Au Cameroun, des réfugiés tchadiens ne veulent pas quitter un ancien camp

Les derniers réfugiés tchadiens à occuper le camp de Langui au Cameroun ne veulent plus partir. La plupart d’entre eux avait fui en 2008 le Tchad à cause de la guerre entre des rebelles soudanais et l'armée gouvernementale à Ndjamena. Depuis 2012, et un certain retour au calme dans leur pays d'origine, certains ont été rapatriés. Mais d'autres refusent, pour des questions de sécurité, de quitter le camp de réfugiés et sont aujourd'hui une centaine à réclamer une réinstallation dans un pays plus sûr. Les autorités camerounaises les pressent de partir alors que le HCR a fermé le camp depuis plusieurs mois.



Réfugiés tchadiens arrivant au Cameroun en 2008. AFP PHOTO/KAMBOU SIA
Réfugiés tchadiens arrivant au Cameroun en 2008. AFP PHOTO/KAMBOU SIA
A environ une trentaine de kilomètres de Garoua, au nord du Cameroun, le réfugié Taryandé Bodalta doit quitter prochainement le camp. Les autorités camerounaises lui ont lancé un ultimatum ainsi qu'aux cent autres réfugiés tchadiens qui y résident encore. « Il y a des problèmes dans notre pays d’origine. Nous voulons être installés dans un pays où nous espérons vivre en paix et en sécurité », explique-t-il pour justifier son refus.
Un pays sûr pour ses enfants qui ne sont même pas scolarisés au Cameroun. L'espoir de Taryandé Bodalta est tenace mais irréalisable d'après Catherine Hamon Scharp, chargée de mission au HCR  : « la réinstallation répond très rarement à des préoccupations qui concernent un groupe de réfugiés, c’est une solution individuelle. Il n’a jamais été question de réinstaller ce groupe de réfugiés tchadiens parce qu’ils ne répondaient pas, ni individuellement ni en groupe, aux critères de réinstallation ».
La réintégration locale serait finalement la seule option dans l'immédiat. Déjà choisie par d'autres réfugiés tchadiens, elle permet d'éviter le rapatriement et de quitter le camp. Selon le gouverneur de Garoua, Otto Joseh, la population camerounaise est même prête à accueillir les derniers réfugiés restants. Mais Taryandé Bodalta, refuse cette vie. Il craint de devoir travailler pour un euro par jour sans avoir de logement à lui. Malgré les nombreuses négociations avec le HCR le sort des réfugiés reste dans l'impasse.

Source : Rfi.fr
 

Dépéche

Jeudi 5 Septembre 2013 - 15:15



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