Au Burkina Faso, les putschistes annoncent la destitution du président

Il s’agit donc bien d’un coup d’Etat. Après une nuit d’incertitudes, un représentant des militaires putschistes a annoncé, jeudi 17 septembre à la télévision burkinabée, la destitution du président intérimaire, Michel Kafando, et la dissolution du gouvernement.



Au Burkina Faso, les putschistes annoncent la destitution du président

Un Conseil national pour la démocratie doit remplacer  les autorités de transition, précise le communiqué lu à l’antenne de la Radio-Télévision du Burkina par le lieutenant-colonel Mamadou Bamba. « Une large concertation est engagée pour former  un gouvernement (…) pour aboutir  à des élections inclusives et apaisées », a déclaré l’officier.

Tirs et situation incertaine à Ouagadougou

La situation est toujours incertaine jeudi matin à Ouagadougou. D’après une journaliste française présente sur place, des tirs nourris ont été entendus dans le centre -ville et tout rassemblement de personnes est interdit.

Mercredi, plusieurs soldats du régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne du président déchu, Blaise Compaoré, avaient fait irruption pendant le conseil des ministres et pris en otage le chef de l’Etat, son premier ministre, Isaac Zida, et plusieurs autres ministres. Ces derniers sont toujours retenus à Ouagadougou.

Au moins un journaliste du site Burkina 24 a été violemment frappé, selon un témoin direct. Le siège de Radio Omega, l’un des médias  les plus écoutés sur place, a été saccagé. Celui du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de l’ancien président Blaise Compaoré, également. Au nom de la FranceFrançois Hollande  a condamné « fermement le coup d’Etat » et« appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées ».

« Pour tous les démocrates, c’est un terrible coup dur »

Ce n’est pas la première fois que le RSP, unité d’élite considérée comme unearm ée dans l’armée, tente de faire  dérailler  le processus de transition. Lundi, la commission pour les réformes proposait dans un rapport de dissoudre purement et simplement le régiment.

Le président du Conseil national de la transition (assemblée de transition), Chérif Sy, a appelé sur RFI « le peuple à se mobiliser  immédiatement contre cette forfaiture »« C’est une question de rapport de force ! » a-t-il lancé, dénonçant un « coup d’Etat ».

Comme tous les leaders de l’opposition ou de la société civile joints par Le Monde, Simon Compaoré, du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), s’estime désormais menacé.

« Pour tous les démocrates, c’est un terrible coup durNous sommes tous révoltés. Nous aurions cru à une fin heureuse de la transition avec la campagne électorale qui devaitdébuter  dimanche mais voilà qu’une décision brutale est venue mettre  un terme au processus. Il serait sage que le RSP fasse machine arrière pour ne pas plonger  le pays dans le chaos. La raison doit prévaloir  étant donné nos difficultés économiques. »

L’élection présidentielle et les législatives devaient se tenir  le 11 octobre pour mettre fin au processus de transition enclenché après le renversement de Blaise Compaoré. Une loi récemment adoptée interdisait aux partisans de l’ancien chef de l’Etat de se présenter, rendant « inéligibles » tous ceux qui avaient soutenu sa tentative de modifier  la Constitution pour supprimer  la limitation des mandats présidentiels.

Source:Lemonde.fr



Jeudi 17 Septembre 2015 - 09:25



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