Attentats: les footballeurs français à Londres avec Paris en tête

L’équipe de France de football affronte son homologue anglaise à Londres, ce 17 novembre 2015, afin de préparer le Championnat d’Europe des nations 2016 (10 juin-10 juillet). Trois jours après les attentats de Paris et du Stade de France (129 morts), les Bleus ne peuvent et ne veulent toutefois pas faire abstraction de ce drame.



De l’état des esprits des joueurs de l’équipe de France de football, après les attentats de Paris et de Saint-Denis, on ne connaissait que quatre facettes jusqu’à présent. Il y a d’abord eu le regard interloqué du défenseur Patrice Evra, lorsqu’une première bombe a explosé juste en dehors du Stade de France, en plein match contre l’Allemagne.
Après la victoire 2-0, les joueurs ont manifesté leur tristesse et leur solidarité envers les victimes (129 morts et plus de 350 blessés), à travers des tweets notamment. Puis, l’attaquant Antoine Griezmann a révélé que sa sœur, présente lors du concert au Bataclan, l’avait échappée belle. Enfin, le milieu de terrain Lassana Diarra a annoncé qu’une de ses cousines avait trouvé la mort, ce 13 novembre 2015.
Lloris : « On reste humain on avait des doutes »
Aujourd’hui, on sait que les kamikazes ont voulu pénétrer dans le Stade de France. Dans un tel contexte, comment avoir la tête au football et disputer un match face à l’Angleterre, ce 17 novembre à Londres ?
« Lors de drames de ce genre, on a forcément envie de retrouver les siens, explique  Hugo Lloris, le capitaine des Bleus, durant une conférence de presse. Mais tout s’est passé très vite. On n’était pas coupé du monde ces derniers jours. On a beaucoup parlé de ces événements dramatiques, qu’on a suivis par la télévision et par internet. Mais on reste humain on avait des doutes. Jouer ou pas ? Rentrer auprès des nôtres ? Mais tout ça a été très bien géré par le coach (Didier Deschamps) et le président (de la Fédération française Noël Le Graët, ndlr) ». Il a ajouté : « C'était très dur mais on se doit de jouer ce match, ne serait-ce que pour notre pays et les victimes et ce sera un moment particulier lors de l'hymne national. »
Si la question d’annuler le match à Wembley s’est posée, elle n’a plus de sens, selon Didier Deschamps. « Je crois que ça sert à rien de revenir sur cette décision prise samedi matin, s’est agacé le sélectionneur tricolore. Nous sommes là pour représenter notre pays avec toujours plus de fierté ».
Préparer l’Euro 2016 malgré tout
Le Championnat d’Europe des nations (10 juin-10 juillet) en France débute dans moins de sept mois. La menace terroriste, qui planait sur cet événement, s’est concrétisée avec les trois attentats-suicides à Saint-Denis. Des voix s’élèvent déjà pour demander le report et/ou la délocalisation du tournoi. « Si on ne peut pas faire l'Euro au Stade de France, il faut le donner à quelqu'un d'autre », a ainsi déclaré Just Fontaine à l’AFP. L’ex-attaquant de 82 ans a ajouté :« La sécurité sera encore plus difficile à tenir pour la France. Je souhaite que ce soit le dernier (attentat) mais je ne sais pas ce que (les djihadistes) ont dans la tête ».
Hugo Lloris, lui, préfère ne pas penser à tout ça : « La question ne se pose pas encore. On est concentrés sur le match de demain. Le plus important est d’être ensemble et de partager ce moment tous ensemble. Si des dispositions sont à prendre elles seront prises. ».
La confédération européenne de football a, de son côté, annoncé le maintien de l’Euro 2016 en France, aux dates prévues.
Un hommage des Anglais
Quoiqu’il arrive, l’émotion devrait être au rendez-vous, ce mardi soir. La presse britannique a invité la population à apprendre les paroles de l’hymne français, La Marseillaise. Le stade de Wembley s’est déjà paré de bleu, de blanc et de rouge.
L’attaquant vedette de l’équipe d’Angleterre, Wayne Rooney a déclaré, solennel : « Ce sera difficile pour les joueurs français, mais je suis sûr que ce sera une opportunité pour eux de rendre leur pays fier. » « Ce match n’aura pas qu’une dimension sportive, mais bien plus », a confirmé Didier Deschamps.
 Avec rfi


Mardi 17 Novembre 2015 - 09:58



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