Attentats: les politiques allemands ne cèdent pas aux sirènes d'extrême droite

Lundi 25 juillet, le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque survenue dimanche soir en Bavière. Un Syrien de 27 ans s'était fait exploser aux abords d'un festival de musique à Ansbach, blessant 15 personnes. Les jihadistes ont fait fonctionner leur canal de communication habituel, l'agence Amaq, après que la police allemande a découvert une vidéo d'allégeance à l'EI réalisée par le jeune homme, qui s'était vu débouté d'une demande d'asile. L'Allemagne est donc ciblée une deuxième fois en une semaine par l'EI. Comment réagit la classe politique ?



En une semaine, c'est le deuxième attentat revendiqué par le groupe Etat islamique en Bavière. Lundi dernier, un migrant pakistanais de 17 ans blessait cinq personnes à coup de hache et de couteau dans un train à Würzburg, avant d’être abattu par la police.
Puis, dimanche soir, un réfugié syrien de 27 ans s'est donc fait exploser près d'un festival de musique organisé à Ansbach, une petite ville de Bavière. Le kamikaze a, semble-t-il, raté son attaque, décrypte David Thomson, spécialiste des mouvements jihadistes à RFI.
Ce terroriste, présenté comme l'un de ses soldats par le groupe EI, a tenté de rentrer dans le concert, mais il s'est fait refouler. Il a donc actionné son dispositif explosif à l’extérieur, devant un restaurant, ne tuant que lui mais faisant quinze blessés.
Une réponse au soutien allemand à la coalition en Irak et en Syrie, selon l'EI
Le jeune homme était en Allemagne depuis deux ans. Il s’était vu refuser une demande d'asile. Lundi, le ministre allemand de l’Intérieur a annoncé qu'une vidéo d'allégeance à l'Etat islamique avait été retrouvée dans son téléphone portable.
Quelques minutes après, l'organisation EI revendiquait l'attentat en plusieurs langues via son canal habituel sur Internet, Amaq, présentant l'action de ce « soldat » comme une réponse au soutien allemand à la coalition active en Syrie et en Irak.
Quelle réaction au lendemain des faits en Allemagne ? Pour l'instant, toujours pas de surenchère sécuritaire, pas de violente polémique, pas d’accusation. Après la vague des drames survenus en Bavière ces derniers jours, les responsables politiques allemands jouent en effet l’apaisement.
Le risque d'un lien trop rapide entre la vague migratoire et le risque terroriste
Pour certains, il serait peut-être tentant de faire le lien entre immigration, criminalité et terrorisme, après la vague des drames survenus ces derniers jours en Bavière. Mais un activisme trop massif pourrait aussi donner le sentiment que l’Etat et les régions n’ont plus la situation en main.
Selon notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut, pour le gouvernement fédéral, il faut tout faire pour rassurer la population et éviter une mise en cause d’Angela Merkel. Car la chancelière a décidé l’an dernier d’ouvrir largement les portes de son pays aux réfugiés.
Si les électeurs se mettaient à voir, demain plus qu’aujourd’hui, cette immigration comme un danger avant tout, à l'instar du discours tenu par le parti Alternative pour l'Allemagne par exemple, la victime collatérale serait bien sûr Angela Merkel elle-même.
Pour nombre d'Allemands, l'immigration et l'intégration restent le problème n°1
Face au risque terroriste, des propositions sont toutefois formulées en faveur d’une augmentation des forces de l’ordre ou d’un contrôle plus étroit des réfugiés et, le cas échéant, des expulsions renforcées s’ils enfreignent le Code pénal.
Mais le ton est aussi à l’apaisement dans les commentaires de la presse. Plusieurs éditorialistes rejettent tout amalgame entre terrorisme islamiste et réfugiés, se demandant si la prise en charge de ces derniers n’a pas été déficitaire.
Des éditorialistes rejettent l'adoption de lois liberticides. Mais les Allemands s’inquiètent. Une étude menée dans 24 pays montre qu'ils sont considérablement plus enclins qu’ailleurs à faire des questions d’immigration et d’intégration le premier problème de leur pays.
 Source:Rfi.fr

Dior Niang

Mardi 26 Juillet 2016 - 08:22



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