Attentats du 13 novembre: l’homme abattu à Bruxelles lors d’une perquisition a été identifié



Attentats du 13 novembre: l’homme abattu à Bruxelles lors d’une perquisition a été identifié
La police belge n’en a pas fini avec les réseaux terroristes auxquels appartenaient Abdelhamid Abaaoud, Salah Abdeslam – toujours en fuite – et les autres protagonistes des attentats du 13 novembre 2 015 à Paris. Une perquisition à Forest, l’une des 19 municipalités de la ville région de Bruxelles, a tourné à la fusillade, dans l’après-midi du mardi 15 mars, alors qu’elle était censée être une simple opération de vérification. Un homme a été tué par les forces de l’ordre, quatre policiers blessés et deux suspects en fuite étaient activement recherchés.

Mercredi matin, le parquet fédéral a indiqué que l’homme abattu était Mohamed Belkaid, un Algérien en séjour illégal, condamné pour des faits mineurs en 2014, et qui ne figurait pas dans les fichiers des services antiterroristes. Il ne s’agit donc ni de Salah Abdeslam ni de trois autres hommes recherchés dans le cadre des enquêtes sur les attentats de Paris.

Quatre membres de la section antiterroriste de la police fédérale, accompagnés par deux officiers de liaison français agissant dans le cadre d’une équipe d’investigation conjointe, ont essuyé des tirs à l’arme à lourde, riot-gun et kalachnikov, lorsqu’ils se sont présentés à la porte d’un appartement, mardi, vers 14 h 15. Les occupants ont immédiatement ouvert le feu. L’un d’eux, Mohamed Belkaid, a été abattu ensuite par un tireur d’élite des unités spéciales appelées en renfort pour donner l’assaut. Il tentait de faire feu tirer à partir d’une fenêtre. L’opération aura duré quatre heures au total.

L’appartement de Forest était considéré comme « froid  » par les enquêteurs  : il semblait inoccupé, l’eau et l’électricité ayant été coupés. Les policiers envoyés sur place étaient donc peu nombreux. L’appartement était toutefois une planque pour des individus disposant notamment, indique le parquet fédéral, de 11 chargeurs et de nombreuses autres munitions. Un livre sur le salafisme et un drapeau de l’Etat Islamique ont également été découverts dans l’appartement.

L’homme abattu a été identifié
Selon des sources proches de l’enquête, ce logement aurait été loué par Mohamed Bakkali, l’un des douze suspects identifiés après les attentats de Paris. Une vidéo retrouvée chez son épouse avait déclenché un vent de panique il y a quelques semaines  : elle montrait les allées et venues d’un haut responsable du secteur nucléaire belge, faisant croire à une menace d’attentat après le possible enlèvement de cet ingénieur du Centre d’études nucléaires de Mol. Avant le 13 novembre, Bakkali aurait loué un autre appartement, à Schaerbeek. C’est là que furent apparemment fabriquées les ceintures explosives des kamikazes de Paris.

« Chaos urbain »
Les deux hommes qui ont fui seraient les frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui, selon plusieurs sources. Âgés respectivement de 26 ans et 30 ans, ils sont connus pour des faits de banditisme et l’un d’eux était recherché dans le cadre des enquêtes antiterroristes, affirmait, mercredi matin le quotidien La Dernière Heure. Ils se seraient échappés par les toits malgré le déploiement de forces de l’ordre et l’instauration d’un périmètre de sécurité qui incluait des écoles, des crèches et l’usine Audi, toute proche.
 
Le parquet fédéral n’a pas confirmé ces éléments mais il a fourni les détails sur les diverses opérations qui ont suivi l’assaut. Une kalachnikov, deux chargeurs et un vêtement noir ont été découverts à proximité du lieu où étaient retranchés les terroristes. Un homme a été emmené pour interrogatoire après une autre perquisition à Forest. Deux autres suspects, sur lequel la justice, ne donnait aucun détail mercredi midi ont été appréhendés à Leeuw-Saint-Pierre, dans la banlieue flamande de Bruxelles. Enfin, un suspect, souffrant d’une fracture à la jambe, a été déposé mardi soir, dans un hôpital de la ville de Hal, par une personne qui a pris la fuite avant l’arrivée de la police. Il n’avait pas encore pu être entendu mercredi midi.

Le premier ministre, Charles Michel, devait réunir dans la journée un Comité national de sécurité rassemblant les différents services chargés de l’antiterrorisme. « Nous avons sans doute eu beaucoup de chance, avec quatre blessés légers, car cela aurait pu être un véritable drame  », a-t-il déclaré.
Les autorités belges ont, en tout cas, la confirmation que leurs enquêtes sont très loin de leur terme  : «Bruxelles, avec son chaos urbain, reste un biotope rêvé pour des gens animés de mauvaises intentions  », écrivait, mercredi, le premier quotidien flamand, Het Laatste Nieuws.

Le parquet fédéral, qui a établi un lien clair entre les opérations menées à Forest et les attentats de Paris, indique que ses enquêtes ont entraîné jusqu’ici une centaine de perquisitions, 58 interpellations et la mise au jour de 23 dossiers connexes.

Lemonde.fr

Mercredi 16 Mars 2016 - 10:34



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