au moins six bases, causant « de nombreux dégâts humains et matériels ». Bien que les attaques de Njdamena n'aient pas encore été revendiquées, le Tchad les attribue au groupe Boko Haram, contre lequel il est engagé militairement.


Rfi.fr

Jeudi 18 Juin 2015 - 11:56



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